17/05/2013

Gatsby le Magnifique contre l'Afficheur de Damas

 

Troublante coïncidence entre l'oeuvre littéraire de Fitzgerald, le film de Baz Luhrmann en ouverture du Festival de Cannes et l'image lancinante, voir hypnotique de l'affichage publicitaire de l'oculiste dressé dans la zone des damnés de la Terre, théâtre de l'accident fatal et de ses conséquences tragiques finissant par le meurtre de Gatsby, le maître des folles nuits des années dingues new-yorkaises... Comme si la fiction nous projetait nez à nez avec notre réalité d'aujourd'hui, ce drame syrien qui n'en finit plus et qui concerne toute la planète pour sa propre survie future.

Voici des extraits de la grande littérature mondiale, tous tirés ici de Gatsby le Magnifique

« Mais au fond, de ce pays de grisaille vous apercevez après un moment, les yeux du Docteur T.J.Eckelberg. Les yeux du docteur T.J.Eckelberg sont bleus et gigantesques. Ils regardent dans un visage inexistant, derrière une énorme paire de lunettes jaunes qui chevauchent un nez absent. De toute évidence, un oculiste de New-York, ami de la plaisanterie, les a dressées dans ce paysage dans l'espoir d'y recruter de nouveaux clients, avant de s'âbimer lui-même dans la cécité éternelle. »

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L'oculiste de Damas

 

« Je suis le cheik d’Arabie,

Ton amour est ma vie ;

Sous la tente où tu dors,

Je braverai la mort,

Pour revoir ce mirage :

Ton tendre et fier visage"


« C’était un fils de Dieu, phrase qui, si elle signifie quelque chose, signifie cela même, et il lui incombait de s’occuper des affaires de son Père, au service d’une vaste, vulgaire et mercenaire beauté. De sorte qu’il inventa précisément l’espèce de Jay Gatsby qu’un garçon de dix-sept ans pouvait inventer, et à cette conception il demeura fidèle jusqu’au bout. »

"Gatsby croyait en la lumière verte, l’extatique avenir qui d’année en année recule devant nous. Il nous a échappé ? Qu’importe ! Demain nous courrons plus vite, nos bras s’étendront plus loin… Et un beau matin…

C’est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui nous rejette sans cesse vers le passé."

Et nous. Croyons-nous à cette fameuse lumière verte avec Jay Gatsby? La balle qui partira vers la Syrie portera le nom de Jay Gatsby et sa mascotte officielle, un tigre-blanc qui dort sur mon lit depuis plusieurs années, portera pour le voyage le nom de Daisy. Il ne faut jamais croire que les oeuvres des grands écrivains meurent dans l'obscurité. Elles ont plusieurs vies et elles possèdent une vue éternelle sur l'avenir du monde.

Joyeux Festival de Cannes 2013 à toutes et tous les festivaliers.

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