28/10/2014

Casey Nocket, l'artiste pickpocket

Nocket ou le triomphe de l'art. Comment réussir son entrée sur la scène mondiale quand on est un artiste médiocre et anonyme. En la jouant comme le Docteur Knock et en subtilisant les beautés naturelles de Dame Nature pour en faire son projet de conquête personnelle.

Alors que les artistes et autre spécialistes de l'art se moquent encore d'elle, de son œuvre maladroite et sans grâce, de cette chasse à la femme par des chasseurs qui iront cueillir leur gibier là où les médias en parleront, Casey jouera l'artiste innocente de Lascaux en camouflant aux yeux de tous l'art de son ego triomphant. Elle a déjà fait acte de contrition, elle a déjà avoué à ses malades (ses premiers fans) qu'elle ne commettait pas de vandalisme mais voulait faire triompher son art en pleine nature. Elle a dit à ses malades (son public grandissant) qu'elle s'excusait et qu'elle allait payer la facture pour les dégâts causés au patrimoine national. Elle est gentille, Casey, et tellement innocente comme gazelle au pinceau qui ne se la pète plus.

On l'imagine dans sa grotte, cernée par les chasseurs qui ne comprennent d'abord rien à son art et qui se scandalisent d'une telle déprédation de leurs murs sacrés. On l'imagine ensuite sous le feu du campement, d'abord huée et prête à être trucidée par les chasseurs offensés. Et puis on devine ses premiers admirateurs prêts à la défendre et qui osent lui donner la parole pour sa défense. On entend leurs discours et les chasseurs qui écoutent les grands prêtres de l'art qui ont bien senti le filon d'or, que dis-je, la mine d'or. Alors soudain, retournement de situation spectaculaire. Les chasseurs prennent en photos Casey, écrivent dans leur média, parlent d'elle à la TV. Les galeries s'arrachent l'ex -vandale honnie et ses œuvres délétères mais marquées du sceau de la mondialisation médiatique. Tout est toujours aussi médiocre chez Casey mais tout est devenu tellement bankable dans les galeries d'art. Elle voulait imiter Banksy non sur des murs de villes mais sur des parois vertigineuses, la voilà Nocket, célèbre pour avoir subi cette chasse à la femme pour vandalisme artistique. Le bon goût de l'art n'existe nulle part. Pour exister en art, il faut le fruit du scandale, le goût de l'émotion, négative ou positive, l'excitation de la transgression, et la frivolité, bien sûr.

Nocket ne peint pas vraiment bien. C'est peu dire. Mais elle a déjà triomphé de ses malades et les Docteurs de l'Art sont prêts à tomber eux-mêmes dans le panneau de cette maladie qu'elle provoque et qu'elle répand comme une traînée de poudre sur tous les réseaux sociaux.

Casey Nocket est bien une pute de Banksy, le talent en moins. Elle aura pourtant du succès désormais. Comme un médecin qui soigne sans diplôme ni académie, sans études et sans don naturel. L'art connaît aussi ses très grands faussaires. Casey Nocket a acquis ses lettres de noblesse comme pickpocket culte artistique. Désormais elle joue dans la cour avec les vrais artistes aux vrais talents prodigieux.

A la cour du roi de France, il y avait aussi de tout. L'important, c'est le lieu où l'on vous accueille et où l'on vous reconnaît. Le reste n'est finalement que garniture pour les gogos qui pensent que vous êtes un ou une artiste parce que vous vendez très cher vos croûtes aux fromages. Après tout, j'aime et j'admire bien les grands cuisiniers. Mais j'aime tout aussi bien manger une croûte au fromage dans une bergerie d'alpage (mais je paye alors un petit prix équilibré). Des fois, c'est même plus authentique et bio que la grande cuisine toquée.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Knock_ou_le_Triomphe_de_la_m...

 

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