01/01/2013

"J'étais un Trésor caché, j'ai voulu être connu, donc j'ai créé le monde"

Dieu voulait être le people des people. C'est ce haddith fameux, porté en tête de ce billet, qui nous l'enseigne. "Dieu est beau et Il aime la beauté". Deuxième haddith célèbre.

C'est Djâmi, poète soufi iranien (1414-1492), qui nous le rappelle ici. Et voici ce qu'écrit le poète à propos de la Beauté:

Ainsi, Djâmi raconte-t-il qu’avant la création des mondes, la beauté et l’amour étaient unis dans l’Infini.

Dans cette retraite solitaire, où l’existence était dépourvue de signes,

Et où l’univers était caché dans le coin du néant,

Il y avait un Etre loin de toute dualité,

Loin de tout dialogue entre « Moi » et « Toi ».

La Beauté, absolue et libre des limites des apparences,

Ne se manifestait qu’à elle-même et par sa propre lumière.

Belle ravissante dans la chambre nuptiale du Mystère,

Sa robe était pure de toute atteinte de l’imperfection.

Ni le miroir n’avait reflété son visage,

Ni la main peigné ses cheveux.

Le zéphyr n’avait détaché aucun fil de ses boucles.

Son œil n’avait jamais vu la poussière du kohl.

Aucun rossignol ne voisinait avec sa rose.

Son duvet n’avait jamais été orné de fleurs.

Son visage était libre de lignes [de maquillage] et de grain de beauté.

Aucun œil, jamais, n’avait eu une image d’elle.

Elle composait de la musique pour se charmer elle-même

Et jouait avec elle seule au jeu de hasard de l’Amour.

L’Amour et la Beauté n’ont ni origine ni fin. Le monde émane de leur bi-unité, mais l’Eternité est, invariablement, avant toute création et après toute fin du monde. Djâmi décrit ensuite l’extériorisation de cette beauté qui, ne pouvant demeurer seule dans son secret et sa solitude, aspire à se dévoiler, à embraser l’horizon de la création, à illuminer tous les miroirs des mondes de sa lumière.

Mais la beauté, par nature, ne supporte pas d’être voilée,

Le beau visage ne peut endurer le voilement,

Et si tu fermes la porte à la belle face, elle se montrera par une autre ouverture.

Regarde la tulipe dans la montagne,

Comment elle se montre joyeuse et verdoyante au printemps,

Fendant la pierre dure

Et révélant alors sa beauté.

S’il te vient une idée dans ton âme,

Une idée brillante de rareté parmi les idées, 

Tu ne peux pas renoncer à elle,

Tu l’exprimes par la parole ou par l’écriture.

Lorsqu’il y a la beauté quelque part, telle est son exigence [de manifestation].

Pour la première fois, ce mouvement apparut dans la Beauté prééternelle,[2]

Qui dressa sa tente dans les régions saintes,

Puis se manifesta aux horizons et aux âmes,

Se révéla dans chaque miroir [des créatures et des mondes].

Partout, alors, on parlait d’elle.

« Seuls ceux que l’amour a tué sont les vrais amoureux et les vrais connaissants de la Beauté. L’amour est dans toutes les rues, dans toutes les pupilles, mais seul l’œil du cœur peut le voir – cet œil qui voit dans une âme revenue à sa beauté première après s’être livrée corps et biens à l’amour ».

Pour en savoir plus et plus sur l'Amour, et l'authentique islam, lire ici:

 

http://guidecultureldeliran.over-blog.com/article-la-beaute-et-l-amour-selon-djami-poete-soufi-du-xve-siecle-69343754.html

 

Dans un pays délirant en prise avec ses démons nucléaires et sa folie de Dieu, un guide culturel de l'Iran atomique, cosmique, et divin...qui date du 15ème siècle...

 

Et toi qui n'était qu'illusion

je te pris dans mon sillon

Et toi qui n'était que mirage

je t'ai lovée mariage

Et toi qui retournais déjà au désert

tu m'offris les clefs de ton univers

Et toi qui n'étais qu'un voile

couvant mon désir d'étoile

 

je te pris entière dans l'Oécan

et du ciel tomba le Volcan


Dieu

comme Adieu

 

Imen

 

 

il y a 3 ans,

au bar de la piscine,

1er janvier 2010 au petit matin,

tes yeux, l'Amour, et ma perdition.

 

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