09/12/2014

Les tocs de Jean, les tics de Marc, les tacles de Régis

Je n'étais pas présent au débat des célébrités intellectuelles de notre Genève provinciale (quoique Debray était l'exotique parisien du soir)...

Mais j'ai lu l'article de la TdG de ce matin...

Et comme d'habitude, Jean a servi sa soupe cannibale, ses carottes archi cuites par le néolibéralisme, ce monstre qui se nourrit sur le dos du tiers monde, et ses mathématiques basiques au sang froid qui démontrent par A sur B que C, les Cannibales, réduisent B, les Baisés, en bouillie funeste alors que A, les Aristocrates de la caste des nantis, assaisonnent, par leur luxe et leur volupté, notre planète de plaies infectes et criminelles. Bref, du Ziegler tout craché dans la soupe populaire, attendu comme l'enfant Jésus radotant ses sempiternelles mêmes paroles d'évangile du creux de son Moïse calviniste.

Fallait payer pour assister à ça...

Et comme d'habitude, Marc a débité quelques grossièretés intellectuelles envers les intellectuelles féministes qui feraient mieux de retourner à leurs fourneaux pour éduquer la racaille qui envahit nos rues. Nostalgique de Versailles et de sa cour versatile autant que volage, Marc se chagrine de toutes ces scories verbales, de ce vocabulaire approximatif, de ces avortons d'intelligence créés par l'avènement de la démocratie qui se pâment dans des émissions de télé-réalité en finissant par planter la lame dans la poitrine de leur petit copain du moment. Allô. Non mais Allô Marc, t'es un intello et t'as que du sang bleu ! C'est comme si j'te disais que t'était une fille et qu' t' avait pas de marteau pour taper sur les machos qui exigent le droit de cuissage.

Fallait payer pour assister à ça...

Et comme d'habitude, Régis a joué le dernier des révolutionnaires. L'exotique parisien qui a vécu la jungle bolivienne et les prisons de la junte. Toujours prêt à s'émouvoir pour la cause du peuple mais de plus en plus dépité devant le chaos intellectuel d'aujourd'hui. Où donc se niche la transcendance si tout un chacun se croit plus intelligent que son voisin ; si n'existe plus aucune parole sacrée, de serments prononcés à une cause supérieure ; de femmes et d'hommes de foi qui se battent pour des idéaux et non pas ces foules aussi bêtes qu'une dinde graciée se ruant devant les portes de super-marchés dès 5 heures du matin un jour de Black Friday pour rafler la mise promise par les dealers. Pourtant, Vendredi Noir, il y a deux mille ans, c'était ce fameux révolutionnaire crucifié. Mais au fait, qu'est-ce que l'on fête un 9 octobre, Régis ? J'ai du retrouver cette date sur Internet car je ne savais pas. Parce que le marketing publicitaire n'a pas fait son devoir pour nous gaver d'opium du peuple et graver ce jour dans la mémoire collective des peuples et...la mienne. Le 9 octobre, c'est la date anniversaire de la mort du Che... et celle d'une jeune fille qui a provoqué une terrible révolution dans ma vie de famille...et finalement ma destitution familiale... et, au final, ma solitude sans illusion d'aujourd'hui. Mais je m'égare du débat intellectuel... Je n'oublie pourtant pas la leçon de Régis. Les lecteurs deviennent tous des voyeurs. Allô. Non mais Allô quoi. T'es un blogueur et t'a plus d'existence propre ? C'est comme si j'te disais que ton étoile s'était dissoute dans un trou noir...

Fallait pas payer pour assister à ça... Fallait juste venir faire une petite visite par ici.

http://www.tdg.ch/culture/joute-oratoire-jean-ziegler-reg...

 

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