25/08/2012

Pussy Riot: ni haine ni violence mais...

Peu de gens, en Russie comme ici, semble s'intéresser au discours de ces trois jeunes filles que l'on prend volontiers et superficiellement pour des écervelées, des anarchistes bas de gamme ayant pour but la décadence de la société et le désordre, au mieux, ou, au pire, pour des « terroristes », dont il faut protéger la société russe.

On ne dira jamais assez que les puissants de ce monde sont tellement mieux respectés des foules et des internautes alors m^^eme qu'ils provoquent parfois des situations monstrueuses et des guerres, des vraies, des cruelles, des terrifiantes, pour sauver leur pouvoir. Franchement, en toute honn^^eteté intellectuelle, je préfère soutenir les efforts de démocratie et les effets recherchés par ces dames délurées que le diktat de fer des pouvoirs économiques et politiques qui règne en Russie, et pas seulement là-bas. S'il faut accuser de provocation, de violence et d'incitation à la haine raciale ou communautaire, je n'hésite m^^eme pas entre le diktat des dirigeants et ces filles de Pussy Riot. Car elles ne portent ni ne vendent d'armes, ne demandent pas de soutenir sans aucun complexe un dictateur quelconque à travers le monde en raison de realpolitk et intér^^ets économiques, ne jettent personne en prison pour pratiques cultuelles réactionnaires entra^inant la haine et les conflits entre communautés religieuses. Elles ont exprimé une liberté en des lieux saints interdits aux punkettes de leur espèce? Elles profanent du sacré?

Et tuer au nom de la religion, est-ce sacré?

Pendant ce temps, des enfants, des femmes, et des hommes meurent en Syrie. Tout le monde préfère dire du mal des Pussy Riot. Mais peu, chez nous, osent dire du mal de Vladimir Poutine. Normal. Il a le pouvoir, la force, les armes, l'argent, le business. C'est le pacha de Russie. Et lui, on ne le touche jamais car sinon gare à nos arrières... Exclusion de la société médiatique... La vérité pas bonne à dire n'a pas vraiment bonne presse et très peu d'audience..

« Les autorités russes, relayées parfois involontairement par la presse internationale, ont tout entrepris pour les décrédibiliser (les Pussy Riot, ndlr PKM), les présenter au mieux comme des écervelées irresponsables, au pire comme des "blasphématrices" incitant à la haine religieuse.

Tout cela est faux. Maria Alekhina, Nadejda Tolokonnikova et Ekaterina Samoutsevitch sont des intellectuelles et des militantes politiques déterminées. Elles ont un but : provoquer, avec d'autres, une révolution démocratique non-violente en Russie

Dans leurs discours (nous avons traduit les deux plus importants), elles expliquent avec clarté et conviction pourquoi elles rejettent le système autoritaire et corrompu mis en place par Vladimir Poutine et son clan : la "démocrature russe".

Affaires étrangères, le blog de Vincent Jauvert, le Nouvel Observateur


Ecoutons d'abord ces dames. Car au jeu de dames, on apprend parfois mieux et davantage qu'au jeu d'échecs des grandes puissances de ce monde.


Ce qu'ont dit les Pussy Riot à leur procès... par LeNouvelObservateur

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