01/05/2013

A walkman to Syria ( un baladeur en Syrie)

Un homme en marche, un baladeur dans la nature et sa balade pour la paix au milieu des crimes de guerre, des bombes et des balles qui tuent les enfants, les femmes et les hommes, gratuitement, juste pour faire le mal, le plus de mal possible. Un road movie qui fait du bien pour soi, pour tous, pour toutes celles et ceux qui se révoltent contre la violence des violents. Faire comme si tout était normal, que rien ne perturbait la tranquillité de la vie des gens ordinaires et de leur esprit aimant. Oublier la guerre, sauter à pieds joints comme les enfants jouent à la marelle. Sac au dos, aller à la rencontre des gens, de leurs craintes, de leurs espoirs, de leurs désirs, de leur honneur. C'est pour dans quelques dizaines de jours. Et tant pis, si demain des hommes n'auront pas compris la démarche entreprise pour l'amour des gens, de la vie, et qu'ils auront voulu et préféré à la vie sauvée d'un seul homme la mort de l'homme en marche. Rien n'arrêtera l'homme qui bouge dans sa tête avec toutes les musiques de la Terre dans son coeur. Rien, si ce n'est la volonté de tuer celui qui respecte d'abord la vie humaine, toutes les vies humaines, même celle d'un grand dictateur qui a oublié depuis trop longtemps l'enfant qui s'exprimait en lui lorsqu'il était encore cet innocent sans crime de sang sur les mains.

 

« (…) Mais le jeu est si prenant – tandis qu’il se joue -, que l’incertitude de son avancée et l’improbabilité de sa fin ne suffisent pas à décourager l’auteur. Il est même si captivant, le jeu d’écrire, que son attrait ne cesse de s’exercer sur lui jusque dans les moments, qui peuvent être très longs, voire illimités, où il n’écrit pas, n’écrit plus, par faillite, renoncement.

(…) Ecrire à la marelle : aller d’étonnement en question et d’une question à une autre quant à l’humain ; quant à tout ce qui concerne l’humain. Et ce questionnement, seul le langage peut le porter, le mettre en œuvre. Homme, question, langage, c’est tout un – une intense nébuleuse. »

Sylvie Germain
Extrait de Rendez-vous nomades, Albin Michel, janvier 2012.

Texte et photo trouvé sur :

http://www.ecrivainscroyants.fr/2012/01/22/ecrire-a-la-marelle-ecriture-litterature-sylvie-germain/

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