16/09/2012

"Le Temps" de Tunis: un appel ferme au Gouvernement

Dans son Editorial de ce dimanche, Raouf Khalsi lance un appel à la fermeté contre le mouvement salafiste qui est en train de s'emparer, par la force et les intimidations en tous genres, des institutions tunisiennes

Dans ce billet, http://www.letemps.com.tn/article-69773.html Monsieur Khalsi s'inquiète de la prise de position du mouvement Ehnnahda par son leader Rached Ghannouchi qui reste mou et ambigüe par rapport aux attaques sur l'ambassade et l'école américaines à Tunis.

Il lance aussi un appel au Gouvernement tunisien pour qu'il clarifie sa position par rapport au mouvement salafiste qui tente d'imposer son point de vue hors des urnes et hors de tout scrutin démocratique.

La Tunisie n'a pas le choix. Devant le chômage endémique du pays, de sa jeunesse désoeuvrée, elle ne peut pas reculer. La Tunisie a besoin de la branche touristique qui est un de ses points forts pour moderniser le pays. Si elle laisse les mouvements extrémistes grandir et s'organiser de mieux en mieux, la Tunisie va régresser et tomber dans la violence entre clans et perdre pratiquement tout au point de vue économique et culturel. Vu d'ici, ce serait si dommageable que ce magnifique pays à la population chaleureuse et variée dans ses positions sombre dans un monde monocolore passéiste et sans avenir pour sa jeunesse. La Tunisie, pas la peine de le rappeler plus souvent, n'a que très peu de pétrole et pas d'énergies solaires et renouvelables pour remplir la caisse d'un Etat totalitaire comme l'Arabie saoudite par exemple. Déjà sous la tentative de dominance wahabite aujourd'hui, la Tunisie risque de se retrouver sous la tutelle étrangère d'un pays du Golfe qui, à l'image de l'ex-URSS et de ses satellites, tente de mettre la main basse sur le Maghreb. Une Tunisie libre et indépendante, jeune et moderne, ne peut trouver son salut dans l'obscurité d'un monde dont elle ne maîtrisera même pas l'aspect économique. La Tunisie a un chemin qui se tourne du côté de sa propre vision et de sa propre détermination. L'Amérique, qui invite ses concitoyens et concitoyennes à quitter ce pays aujourd'hui, est une alarme rouge pour la Tunisie. A elle de faire le ménage où de perdre les bénéfices de la Révolution de Jasmin.

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