31/08/2013

L'Alchimiste a les preuves contre le Chimiste de Damas

Le coeur a parlé. Et la déraison va suivre. L'Amérique d'Obama est convaincue de son bon droit d'intervention contre le maître de Damas.

Mais que va défendre le bon berger américain? Le peuple syrien? Non. Le bon berger va défendre les intérêts américains. Cela a été dit par le bras droit du berger Obama, John Kerry. Au moins, sur ce point-là, il a dit toute la vérité, rien que la vérité. Pour le reste, prétexter d'un traité signé, sans la Syrie, il y a 20 ans sur les armes chimiques et qui aurait été bafoué par Assad, pour intervenir militairement en Syrie, il y a usure de langage. Assad ne peut pas bafouer quelque chose qu'il n'a jamais honoré...

Assad dirige un petit empire. Il ne dirige pas un pays démocratique qui adhère à la charte internationale sur les droits de l'Homme. C'est pour cela qu'il parle de la démocratie comme un moyen de gouvernance du pouvoir en place et non comme un but en soi. Assad méprise la démocratie et son droit humanitaire. Il a été nommé roi président par son père. Il n'est pas un élu du peuple comme le berger américain.

Assad est un Caligula à petits pieds des temps modernes. Comme son ancêtre tyran, il a fait le voyage de Syrie. Et comme son ancêtre, son destin risque de basculer par son assassinat orchestré par des proches. « J'aime le pouvoir car il donne ses chances à l'impossible ». Cette pépite signée de l'empereur Caligula va comme un gant de fer au règne d'Assad. Le règne impossible sur cette révolution actuelle qu'il mâte depuis bientôt trois ans grâce à sa stratégie de la division des nations et de son propre peuple. Assad, nous l'avons toujours écrit, est plus dangereux que Kadhafi. Il représente à la fois le civilisé parfait et le barbare le plus abouti; l'homme affable et la bête impitoyable ; le maître-chanteur conciliant avec les faibles et le briseur de colonnes vertébrales avec les forts. « Le peuple ne doit avoir qu'une seule tête » autre pépite de feu Caligula. Et cette tête, ce sera lui jusqu'au bout.

Que peut faire l'Alchimiste de l'autre côté de l'Atlantique ? L'alchimiste de Washington croit écouter son cœur quand il prétend, avec l'autre alchimiste de Paris, qu'il doit intervenir pour cause de dépassement de sa ligne rouge. Certes, un président démocrate bafoué par un tyran, cela ne fait pas beau dans le paysage du pouvoir. Mais l'alchimiste écoute-t-il encore le cœur de celles et ceux qui l'ont élu et qui dit massivement non à la guerre en Syrie?

Un Président démocrate, pour une cause aussi grave que la guerre, doit écouter le cœur populaire et sa sagesse. C'est la force première de toute démocratie. Ce n'est pas un homme autocrate et cruel qui décide pour tous. C'est tous qui décident en choeur du destin à suivre sur le chemin de la paix ou de la guerre.

Mr Obama, Mr Hollande, laissez au peuple syrien décider du sort de Caligula. Un jour, il va disparaître. Et vous n'aurez même pas eu à lever le petit doigt.

Le crime chimique de Damas ne restera pas impuni.

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