26/04/2012

Hollande fait de la lèche aux journalistes

Il y a un point commun entre Hollande et Sarkozy: la drague des journalistes. D'abord la séduction et l'amour; ensuite les  scènes de ménage; enfin le divorce.

Sarkozy perdant les faveurs de la presse, Hollande se trouvant des allures présidentielles, on dirait que la France retourne aux années Mitterrand, sans joie, mais en faisant acte de nécessité: dégager de l'Hexagone le petit Napoléon. La Restauration française sous le monarque Hollande... avec l'introduction d'une dose de proportionnelle à l'Assemblée Nationale, modification du système économique français délocalisé par la transhumance et le retour au bercail du cheptel industriel...la croissance nouvelle qu'il faut aller pêcher dans l'effort collectif d'un peuple qui pense d'abord vacances, privilèges syndicaux, 35 heures, retraite à cinquante ans pour les cheminaux et fonctionnaires, à 60 ans pour les autres...

Encore faudra-t-il pour Hollande ne pas faire de la finance et des patrons ses ennemis. Encore faudra-t-il savoir donner de l'espoir aux ouvrières et ouvriers, aux salaires trop faibles, fiscalement trop taxés, économiquement toujours à cran, risquant le licenciement et le chômage. Encore faudra-t-il donner confiance aux petits patrons et PME souvent la cible de la gauche et de l'administration. Encore faudra-t-il que les communistes qui usent de rhétorique sur les bancs de l'université se salissent les mains au boulot pour comprendre que le marxisme est mort et que le goût libéral des individus est bien plus propice au développement économique que l'interventionnisme étatique dans les affaires privées des gens et les 35 heures obligatoire par semaine pour espérer rester leader de l'emploi et de l'économie mondiale. Encore faudra-t-il savoir se faire respecter des groupuscules d'extrême-droite ou religieux en ne laissant pas la rue au pouvoir de l'anarchie terrorisante mais en offrant aux banlieues un avenir, une fierté, un respect, du travail. Réussir le retour de la politique bobo c'est si facile après la politique bling-bling de l'Empereur Sarko. C'est un peu comme réussir les mains dans les poches le retour au pouvoir de la bande des Restos du Coeur après la bande rock'n'roll du Fouquet's. Encore faudra-t-il dire et écrire partout que les valeurs humanistes concernent aussi les électeurs et électrices de Marine le Pen, qu'on ne peut exclure les populations laborieuses, artisanales, patronales, et traditionnelles qui se sentent mises en danger par des minorités populaires venus d'ailleurs qui ne respectent pas les codes républicains de la démocratie française.

Parce que préférer la fréquentation des Resto du Coeur au Fouquet's, c'est compréhensible et même humain. Pourtant entre bobos et bling-bling, la compatibilité des porte-monnaies est étrangement en osmose, voir à l'avantage des artistes qui fréquentent le Club de Coluche. Si François Hollande veut faire la poche des riches industriels, qu'il commence par faire la poche des riches artistes. Si François Hollande veut faire du Mitterrand qu'il vienne en Suisse saluer un peuple de travailleurs qui se lèvent tôt et se couchent tard, qui n'ont pas la banque comme succursale quotidienne à leur train de vie. Si François Hollande veut redonner à la France sa grandeur industrielle qu'il ne parle plus de retraite à 60 ans, de 35 heures, de contrats de travail qui rend impossible le licenciement et la flexibilité avant faillite de l'entreprise, de grèves qui n'en finissent pas avant de reprendre aussitôt le mois suivant. Car la croissance prônée ne s'assied pas sur le dilettantisme d'employés qui regardent passer le train au lieu de rester au poste de travail. Si François Hollande est le courageux président des années à venir qu'il montre à quel point il sait aborder le fait religieux sous l'angle de la laïcité et non sous l'angle faux-fuyant d'un communautarisme détestable.

Et si l'empereur Sarko est définitivement licencié et renvoyé à Sainte-Carla que le roi Hollande n'oublie pas la dizaine de millions de Français qui ont voté pour les extrêmes plutôt que pour le centre. Car un homme incarnait ce centre, cette France tranquille et sûre d'elle. Cet homme est seul aujourd'hui. Il va ruminer sa défaite pour avoir prononcé suffisamment de vérités pas bonnes à dire et refusées par un peuple peu enclin à croire qu'il est le premier responsable du gouffre actuel de l'économie française.

Qui veut diriger le monde porte le poids de la responsabilité devant le peuple. Car quand le peuple ne suit plus les mensonges gouvernementaux, il suit ses propres mensonge populistes. Un sacré travail pour le sacre d'un autre Président qui veut resacraliser la fonction présidentielle. Sarkozy, l'empereur des vrais emmerds? Hollande, le monarque des faux changements?

 

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