17/11/2014

Tennis suisse : à bon chat, bon rat

Ils formaient la pair de géant qui allait donner la Coupe Davis à la Suisse. J'use du passé parce que du futur cela semble devenu plus qu'improbable...sauf miracle.

Pourquoi ? D'abord à cause du dos de Ferderer. J'ai bien écrit Ferderer. Ce dos qui s'est réveillé durant la partie contre Wawrinka, partie folle entre deux Suisses qui se sont mis une dégelée formidable à une semaine de jouer ensemble. C'est la loi du sport de compétition. Mais comment peut-on être si hargneux l'un contre l'autre à une semaine de se retrouver les meilleurs potes du monde pour abattre la France? Tout est possible en sport... Mais le sport est aussi une question de sentiment et de psychisme... Tellement cruelle cette exigence de tout donner pour abattre son frère d'arme dans un duel fratricide, d'autant que Stan n'a jamais connu les joies d'une finale de Master alors que Roger a tout raflé sur son chemin d'ogre, y compris l'immense sympathie du monde entier.

Ensuite le match. Tout a été mis en œuvre pour que les frères de toujours deviennent les ennemis d'un seul match: le scénario en trois sets et jeu décisif: l'arbitre qui fait une grossière erreur de jugement qui oblige Federer à courir après le score durant tout le second set; enfin la tension est énorme lorsque se produit l'incident diplomatique du match entre le camp Federer et le clan Wawrinka. Stan se sent importuné dans sa concentration par une spectatrice(?) (Mirka, elle-même?). Il le signale à l'arbitre qui lui répond « pas maintenant, Stan ». Ce « pas maintenant » est intrigant. Cela semble vouloir dire que l'arbitre sait de qui Stan se plaint et qu'il aura l'occasion plus tard de s'expliquer avec qui de droit. Donc, une personne familière, ou du moins avec qui il peut avoir un contact direct.

Enfin, cette incroyable occasion manquée pour les deux Suisses de jouer la finale du Master. Alors même que Roger se réjouissait qu'un des deux Suisses accède forcément à la finale... Comment vivre cela pour eux ? Stan qui peut avoir le reproche lourd envers son frangin de Coupe Davis en pensant que Roger aurait pu laisser « filer » ces dernières balles puisqu'il se savait toucher au dos. Et Federer, peut-être plein de remords, d'avoir fait passer le compétiteur absolu qu'il est au lieu « d'offrir » la finale à Wawrinka du moment qu'il n'était plus à 100% de ses moyens physiques.

A J-4 de la finale de Coupe Davis, il est vraiment très difficile d'imaginer une victoire suisse, sauf si Stan et Roger s'installent l'un en face de l'autre et se reparlent franchement et en toute amitié hors du cirque médiatique. A bon chat, bon rat. Qui commence à s'exprimer le premier?

 

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