04/09/2013

Syrie: se concentrer sur le devoir d'humanité

Un peuple, un pays, s'enfonce dans un trou noir et notre seule réponse serait de souhaiter qu'un dictateur reste au pouvoir pour éviter toute révolution populaire et surtout toute prise de pouvoir par des djihadistes ?

Il y avait à Paris, en 1789, des royalistes qui ne pouvaient supporter la racaille en train de prendre la Bastille. Ces voyous, ces sans culture, ces anarchistes, ces petites frappes sans fortune, ces terroristes, voulaient s'emparer de Versailles ? L'aristocratie ne pouvait l'accepter et ce qu'on n'appelait pas encore la haute-bourgeoisie travaillait bien avec les nobles et ne souhaitait pas du tout que le pays bascule vers l'inconnu et que des barbares s'emparent du pouvoir.

Les « barbares » ont pris le pouvoir. Et la guillotine n'a jamais si bien fonctionné avec les charrettes de « traîtres » à la Révolution. Le règne de la Terreur s'installait. Cela a duré plusieurs années avant que les esprits se calment et que l'on puisse aller peu à peu vers l'installation d'une vraie démocratie politique et non-violente.

Aujourd'hui, les peuples arabes font leur révolution démocratique. Cette révolution est compliquée. Car la religion y occupe une place importante. L'islam n'a pas appris à ouvrir son Livre sous un œil démocratique. Il ne se discute pas et se lit comme un dictateur dicte sa loi. Avec le printemps arabe et ses révolutions se passe une autre révolution dont personne ne parle. Cette révolution est d'ordre spirituel. Celles et ceux qui craignent exagérément les terroristes et qui peinent à lutter contre leur islamophobie devraient se souvenir du temps où l'Eglise chrétienne se déchirait entre catholiques et protestants dans des guerres atroces où quand des personnes étaient condamnées à mort sous la justice divine expéditive de prélats vicieux et corrompus.

Notre devoir de démocrate est d'aider au développement de la démocratie. Pas d'aider un dictateur massacrant sa population à garder sa place alors que son peuple meurt par lui et s'exile par millions hors du pays. Si cet interventionnisme occidental s'appelle du néo-colonialisme, alors l'Amérique a été coloniale en décidant de partir en guerre contre Hitler pour nous libérer de l'oppresseur qui n'avait aucune pitié avec les populations innocentes d'Europe décimées par une machine de guerre infernale dirigée par un seul homme s'incarnant en lauréat au titre de « Absolute Wrong ».

On ne dira pas que les ennemis de la guerre en Syrie ont tort. Aucune guerre n'est bonne et encore moins si elle ne connaît pas son but final. Et le but final en Syrie, c'est l'instauration d'une démocratie par son peuple. On dira seulement que nous ne devons jamais capituler devant la dictature et que nous nous devons de porter secours et assistance à un peuple en danger de disparition. « Heil Assad ! » Celui ou celle qui peut encore le crier haut et fort après la dernière provocation à l'arme chimique de la Ghoutta est soit complètement aveugle au vrai dessein d'Assad soit compromis avec lui et de mèche avec la puissance du mal et les tyrannies dans le monde.

Une fois, il faut savoir abandonner et s'éloigner de celui qui creuse nos tombes avec joie et cynisme. Personnellement, je ne me laisse pas avaler par le trou noir que représente Assad car je sais de façon intime que des étoiles lumineuses protégeront ces prochaines années Damas contre l'anéantissement d'un culte islamiste extrémiste. Le peuple syrien n'a aucun intérêt à se voir confisquer le pays par l'Arabie Saoudite ou l'Amérique et ne se laissera pas rouler dans la farine par un nouveau dictateur après une guerre aussi horrible.

Ma conviction est qu'il faut écarter rapidement Assad du pouvoir, par tous les moyens. Les dégâts moraux qu'il nous laisse en héritage doivent s'arrêter de proliférer dans les cœurs et les consciences. On ne s'allie pas avec celui qui est devenu, par sa propre faute et sa propre perversion, le représentant du Mal absolu.

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