29/07/2012

Spartacus, l'exemple et l'esprit olympique

 

Tout le monde attendait les Anglais. Et, malgré l'échec mortifiant des Britanniques – qui n'ont jamais réussi à rejoindre la tête de la course faute à la vieille stratégie dogmatique de Tour de France (ne jamais répondre aux attaques des adversaires et rouler sur un tempo élevé avec ses coéquipiers) plutôt que sur la nécessité absolue de la course d'un jour qui est de prendre le bon wagon au bon moment (celui du Suisse Fabian Cancellara dans le cas présent) – ce sont les Suisses qui ont su faire la course exemplaire de solidarité et d'ingéniosité. Las, notre champion olympique du contre-la-montre, qui avait toutes les cartes en main pour remporter l'or olympique en 2012 dans la course en ligne, est venu heurter une barrière de sécurité à la sortie d'un virage où, probablement, il voulait porter son attaque décisive pour partir en costaud et en solitaire vers le triomphe helvète.

Chute et larmes. L'arme fatale des Suisses est tombé en pleurs dans les bras de son entraîneur après avoir franchi la ligne d'arrivée. Meurtri, blessé, malheureux, Fabian a montré un énorme courage et, surtout, il a su donner l'exemple parfait de l'esprit olympique. Alors que beaucoup d'autres auraient abandonné la course après cette chute dramatique, Spartacus a terminé en solitaire la course à la 106ème place à plus de 6 minutes du vainqueur du jour, loin derrière tout le peloton. Il devait vaincre en solitaire. Il a perdu en solitaire. Mais à l'arrivée, notre champion national a déjà marqué d'une emprunte indélébile les Jeux Olympiques de Londres. Nous n'oublierons pas de sitôt la combativité des Suisses et la bravoure de Spartacus. Une course de vélo telle que nous les aimons. A l'ancienne, sans oreillette, sans équipe pouvant faire sa loi grâce au nombre. Du vélo comme ça, on n'en redemande encore et encore. Vino a gagné en opportuniste... Bravo au guerrier et futur retraité. Espérons que ses larmes de vainqueur soient celles d'un athlète qui a su vaincre les démons du dopage. Laissons encore les enfants olympiques rêvés au sport et à la loyauté.

Un très grand merci à toute notre équipe nationale de cyclisme qui a ouvert de la plus belle des manières ces Jeux 2012. L'or n'a pas été au rendez-vous mais la classe et le panache, plus réelle que jamais chez nos Helvètes en piste, ont illuminé d'or la course presque parfaite des Suisses.

 

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