28/10/2014

Expressions et lieux artistiques, l'éternel débat

Paris saccagé par un flibustier. Yosemite sodomisé par une vandale. Deux expressions d'artistes qui dérangent le sens commun. Deux expressions qui manipulent le goût de nos sociétés autant par leur manque de grâce, de légèreté,et par leur apparente absence de symbolisme aérien, que par l'endroit d'exposition proposé considéré par les foules et la majorité des connaisseurs comme lieu sacré et consacré à la Lumière, à la Femme, et la Culture (Paris) dans le cas du « Tree » obscène de Paul McCarthy, et les Parcs Nationaux américains dans le cas des peintures rupestres (appelons-les ainsi plutôt qu'actes de vandalisme) faussement ou réellement mal maîtrisées techniquement et médiatiquement de Casey Nocket, voir ci-dessous une œuvre de cette artiste que j'aime bien malgré l'acte de profanation, et pour cause :

 

http://news.artnet.com/in-brief/street-art-comes-to-natio...

 

Pourquoi donc portes-tu tant de ressemblance avec Loola,

cette petite pierre qui habite désormais ma maison ?

 

L'art sans dessus dessous descend de la grotte et s'élève vers le ciel...où plus érotiquement dit, l'art naît du sexe et se dirige vers le sacré.

Une femme jeune, non reconnue, et un artiste âgé très connu se retrouvent dans la transgression et une certaine laideur en érigeant leur création en des lieux consacrés à la pure Beauté académique, pour Paris, et la pure Beauté de la nature, pour les Parcs Nationaux américains.

Mais encore une fois. Qui sommes-nous pour dire définitivement ce qui est Beau et ce qui est Laid ? Dieu ?

La question est adressée à celles et ceux pour qui l'art n'est rien d'autre qu'une vaste fantaisie, voire une escroquerie, venant de personnages égocentriques et plutôt pervers et déviants, donc sans intérêt aux yeux de Terriens ayant les pieds bien posés sur les valeurs matérielles de l'existence et les routines sans dérangement. Confort matériel, quand tu nous tiens par la barbichette!

Hors l'Art est l'Essence même de notre Humanité.

Je n'avais point de talent pour faire de la musique, alors j'ai laissé tomber ma créativité musicale pour écouter et me consacrer à celle des autres.

Je n'avais point de talent avec un pinceau, alors j'ai laissé tomber ma créativité pour visiter et admirer celle des autres.

Je n'avais pas assez de talent en sport pour devenir un grand sportif, alors j'ai laissé tomber le sport et j'ai continué de regarder les exploits des autres avec volupté.

Je n'avais que peu de talent en écriture pour devenir un grand écrivain et pas de professionnalisme en photographie pour espérer devenir un grand photographe.

Mais j'avais acquis assez de talent pour mettre en commun toutes mes tentatives et faire de mes échecs quelque chose de neuf et d'insolite.

Alors j'ai conjugué ce que la nouveauté technologique pouvait m'offrir à ce que je savais bien faire pour permettre à un nouveau talent exclusif de s'exprimer. Celui de bidouilleur céleste. Et c'est ainsi qu'un artiste malheureux qui n'arrivait pas faire expression de sa créativité à réussi à donner du talent à son génie caché pour devenir un artiste heureux.

Si mon époque n'était pas venue à mon secours, je n'aurais point trouvé le chemin de mon expression.

Voilà aussi ce qui constitue l'épiderme d'un artiste qui vit avec son temps.

 

 

Pour terminer ce billet un peu d'humour avec une artiste qui le vaut bien avec son art de la parole qui sonne un peu greluche de bonne famille. Mais on t'aime bien Mélanie. Les vrais artistes ont assez de dérision pour se moquer d'eux-mêmes en jouant les faux nez.

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