05/02/2013

Truquée, chiquée, corrompue, droguée, la loi du sport...

Tout le monde il est trop beau et trop gentil. Zlatane en paix dans ton coin, mon frère, la fille est belle et ton mariage parfait. De jolis règlements, du fair-play, du courage, de la volonté, de l'entraînement, de la performance, de la perfection. Même que la prochaine Coupe du Monde de Football, tu iras la jouer au Royaume du Qatar. Car Allah le veut. Tu mérites la fournaise de Doha, la capitale de l'arbre collant et gluant, l'enfer pour obtenir ton paradis, la Coupe du Monde.

Zlatane en paix sous ton palmier, mon frère chameau. Et deviens un Badiste, la nouvelle religion du peuple, des plus jeunes en particulier qui n'ont pas pris l'école et les études pour exemple et qui ont suivi la divine loi du sport et de la gloire médiatique. Le Badisme, c'est la religion libre du Dieu Bad. Tu joues ta petite frappe durant ton enfance et ton adolescence, tu te glisses dans la peau du petit dur qui se la joue dans le racket, la drogue, le chantage, les jeux truqués, les filles à niquer sur le capot ou dans les chiottes d'un bar à Gogo Girls. Tu es soit le gros lot de maman et papa bourré de talents sportifs qui finira grand footballeur, soit, si à ta naissance t'a pas reçu du Dieu Bad, le jackpot céleste qui consiste à être plu doué que la normale dans un domaine ou un autre, tu obtiendras ton lot de consolation et tu deviendras le badiste du coin qui finira entre milieu carcéral et rue dorée. Mais en tous les cas tu resteras badiste, grosse caisse, petites pépées, gros compte en banque secret ou déclaré, car le Dieu Bad ne renie jamais les siens et offre à satiété son very bad trip in Hells & Paradise.

Zlatane en paix, mon frère. J'aimerais voir du beau jeu, du bon jeu sincère, amical, flamboyant, acquis sur des bases saines, authentiques. J'aimerais voir des Goodies du Dieu Good l'emporter sur les terrains en mettant une bonne raclée aux Badies, de les voir niquer Zlatane en scandant : « Et Zlatane, c'est moi qui ait la plus grosse ». Mais tu le sais parfaitement, le Bien est ennuyeux (c'est pourquoi il ne dira jamais la vulgarité ci-dessus mais osera seulement comme Federer, le Goody, s'il avait été footballeur, « c'était un super match, Zlatane a bien joué mais j'étais dans un super feeling au moment de marquer mes buts » et le Mal est vicieux et plein de demeures obscures jouissives. Alors, entre l'ennui et le vice, nous vivons, mon frère. Et si s'encanailler dans les bars aux filles légères n'étaient réservés qu'aux Bad, Dieu aurait depuis longtemps séparé le bon grain de l'ivraie. Finalement, je crois que nous finirons tous en enfer et au paradis. Histoire de rejouer nos vilains matchs truqués et nos autres, sincères, authentiques, magnifiques, mythiques. Car ainsi va la vie et notre destin.

Zlatane en paix, mon frère et ma petite sœur. Et que le Badisme vous soit une religion ouverte, non dogmatique, afin qu'un jour vous puissiez vous convertir sans prise de tête à la religion Goodiste. Car Dieu partage, à parité exacte, son terrain de foot entre le camp du Bien et le camp du Mal. A toi de jouer pour les rouges ou pour les bleus. La religion est un sport. Et c'est pourquoi beaucoup de grands champions se signent au moment de la victoire, dopé ou pas.

 

Les commentaires sont fermés.