15/03/2013

Syrie: ce soir, 19heures, tous en poésie avec la Vague blanche

Un goéland – ou était-ce une mouette? – s'est posé sur la cheminée vaticanesque. D'où venait-il? Où allait-il? Nous a-t-il parlé à tous, cet oiseau descendu du Ciel? En tout cas, tous les oiseaux sur Twitter ont parlé de lui. Et puis voilà. Le nouveau pape élu le soir même de l'apparition volatile, s'appellera donc François, en référence au saint qui parlait aux oiseaux. Dieu, que vous y croyiez ou non, nous a lancé un sacré défi. Faire la paix, réussir le lien fraternel, indestructible, d'amour planétaire, entre tous les peuples de la Terre.

Que vous soyez croyants ou non-croyants, ce soir, 19 heures ou un peu plus tard si vos activités vous obligent, lisez à vos enfants, à la lueur d'une bougie, ce texte extraordinaire de Victor Hugo, notre grand poète incroyable. Et puis, priez en silence avec vos mômes pour tous les vivants morts déchiquetés par des guerres absurdes, ignobles, scandaleuses. Aujourd'hui, Dieu nous lance un sacré défi. Celui de faire de la Terre un Royaume d'amour au service de l'Humanité et de la Création.

 

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Stella

 

Je m'étais endormi la nuit près de la grève.
Un vent frais m'éveilla, je sortis de mon rêve,
J'ouvris les yeux, je vis l'étoile du matin.
Elle resplendissait au fond du ciel lointain
Dans une blancheur molle, infinie et charmante.
Aquilon s'enfuyait emportant la tourmente.
L'astre éclatant changeait la nuée en duvet.
C'était une clarté qui pensait, qui vivait ;
Elle apaisait l'écueil où la vague déferle ;
On croyait voir une âme à travers une perle.
Il faisait nuit encor, l'ombre régnait en vain,
Le ciel s'illuminait d'un sourire divin.
La lueur argentait le haut du mât qui penche ;
Le navire était noir, mais la voile était blanche ;
Des goëlands debout sur un escarpement,
Attentifs, contemplaient l'étoile gravement
Comme un oiseau céleste et fait d'une étincelle ;
L'océan, qui ressemble au peuple, allait vers elle,
Et, rugissant tout bas, la regardait briller,
Et semblait avoir peur de la faire envoler.
Un ineffable amour emplissait l'étendue.
L'herbe verte à mes pieds frissonnait éperdue,
Les oiseaux se parlaient dans les nids ; une fleur
Qui s'éveillait me dit : c'est l'étoile ma soeur.
Et pendant qu'à longs plis l'ombre levait son voile,
J'entendis une voix qui venait de l'étoile
Et qui disait : - Je suis l'astre qui vient d'abord.
Je suis celle qu'on croit dans la tombe et qui sort.
J'ai lui sur le Sina, j'ai lui sur le Taygète ;
Je suis le caillou d'or et de feu que Dieu jette,
Comme avec une fronde, au front noir de la nuit.
Je suis ce qui renaît quand un monde est détruit.
Ô nations ! je suis la poésie ardente.
J'ai brillé sur Moïse et j'ai brillé sur Dante.
Le lion océan est amoureux de moi.
J'arrive. Levez-vous, vertu, courage, foi !
Penseurs, esprits, montez sur la tour, sentinelles !
Paupières, ouvrez-vous, allumez-vous, prunelles,
Terre, émeus le sillon, vie, éveille le bruit,
Debout, vous qui dormez ! - car celui qui me suit,
Car celui qui m'envoie en avant la première,
C'est l'ange Liberté, c'est le géant Lumière !

http://www.poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/vi...

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