19/06/2013

Brésil: "Tu te footes de moi!"

Encore un "Dégage!". Et il n'est pas le moins spectaculaire. Le Brésil, coeur du football mondial en a assez de la captation des richesses par une petite minorité. La tenue de la Coupe du Monde 2014 est elle-même menacée par une foule qui demande soin, attention, et santé envers les plus démunis.

Qui n'aime pas le football, sport le plus universel et le plus populaire au monde? Peu de monde et surtout pas les Brésiliens. Hors les Brésiliens et Brésiliennes disent non au gigantisme, à la débauche d'argent public déversé pour les stars du ballon rond et ses suiveurs. La préoccupation des gens dépasse largement l'effet Coupe du Monde et le bonheur d'y voir jouer son équipe préférée. A quoi ça sert de soutenir une équipe quand cette équipe ne sert pas toute la nation? A quoi ça sert de soutenir des joueurs quand ces mêmes joueurs ne regardent jamais plus loin que la vue de leur porte-monnaie, leur villa, leur luxe, leur gloire, leur ego?

Les paroles sucrées de Sepp Blatter ne suffisent plus. Un homme qui vit perpétuellement dans le luxe ne sait pas ce que représente comme frustration sa provocation par la débauche d'argent et de démonstration arrogante. Et quand une bonne partie de cette argent dépensé provient de la caisse publique du peuple lui-même, le peuple qui vit de peu et même parfois de rien répond un jour : « Tu te footes de moi. Dégage ! »

L'insatisfaction du peuple en arrive à être plus forte que le football. C'est très grave, Docteur Sepp Blatter, malgré votre déni et votre erreur de diagnostic. Non, le foot n'est pas plus important que la misère. Le foot vient de la rue. Il est l'essence même du jeu des pauvres. La rue connaît beaucoup mieux le foot et ses valeurs que vous, le monarque tout-puissant de l'instrumentalisation du football mondial au service d'une caste sociale supérieure. S'élever socialement, oui. S'élever pour écraser un peuple, non.

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