29/12/2012

Vive les blogs! Mais ne devenez pas une erreur 404!

Les livres passent au pilon ; les blogs passent à l'erreur 404, en tout cas sur la plate-forme de la TdG. En cette fin d'année, j'ai envie de la terminer par un plat qui se mange glacé, telle une douce vengeance brûlante sur l'oubli des autres, parfois leur ingratitude, de leurs dire que la faim et la soif de bloguer justifient les moyens mis en œuvre pour disparaître un jour ou l'autre de la blogosphère sans souvenir, sans mémoire, sans qualité intellectuelle et littéraire. Notre époque, c'est la pensée instantanée qui devient très tôt la pensée surannée et caduque, pour finir, en bout de course, la pensée digérée et chiée sans preuve d'existence d'avoir été un jour dévorée par des lectrices et des lecteurs avides de connaître la suite de vos aventures blogueuses. Un peu comme une expérience sexuelle sans lendemain avec une fille qui ne nous laisse point de souvenirs impérissables. Et pourtant, le blog c'est une expérience plus que durable, une expérience un peu maso, un peu sado, un peu folle, un peu comme si vous vous jetiez du haut d'une falaise sentimentale en espérant que les autres vous aiment un peu, beaucoup, pas du tout, vous détestent, voir vous haïssent sous l'anonymat de leurs propos, Mais pour juger de cela, ce devrait être aux lectrices et lecteurs de voter pour ou contre la survivance de la blogueuse ou du blogueur sur le tableau de bord informatique d'une plate-forme journalistique... Droit de vie ou de mort. Faut-il le pendre ou préférer le passer par l'échafaud ou vaut-il la peine de garder en vie une œuvre, un nom, une place, un souvenir impérissable dans la mémoire des contemporains de ce siècle...

Alors demain, si votre blog devient un erreur 404, oubliez très vite le temps que vous aurez consacré à votre marotte, ainsi que la passion que vous aurez développé pour tenir à jour sans relâche votre journal d'une vie, vos coups de griffes et d'audace, vos dons, vos sacrifices, votre honneur et votre bonne ou mauvaise humeur à défendre coûte que coûte votre liberté d'expression. Si vous devenez un jour bidon, c'est que vous l'étiez déjà un peu de votre personne...Alors craquez l'allumette vous-même au bidon d'essence de votre être spirituel en supprimant vous-même votre célébrissime blog de votre vie. Vous vous serez suicidé intellectuellement, mais au moins vous resterez fier de ce que vous êtes et ce ne sera pas à travers l'oeuvre et le crime informatique d'un informaticien qui aura reçu l'ordre de supprimer tout blog qui n'aura pas eu d'activité durant l'année en cours. Le couloir de la mort, avant la sentence royale de Sa majesté la Tribune de Genève. Tenez bon en 2013, chères compagnes et compagnons d'aventure, dans les couloirs de la mort de la blogosphère pour que votre tamagochi mange à sa faim dans l'espoir qu'il ne passe pas de vie à trépas en cet An de Grâce 2013. C'est tout le mal que je vous souhaite, chères amies et amis blogueurs qui développez un courage exemplaire et à toute épreuve devant la loi de l'oubli de nos contemporains.

Bonne et heureuse années 2013 à toutes et à tous. Et gardez votre humour. On s'en fout de disparaître. Mais au moins nous serons nés rebelles et conservateurs, anarchistes et démocrates, courtois et provocateurs, et nous aurons été bien des vivant au monde et non des gisants sans parole ni rêve ni espoir du temps de notre courte existence sur cette Terre.

Un mollusque qui fait de la musculation, c'est quoi? C'est un escargot qui se prend pour un tigre.

 

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