17/02/2013

Des enfants de la balle sur la piste

Défendre son territoire, sa proie amoureuse, sa place dans le showbizz ou le sport. Conquérir le monde, gagner des titres et des médailles, devenir star. Etre parano, jaloux, et adulé. Changer souvent d'amour et chercher des aventures qui satisfont l'ego. Aimer exclusivement les blondes et ne jamais sortir avec les femmes noires de son propre pays. Avoir peur des voleurs, des criminels, des hommes qui viennent de l'autre côté du mur. Métisses, Noirs, ou Blancs, tous prêts à voler maisons, voitures et femmes. S'armer par goût du jeu et de l'adrénaline et vouloir défendre jusqu'au bout tout ce qu'on a à défendre, y compris par la violence s'il le faut.

Il est allé au bout du cauchemar. Soit pour tuer le voleur qui s'est présenté sous la forme spectrale de sa propre petite amie. Soit pour tuer sa petite amie lors d'une terrible crise de jalousie. Dans les deux cas, il a éliminé l'Autre. Celui ou celle qui lui contestait le trône de sa toute-puissance et ce jusqu'à l'intérieur de sa salle de bain. C'était un héros du sport, une figure de la race supérieure, de la race des dieux, un possédant finissant possédé par ses propres démons.

L'homme sans jambe qui courrait plus vite que le cheval est tombé du ciel. Dans sa chute vertigineuse, il ressemble à l'Humanité attirée par les abîmes. Vouloir devenir quelqu'un de plus grand, de plus fort, de plus important, de plus unique, de plus lumineux. Et finir comme un simple criminel piégé dans un moment d'obscurité totale.

Le mort tragique d'une jeune femme, qui embrassait sur la bouche des dauphins protecteurs quelques temps avant sa disparition, abattue dans la salle de bain par son petit ami flingueur, est une véritable fable de la réalité humaine. L'amour animal est parfois plus fidèle au sens vrai de l'amour que l'amour artificiel, papier glacé et glamour des humains.

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