30/04/2012

Aux frontières du réel avec Nicolas Sarkozy

 

A Toulouse, Nicolas Sarkozy a vaincu le signe indien. Dans la ville rose, la fourmi a grippé la belle machine de la cigale socialiste déjà sûre de sa victoire et qui a grillé tout son fric de campagne avant l'heure. Sarkozy, qui fait des frontières un thème principal, tente de faire exploser toutes les frontières et tabous de la politique françaises le concernant. A la fois dans la transgression extrême et dans le conservatisme le plus pur. Chapeau l'artiste.

Le match de boxe qui s'annonce le 2 mai est un match du siècle tel que Mohamed Ali, alias Cassius Clay, et Joe Frazier se sont disputé en 1970. Ali, c'est le désordre, qui plus est musulman. Frazier, c'est le blanc, catholique, tout ce qu'il y a de plus correct, lui qui a même aidé Ali et défendu Ali a revenir à la compétition. Mais Ali le raille sans cesse. Il appelle Frazier le "nègre blanc", celui qui prend fait et cause pour le pouvoir blanc. Qui est Ali, qui est Frazier, entre Hollande et Sarkozy. A la transgression, Sarkozy est Ali. Au style et à l'intention, Sarkozy est Frazier En fait, on dirait qu'il n'existe qu'un seul boxeur sur le ring. Comme si Hollande jouait dans un autre match, un match sans match. Il courre en tête depuis le premier jour. Il n'a jamais été rattrapé, sauf dans un ou l'autre sondage de premier tour qui le plaçait à égalité avec Sarkozy. Hollande n'a pas combattu. Il a assuré son capital. Il arrive en jogging sur le ring avec toute la France arc-en-ciel derrière lui. C'est un peu le combat du champion de l'altermondialisme contre le champion du forum de Davos. Mondialisation ouverte à tous les vents contre nouvelle mondialisation des frontières. Le premier invite le monde entier chez lui sans distinction de statut dans une utopie de la dérégulation des papiers de séjour. Un sans-papier larmoyant,caricatural, qui profite du bon coeur de Madame Blanche ou Monsieur Blanc très souvent coloré, sans-papier qui n'a pas forcément envie de devenir un citoyen Français. C'est du moins la vision blanche sur cette vague de l'immigration illégale. Le deuxième veut bien du monde entier et multicolore mais en numérotation limitée, priorité aux Français avec passeport français et aux autorisations de séjour en bonne et due forme. Un candidat flou sans nation définie qui accepterait tout le monde contre un candidat strict, à l'Américaine, qui crée le mur invisible tout en renforçant la mixité culturelle et l'équilibre à l'intérieur du pays grâce à la cohésion et la cohérence nationale. Entre l'être français et le mal être ou le pas être Français du tout, Sarkozy revient au pape de l'existentialisme, Jean-paul Sartre, et sa formule l'Etre ou le Néant pour la France. Etre ou ne pas être Français, telle est la question sarkozyenne.

HAMLET. - Etre, ou ne pas être : telle est la question. Y a-t-il pour l’âme plus de noblesse à

endurer les coups et les revers d’une injurieuse fortune, ou à s'armer contre elle pour mettre

frein à une marée de douleurs ? Mourir... dormir, c’est tout ;... Calmer enfin, dit-on, dans le

sommeil les affreux battements du coeur ; quelle conclusion des maux héréditaires serait plus

dévotement souhaitée ? Mourir... dormir, dormir ! Rêver peut-être ! C’est là le hic. Car,

échappés des liens charnels, si, dans ce sommeil du trépas, il nous vient des songes… halte là

! Cette considération prolonge la calamité de la vie. Car, sinon, qui supporterait du sort les

soufflets et les avanies, les torts de l'oppresseur, les outrages de l’orgueilleux, les affres de

l'amour dédaigné, les remises de la justice, l'insolence des gens officiels, et les rebuffades que

les méritants rencontrent auprès des indignes, alors qu’un simple petit coup de pointe

viendrait à bout de tout cela ?

Son programme par amour, Sarkozy le veut absolument et vaincre ou mourir ne lui fait pas peur tant qu'il reste digne de la Présidence d'une France qui doute d'elle-même et souffre en profondeur.

Le boxeur Ali-Frazier est un homme hors du commun, un mutant, devant affronté un candidat rond, bien mis de sa personne, ordinaire, Monsieur Honnête caché sous la parure d'un serpent à sornettes. Comment l'homme-serpent à lunettes va-t-il affronter le boxeur Sarkozy, Petit Prince d'un royaume perdu, et le mordre d'une blessure mortelle? C'est la seule question du débat.

