31/05/2013

Maîtres, Esclaves, Coran, Assad

Une délégation syrienne représentant le régime d'Assad se rendra à la Conférence de Genève 2.

Aujourd'hui, nous pouvons mieux comprendre la difficulté de Bachar el Assad à donner le pouvoir au peuple. Il reste soumis à de vieux schémas de pensée arabe issus du Coran. Le maître règne. L'esclave se soumet. Entre eux, un rapport de force inégal. Le maître tient les forces économiques, politiques, militaires, religieuses entre ses mains. Les esclaves suivent les ordres et n'ont aucun droit à la désobéissance. Le seul recours pour les esclaves est la révolte, le crime, et le combat contre le tyran pour tenter de le remplacer par un autre tyran. Le monde arabe concentre en Syrie, et mieux que partout ailleurs, tous les schémas anciens de la spiritualité issue du Coran. Maîtres et esclaves. Allah a décidé du maître et a décidé des esclaves. C'est écrit. Qui refuse cet ordre est un rebelle, un suppôt de Satan et le tyran se doit d'éliminer les "terroristes" qui s'opposent à lui. Si les "terroristes" prennent le pouvoir, ils en feront de même avec toute opposition qui essayera de prendre le pouvoir à son tour.

Nous sommes dans l'islam guerrier pur et dur. Nous sommes loin de la démocratie haïe par toutes celles et tous ceux qui tiennent à ces anciens courants de société islamique. Et évidemment très loin du courant laïc pourtant, et soi-disant, défendu par Assad lui-même.

Voici ce qu'on peut lire ce matin sur le site ABNA.co

"ABNA: "Nous participerons officiellement à la conférence (de Genève) en tant que représentants légitimes de notre peuple," a indiqué M. Assad à la chaîne de télévision libanaise al-Manar, dans une interview diffusée jeudi soir.


Il a cependant minoré le poids de l'opposition en exil. "Lors de la conférence, nous négocierons avec les pays qui soutiennent l'opposition en exil, mais il n'y aura pas de négociations avec celle-ci (l'opposition)," a-t-il affirmé.


"En négociant en apparence avec l'esclave, nous serions en train de négocier en réalité avec le maître," a-t-il dit.


Le président a également affirmé que toutes les décisions prises à la conférence de Genève seraient soumises à un référendum populaire."

Ce passage de l'interview

"En négociant en apparence avec l'esclave, nous serions en train de négocier en réalité avec le maître,"

 

est capital pour comprendre les blocages du régime d'Assad et ceux de l'opposition. Nous ne sommes pas sur le langage "Ni maître, ni esclave, mais citoyen et citoyenne d'un pays libre en train de négocier sur la base de forces politiques légitimes et élues par le peuple", forces forcément inexistantes au sein du régime dictatorial, mais dans le langage "Maître, et rebelles qui désirent prendre la place du maître".

La démocratie ne parle pas comme cela. La démocratie n'a pas pour livre un livre religieux. Elle a pour livre une Constitution issue de la volonté de tout un peuple rassemblé autour d'un président et de chambres parlementaires élues par le peuple qui ne puisent pas toutes les sources d'un Etat dans la lecture et la mise en application politique d'un Livre sacré. Voilà pourquoi la démocratie est haram pour beaucoup de musulmans intégristes.

Alors voilà. Nous devons choisir, soeurs et frères musulmans, entre l'existence de la tyrannie et du terrorisme qui ne finiront jamais, la guerre perpétuelle, sans paix, sans sécurité, sans justice, et avec des actes barbares commis à tous instants de nos existences. Alors la ligne spirituelle du Coran sera suivie à la lettre mais Allah, au XXIème siècle, sera-t-Il redevable de tous nos crimes? Ou alors il nous faudra passer vraiment le cap de la modernité, de la supériorité de la Conscience à travers l'action démocratique et populaire afin que la guerre, le terrorisme, et tous les actes les plus barbares puissent être évités le plus possible.

C'est un choix. Bachar el Assad semble vouloir peu à peu envisager la fin de la dictature en engageant les prémices d'une existence démocratique syrienne. Il n'accorde pas le pouvoir "aux esclaves" sans défendre sa ligne de "tyran". Mais il sait qu'il devra peu à peu céder le pouvoir à condition que les rebelles d'aujourd'hui cherchent la victoire de la démocratie et non la victoire des esclaves sur le tyran actuel. Le tyran va faire sa mue en démocrate à condition que la majorité des rebelles font leur mue en démocrates.

Avec la Syrie, nous sommes au coeur sanglant du printemps arabe. Assad a son fessier comme son âme et son esprit entre deux chaises. D'un côté, il se doit de négocier avec les puissances démocratiques et défendre un semblant de laïcité en Syrie. De l'autre, il conserve de vieux schémas de pensée issue du monde arabe en sachant qu'une partie de ce monde arabe n'est pas prêt d'adopter un système démocratique, dont une partie armée importante de cette opposition à son régime qui reste attachée au schéma "maitre-esclaves" et la guerre « jusqu'au bout » et la mort du tyran pour départager qui sera le nouveau tyran triomphant avec l'aide d'Allah...

