26/02/2013

Tunisie: le Harlem Shake secoue les cheikhs

La Révolution continue... Et cette fois, c'est en musique que les traditions sont bousculées en Tunisie et que la jeunesse s'éclate sur des rythmes mondialisés par les réseaux sociaux.

On pourrait y voir une simple activité de liberté d'expression lycéenne comme on en voit tant à travers le monde démocratique. Mais en Tunisie, cela devient une affaire d'Etat, et aussi une affaire religieuse. Alors que le monde arabe se crispe sur les conséquences des lendemains de révolutions, la jeunesse refuse de se faire voler sa liberté d'expression, son envie de dépasser les coutumes et de braver les interdits religieux. Nous ne savons pas ce dont cette jeunesse est capable pour faire de la Tunisie le premier pays arabe véritablement démocratique et laïque. Elle en a l'ambition, la volonté, l'énergie, le désir, le courage. Mais devant les menaces de prison, de meurtres, et de viols, il est dans l'ordre possible de la folie religieuse islamique que demain de jeunes martyrs de la démocratie s'écrivent en lettres de sang sur les murs de Tunis et remplace l'acte culturel d'aujourd'hui par l'obligation cultuelle de plaire aux hommes et aux femmes d'Allah très attachés à la théocratie.

La théocratie, une façon de vivre à l'époque des rois et des princes, de leurs serviteurs, les esclaves et les ignorants soumis à leurs bonnes ou mauvaises volontés. Une façon verticale de croire en Dieu en passant par des maîtres à qui Allah aurait accordé puissance, argent, luxe, et gloire pour des siècles et des siècles sur les pauvres soumis...

Le Premier Mars, 2013 il y aura fête révolutionnaire en Tunisie et foule devant le Ministère de l'Education. Et quand la fête rejoint celle de Neuchâtel qui chassa en 1848 le roi prussien pour devenir un Etat démocratique, on ne peut que se réjouir du calendrier et de son hasard.

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