« Quand on veut faire de l'esprit, il arrive que l'on mente un peu. Je n'ai pas été très honnête en vous parlant des allumeurs de réverbères. Je risque de donner une fausse idée de notre planète à ceux qui ne la connaissent pas. Les hommes occupent très peu de place sur la terre. Si les « sept » milliards d'habitants qui peuplent la terre se tenaient debout et un peu serrés, comme pour un meeting, ils logeraient aisément sur une place publique de vingt milles de long sur vingt milles de large. On pourrait entasser l'humanité sur le moindre petit îlot du Pacifique.

Les grandes personnes, bien sûr, ne vous croiront pas. Elles s'imaginent tenir beaucoup de place. Elles se voient importantes comme des baobabs. Vous leur conseillerez donc de faire le calcul. Elles adorent les chiffres: ça leur plaira. Mais ne perdez pas votre temps à ce pensum. C'est inutile. Vous avez confiance en moi.

Le petit prince, une fois sur terre, fut donc bien surpris de ne voir personne. Il avait déjà peur de s'être trompé de planète, quand un anneau couleur de lune remua dans le sable.

- Bonne nuit, fit le petit prince à tout hasard.

- Bonne nuit, fit le serpent.

- Sur quelle planète suis-je tombé ? demanda le petit prince.

- Sur la Terre, en "France", répondit le serpent.

- Ah!... Il n'y a donc personne sur la Terre ?

- Ici c'est le désert. Il n'y a personne dans les déserts. La Terre est grande, dit le serpent.

Le petit prince s'assit sur une pierre et leva les yeux vers le ciel:

- Je me demande, dit-il, si les étoiles sont éclairées afin que chacun puisse un jour retrouver la sienne. Regarde ma planète. Elle est juste au-dessus de nous... Mais comme elle est loin, "ma France" !

- Elle est belle, dit le serpent. Que viens-tu faire ici ?

- J'ai des difficultés avec une fleur, "La Rose" dit le petit prince.

- Ah! fit le serpent.

Et ils se turent.

- Où sont les hommes ? reprit enfin le petit prince. On est un peu seul dans le désert...

- On est seul aussi chez les hommes, dit le serpent.

Le petit prince le regarda longtemps:

- Tu es une drôle de bête, lui dit-il enfin, mince comme un doigt...

- Mais je suis plus puissant que le doigt d'un roi, dit le serpent.

Le petit prince eut un sourire:

- Tu n'es pas bien puissant... tu n'as même pas de pattes... tu ne peux même pas voyager...

- Je puis t'emporter plus loin qu'un navire, dit le serpent.

Il s'enroula autour de la cheville du petit prince, comme un bracelet d'or:

- Celui que je touche, je le rends à la terre dont il est sorti, dit-il encore. Mais tu es pur et tu viens d'une étoile...

Le petit prince ne répondit rien.

- Tu me fais pitié, toi si faible, sur cette Terre de granit. Je puis t'aider un jour si tu regrettes trop ta planète, "la France". Je puis...

- Oh! J'ai très bien compris, fit le petit prince, mais pourquoi parles-tu toujours par énigmes ?

- Je les résous toutes, dit le serpent.

Et ils se turent.


Il y avait, à côté du puits, une ruine de vieux mur de pierre. Lorsque je revins de mon travail, le lendemain soir, j'aperçus de loin mon petit prince assis là-haut, les jambes pendantes. Et je l'entendis qui parlait:

- Tu ne t'en souviens donc pas ? disait-il. Ce n'est pas tout à fait ici !

Une autre voix lui répondit sans doute, puisqu'il répliqua:

- Si! Si! c'est bien le jour, mais ce n'est pas ici l'endroit...

Je poursuivis ma marche vers le mur. Je ne voyais ni n'entendais toujours personne. Pourtant le petit prince répliqua de nouveau:

- ... Bien sûr. Tu verras où commence ma trace dans le sable. Tu n'as qu'a m'y attendre. J'y serai cette nuit.

J'étais à vingt mètres du mur et je ne voyais toujours rien.

Le petit prince dit encore, après un silence:

- Tu as du bon venin ? Tu es sûr de ne pas me faire souffrir longtemps ?

Je fis halte, le cœur serré, mais je ne comprenais toujours pas.

- Maintenant va-t'en, dit-il... je veux redescendre !