Genève 2 va être une réunion capitale pour l'avenir et l'équilibre future de notre monde globale. Elle est au cœur d'un combat acharné et féroce entre forces démocratiques et forces tyranniques, combat déterminant pour l'avenir de l'Humanité.

http://www.abna.ir/data.asp?lang=8&id=424789

 

 

 

 

Assad bluffe, l'opposition ne saisit pas sa chance

Le président syrien n'a de soutien russe que limité dans le temps. Ce qui intéresse Moscou, ce n'est pas Assad. C'est une Syrie qui ne soit pas ennemie et surtout qui maintienne la bonne entente avec elle dans le but de protéger sa base navale de Tartous, obtenue de l'accord avec Hafez el Assad en 1971, lui donnant accès à la Méditerranée.

Pour les Russes, la solution à cette guerre ne peut être que diplomatique. L'opposition doit s'asseoir à la Conférence de Genève 2. Les Russes ne cherchent pas la défaite des opposants. Ils cherchent des garanties. Assad pris en tenaille entre Russes et Américains ne pourra pas agir seul et devra tenir compte de la situation catastrophique pour son pays et du raz-le-bol des nations. Il cherchera une sortie de secours pour lui et la Syrie. Sa proposition de référendum sur d'éventuels accords obtenus à Genève, aussi surréaliste que cela paraisse, n'est que le signe obligé de son ralliement à une ouverture démocratique. Assad se sent indispensable. Il est indispensable à la réussite d'une solution de sortie de crise. Il n'est pas indispensable au futur de la Syrie. Une défaite honorable pour lui est devenue une obligation dans le contexte actuel.

L'opposition qui aspire aux idéaux démocratiques doit regarder les intérêts de la Syrie et surtout de la population qui meurt de façon atroce et manque de tout. Si elle est incapable de gagner la guerre par les armes, et c'est bien le cas, elle doit accepter et se contenter d'une victoire acquise par la diplomatie où Assad aura encore son mot à dire et à faire dans les prochains mois. En cas d'absence à la Conférence de Genève 2, l'opposition aura démontré son incapacité à prendre des responsabilités gouvernementales pour le futur d'une Syrie libre et démocratique.

30/05/2013

Je veux connaître le parfum de tes glaces à Damas

Le palais de mes glaces

court à perdre haleine

vers les saisons de tes folles peines

déposant mes larmes à ton palace,

 

Sur ta langue verlaine,

y inventant cette givrante couleur,

les sublimes vibrations de ton coeur

et ses 18 langues urbaines.

 

En enfer, ils ont frigidifié mon coeur

mais l'onctueuse fraîcheur

de ton lait, ta vanille sucrée

mêlant la gomme arabique d'orchidées

à mon voyage vers ta liberté

ouvrent l'oracle sensuel à nos pleurs

écartant les griffes écarlates de l'horreur.


Et tes craquantes pistaches d'Alep

sauront-elles alors sussurer à mon oreille

que les enfants qui sommeillent

en Syrie auront tous retrouvé la steppe

d'un logis aux arcanes de lumière

tombant en paillettes sur leurs paupières?

 

Rêve de fin au paradis.

Début à tes pieds-perles d'infini.


J'arriverai sur mes doigts,

très tôt bohème,

jusqu'à toi.

 

Our Gelati of Peace

has the flavour of You

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Des-glaces-au-par...

 

 

Pas de critères confessionnels pour reconstruire la Syrie

Sunnites, Alaouites, Kurdes, Chrétiens, et Chrétiens orthodoxes. A près de 80% de la population, les Sunnites dominent largement la scène religieuse syrienne. Il est impossible et illusoire de vouloir construire une Syrie de la paix en accordant une place à une religion confessionnelle officielle de l'Etat (sunnite pour le cas présent) dans la nouvelle constitution politique du pays. Le modèle de gouvernance laïque d'Assad devra rester. Seul, son régime très autoritaire et policier devra être démantelé au profit d'une répartition du pouvoir entre les différentes sensibilités politiques du pays.

Il est possible et probablement souhaitable que les différentes régions syriennes obtiennent une indépendance de type fédérale rattachée à un pouvoir central à Damas.La Syrie ne peut pas devenir un nouvel Irak. Il lui faudra une armée et une police solidaire sachant faire face au terrorisme favorable à un régime islamique et qui restera immanquablement présent durant de nombreuses années sur le terrain dans le but de déstabiliser la nouvelle base institutionnelle démocratique et laïque et d'y créer par épuisement moral de la population un califat terroriste islamique.

La Syrie a besoin de toutes ses forces de bonne volonté pour réussir la paix. Ses citoyennes et citoyens devront faire preuve de courage dans la paix comme ils sont capables d'en faire preuve dans la guerre. L'armée actuelle ne peut pas être démantelée parce qu'elle s'est battue contre le peuple. Elle doit être renforcée par des chefs capables de tenir compte des sensibilités et des traumatismes vécus par les futurs ex-rebelles voulant s'intégrer à cette nouvelle Syrie laïque.

