28/03/2013

Lit-on un journal pour se conforter ou asseoir sa propre opinion ?

Pour que la presse soit de qualité, il faut aussi des lecteurs et des annonceurs de qualité qui acceptent la divergence d'opinion, le regard de l'Autre qui n'est pas toujours conciliant, la contradiction afin de comprendre telle ou telle situation dans la géopolitique du monde, l'économie, la science, un fait de société, la spiritualité des êtres humains.

Hors ce qui manque le plus à la liberté de la presse, c'est de pouvoir s'exprimer sans se faire boycotter des publicitaires mécontents sur le développement d'une affaire traitée, de se faire boycotter par des lecteurs mécontents d'une prise de position politique ou sociétal d'un édito, de se faire menacer de licenciement ou de disparition du titre par des hommes et des femmes puissants qui détiennent les cordons de la bourse au cas où la ligne rédactionnelle du média se distancie un peu trop de l'intransigeance de la pensée unique voulue des propriétaires du titre.

En fait, la démocratie se construit exclusivement dans un monde évolutif qui admet la pluralité des opinions et des libertés tout en posant sur la table les problèmes d'éthiques et de morale que tel ou tel sujet impose. En fait, la démocratie, c'est d'abord des cerveaux souples qui s'adaptent aux nouvelles situations, aux nouvelles révolutions scientifiques, aux créations artistiques dérangeantes, aux nouvelles façons de réfléchir et de méditer sur son athéisme ou sur sa croyance en Dieu. En fait, la démocratie est d'abord l'affaire de tous, ensuite une histoire personnelle.

Une presse de qualité va de pair avec un esprit démocratique développé. Hors de nos jours, l'esprit démocratique développé à tendance à se noyer dans une multitude de dérives intolérantes et totalitaires ainsi que dans l'abêtissement général du à une addiction consumériste qui empêche une réflexion volontaire poussant les êtres humains à construire des relations multipolaires empruntes d'interrogations sur l'univers de l'Autre, cet étranger qui n'est pas soi et qui n'a pas un parcours de vie et de culture similaire au miens.

Avant de vouloir mettre la faute exclusivement sur la presse et les journalistes qui seraient médiocres et assujettis à une pensée unique, chacune et chacun est appelé à s'interroger sur son niveau d'aptitude à l'esprit critique et sa volonté de le développer pour éviter le retour aux dictatures.

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