Alors j'abaissai moi-même les yeux vers le pied du mur, et je fis un bond ! Il était là, dressé vers le petit prince, un de ces serpents jaunes qui vous exécutent en trente secondes. Tout en fouillant ma poche pour en tirer mon revolver, je pris le pas de course, mais, au bruit que je fis, le serpent se laissa doucement couler dans le sable, comme un jet d'eau qui meurt, et, sans trop se presser, se faufila entre les pierres avec un léger bruit de métal.

Je parvins au mur juste à temps pour y recevoir dans les bras mon petit bonhomme de prince, pâle comme la neige.

- Quelle est cette histoire-là ! Tu parles maintenant avec les serpents !

J'avais défait son éternel cache-nez d'or. Je lui avais mouillé les tempes et l'avais fait boire. Et maintenant je n'osais plus rien lui demander. Il me regarda gravement et m'entoura le cou de ses bras. Je sentais battre son cœur comme celui d'un oiseau qui meurt, quand on l'a tiré à la carabine. Il me dit:

- Je suis content que tu aies trouvé ce qui manquait à ta machine. Tu vas pouvoir rentrer chez toi...

- Comment sais-tu !

Je venais justement lui annoncer que, contre toute espérance, j'avais réussi mon travail !

Il ne répondit rien à ma question, mais il ajouta:

- Moi aussi, aujourd'hui, je rentre chez moi...

Puis, mélancolique:

- C'est bien plus loin... c'est bien plus difficile...

Je sentais bien qu'il se passait quelque chose d'extraordinaire. Je le serrais dans les bras comme un petit enfant, et cependant il me semblait qu'il coulait verticalement dans un abîme sans que je pusse rien pour le retenir...

Il avait le regard sérieux, perdu très loin:

- J'ai ton mouton. Et j'ai la caisse pour le mouton. Et j'ai la muselière...

Et il sourit avec mélancolie.

J'attendis longtemps. Je sentais qu'il se réchauffait peu à peu:

- Petit bonhomme, tu as eu peur...

Il avait eu peur, bien sûr ! Mais il rit doucement:

- J'aurai bien plus peur ce soir...

De nouveau je me sentis glacé par le sentiment de l'irréparable. Et je compris que je ne supportais pas l'idée de ne plus jamais entendre ce rire. C'était pour moi comme une fontaine dans le désert.

- Petit bonhomme, je veux encore t'entendre rire...

Mais il me dit:

- Cette nuit, ça fera un an. Mon étoile se trouvera juste au-dessus de l'endroit où je suis tombé l'année dernière...

- Petit bonhomme, n'est-ce pas que c'est un mauvais rêve cette histoire de serpent et de rendez-vous et d'étoile...

Mais il ne répondit pas à ma question. Il me dit:

- Ce qui est important, ça ne se voit pas...

- Bien sûr...

- C'est comme pour la fleur. Si tu aimes une fleur qui se trouve dans une étoile, c'est doux, la nuit, de regarder le ciel. Toutes les étoiles sont fleuries.

- Bien sûr...

- C'est comme pour l'eau. Celle que tu m'as donnée à boire était comme une musique, à cause de la poulie et de la corde... tu te rappelles... elle était bonne.

- Bien sûr...

- Tu regarderas, la nuit, les étoiles. C'est trop petit chez moi pour que je te montre où se trouve la mienne. C'est mieux comme ça. Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors, toutes les étoiles, tu aimeras les regarder... Elles seront toutes tes amies. Et puis je vais te faire un cadeau...

Il rit encore.

- Ah! petit bonhomme, petit bonhomme j'aime entendre ce rire !

- Justement ce sera mon cadeau... ce sera comme pour l'eau...

- Que veux-tu dire ?

- Les gens ont des étoiles qui ne sont pas les mêmes. Pour les uns, qui voyagent, les étoiles sont des guides. Pour d'autres elles ne sont rien que de petites lumières. Pour d'autres qui sont savants elles sont des problèmes. Pour mon businessman elles étaient de l'or. Mais toutes ces étoiles-là se taisent. Toi, tu auras des étoiles comme personne n'en a...

- Que veux-tu dire ?

- Quand tu regarderas le ciel, la nuit, puisque j'habiterai dans l'une d'elles, puisque je rirai dans l'une d'elles, alors ce sera pour toi comme si riaient toutes les étoiles. Tu auras, toi, des étoiles qui savent rire !

Et il rit encore.