La paix sera longue à se dessiner. Mais il vaut vraiment la peine pour les Syrienne et Syriens de tout mettre en œuvre pour créer les conditions d'équilibre afin de sortir du cauchemar actuel et de pouvoir à nouveau rêver d'une Syrie en paix. Genève 2 en est le point de départ pour la réalisation du rêve syrien et non une simple réunion de plus vouée à l'échec. Car d'échec, cela ne peut. La survie de la Syrie en dépend.

Genève 2 doit avoir lieu. C'est une obligation humaine, morale, que tout croyant conscient de la réalité humaine, qu'il soit sunnite, chiites, alaouite, chrétien, ou d'une autre croyance, doit avoir à l'esprit et à l'âme.

Celles et ceux qui aiment le trompettiste Ibrahim Maalouf écouteront avec délectation le Concerto pour trompette orientale, choeur, et orchestre "Point 33" que vous trouverez en deuxième vidéo ci-dessous.

29/05/2013

Je vous ai parlé d'un tigre blanc...

Je dois vous en dire davantage sur cette petite bête qui dort sur mon lit. D'accord, cette petite bête n'est qu'une bête de peluche que j'ai reçue, de ma petite amie, et pour mon anniversaire, il y a 8 ans déjà.

En fait, cela fait très enfantin et très féminin de dormir en compagnie d'une peluche, de plus à un âge avancé de la vie. Cela pourrait même passer pour un trouble de la personnalité si un psychiatre se mêlait de cette affaire. Et pourquoi pas, me rapprocher d'un dangereux criminel qui a sévi très récemment dans notre pays.

En réalité, c'était juste une peluche qui palliait de façon secourable à l'absence beaucoup trop fréquente de ma petite amie, mon grand amour. Depuis, la petite amie a pris un autre chemin et mon grand amour est devenu une peau de chagrin. Mais le tigre blanc est resté.

Ce qui m'a attaché à elle ? Sa vie réelle de fille de cabaret. Vous ne me croirez jamais. Pourtant, un jour, il y a longtemps de ça, qu'elle dormait, ou me faisait l'amour, assise sur mon ventre, je me suis senti attaquer par elle. Elle ouvrait sa gueule dans un feulement puissant et sa patte en mouvement, toutes griffes ouvertes, approchait dangereusement de mon visage. Je me suis réveiller en sursaut. Elle était là, immobile, ayant retrouvé son état de peluche, son état nunuche. Depuis, elle ne quitte plus mon lit quand je dors, et elle veille sur moi.

Cela peut vous paraître risible, cette histoire entre un homme d'âge mûre et une peluche strip-teaseuse. C'est pourtant elle qui est la vraie gardienne de mon âme dès lors que je m'endors. Car elle est toujours restée fidèle à mon lit depuis le premier jour où elle a investi mon oreiller, même quand je la balance au sol dans un geste négligé.

Je me suis attaché à cette petite bête en peluche plutôt qu'à un mammifère vivant, chat ou chien. Car je ne pourrais bien m'occuper de cet animal de compagnie vue mes absences quotidiennes et longues de mon domicile.

Voilà. Maintenant reste l'énigme de cette vision du tigre peluche devenu vivant ou de la fille réelle transformée en tigresse blanche. Je l'ai peut-être trouvée dans un livre, en Indes. C'est l'histoire d'un homme et d'un tigre blanc. Un homme qui doit user de son agressivité en tuant un être humain pour devenir entrepreneur et être pris au sérieux dans une société qui ne se fie qu'aux tueurs, qu'aux transgresseurs, qu'aux violeurs, qu'aux faiseurs de guerres... Du jour au lendemain, le tueur devient quelqu'un de fort et de respecter. Cela se passe en Inde, dans le livre. Etrange façon de réussir ses humanités en ce monde... Et pourtant, si je vous disais qu'il est plus facile à un tigre blanc de monter le tapis rouge du Festival de Cannes une fois qu'il a osé dévorer mortellement et à maintes reprises de la chair féminine plutôt que de rester sagement sur son lit à refaire l'amour en solitaire, me croirez-vous ?

Elle s'appelle Daisy, la tigresse blanche. C'est une fille qui fait les yeux doux à un milliardaire durant une séance de cinéma. Son nom à lui c'est Jay Gatsby. Il ne désire qu'un seul être qui lui reste inaccessibe: une magnifique tigresse unique et à dompter exclusivement pour l'amour de l'amour. Mais sa conscience à elle n'ira pas au-delà du crime. Elle aime. Puis elle tue, cruellement, et part déjà vers une autre proie à séduire.

Combien coûterait la vie de l'entrepreneur Jay Gatsby aujourd'hui ? Savez-vous la réponse?

http://inde.aujourdhuilemonde.com/le-tigre-blanc-ou-l%E2%...

 


"Le Tigre blanc" d'Aravind Adiga par editionslibella