- Et quand tu seras consolé (on se console toujours) tu seras content de m'avoir connu. Tu seras toujours mon ami. Tu auras envie de rire avec moi. Et tu ouvriras parfois ta fenêtre, comme ça, pour le plaisir... Et tes amis seront bien étonnés de te voir rire en regardant le ciel. Alors tu leur diras: "Oui, les étoiles, ça me fait toujours rire !" Et ils te croiront fou. Je t'aurai joué un bien vilain tour...

Et il rit encore.

- Ce sera comme si je t'avais donné, au lieu d'étoiles, des tas de petits grelots qui savent rire...

Et il rit encore. Puis il redevint sérieux:

- Cette nuit... tu sais... ne viens pas.

- Je ne te quitterai pas.

- J'aurai l'air d'avoir mal... j'aurai un peu l'air de mourir. C'est comme ça. Ne viens pas voir ça, ce n'est pas la peine...

- Je ne te quitterai pas.

Mais il était soucieux.

- Je te dis ça... c'est à cause aussi du serpent. Il ne faut pas qu'il te morde... Les serpents, c'est méchant. Ça peut mordre pour le plaisir...

- Je ne te quitterai pas.

Mais quelque chose le rassura:

- C'est vrai qu'ils n'ont plus de venin pour la seconde morsure...

Cette nuit-là je ne le vis pas se mettre en route. Il s'était évadé sans bruit. Quand je réussis à le rejoindre il marchait décidé, d'un pas rapide. Il me dit seulement:

- Ah! tu es là...

Et il me prit par la main. Mais il se tourmenta encore:

- Tu as eu tort. Tu auras de la peine. J'aurai l'air d'être mort et ce ne sera pas vrai...

Moi je me taisais.

- Tu comprends. C'est trop loin. Je ne peux pas emporter ce corps-là. C'est trop lourd.

Moi je me taisais.

- Mais ce sera comme une vieille écorce abandonnée. Ce n'est pas triste les vieilles écorces...

Moi je me taisais.

Il se découragea un peu. Mais il fit encore un effort:

- Ce sera gentil, tu sais. Moi aussi je regarderai les étoiles. Toutes les étoiles seront des puits avec une poulie rouillée. Toutes les étoiles me verseront à boire...

Moi je me taisais.

- Ce sera tellement amusant ! Tu auras cinq cents millions de grelots, j'aurai cinq cents millions de fontaines...

Et il se tut aussi, parce qu'il pleurait...

- C'est là. Laisse-moi faire un pas tout seul.

Et il s'assit parce qu'il avait peur.

Il dit encore:

- Tu sais... ma fleur... j'en suis responsable ! Et elle est tellement faible ! Et elle est tellement naïve. Elle a quatre épines de rien du tout pour la protéger contre le monde...

Moi je m'assis parce que je ne pouvais plus me tenir debout. Il dit:

- Voilà... C'est tout...

Il hésita encore un peu, puis il se releva. Il fit un pas. Moi je ne pouvais pas bouger.

Il n'y eut rien qu'un éclair jaune près de sa cheville. Il demeura un instant immobile. Il ne cria pas. Il tomba doucement comme tombe un arbre. Ça ne fit même pas de bruit, à cause du sable. "


Merci au site Le Petit Prince www3.sympatico.ca/gaston.ringuelet/lepetitprince/chapitre17.html

 

Commentaires

Bonjour pachakmac !

Oh, tiens tiens tiens...
J'ai comme l'impression que vous vous inspirez un peu de hommelibre :)
Vous êtes chou.
Cela change de la politique, en ce moment, rasoir et grave.
Bon, gros bisou et merci à vous du haut de votre plume qui vous lance dans un travail de fond pour approfondir votre style et élargir votre espace avec du nouveau dans vos sujets.
Plaire, c'est séduisant;)
Et vous savez faire, enfin!

Écrit par : Cristal Gagnante | 30/04/2012

Merci pour ces informations très intéressantes et, comme toujours

Écrit par : kamagra | 01/05/2012

Je me demande. Merci.

Écrit par : levitra | 29/05/2012

J'adore ce livre "Le petit prince"! Il est magnifique! Il y a beaucoup de sens surtout dans le récit à propos de rose... c'est génial! Merci beaucoup pour ce post!

Écrit par : kamagra deutschland | 09/07/2012

Formidable sujet! Merci beaucoup pour partage! J'ai envie de relire ce livre :) C'est un vrai livre pour les enfants et pour les adultes en meme temps.

Écrit par : kamagra paris | 12/07/2012

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