21/12/2014

De l'extrême gauche à l'extrême droite, ils se sont zemmourachés d'Eric

Quelle déferlante ! Quel soutien formidable ! Sur tout l'échiquier politique que compte la France, nous trouvons des soutiens à l'homme qui n'a pas trouvé sa langue dans les banlieues. Eric par ci, Eric par là, on t'aiiime et on veut que tu reviennes nous cirer les méninges avec ta culture immense et tes avertissements prophétiques. On veut du combat de boxe stérile, de l'inutilité de créer du buzz pour au final ne faire qu'agrandir le fossé entre les communautés. Touche pas à Zemmour ! C'est notre pote. Mais touche à l'exaspération des métisses relégués dans les banlieues, touche à leur droit de rester chez nous avec leurs particularités culturelles, leur désir de mixer leur culture d'origine à la nôtre, leur envie de faire des efforts en commun avec ceux qui habitent la France depuis toujours.

Mais habiter la France depuis toujours, ça veut dire quoi quand on a 20 ans ? Que l'on est un jeune Français bobo pur souche ou une beurette née en France et qu'il y a impossibilité de communication entre eux ? Non mais allô quoi ? C'est cela la démocratie ?

C'est quoi ce toujours ? Cela reste pour tous les deux une jeune vie qui est née la même année dans le même pays, qui ont fréquenté tous les deux les mêmes lycées français avec la même structure scolaire d'origine. Alors arrêtons les comparaisons avec les références à l'Histoire et préférons nous attarder sur le pourquoi de leurs si grandes différences et leur décalage au moment de l'âge adulte. Ces deux jeunes vivent bien dans le même monde, ont tous les deux la possibilité de lire les journaux, de regarder la TV, d'aller sur Internet, de créer un compte Facebook, Instagram ou Twitter, s'inscrire sur une plate-forme pour ouvrir un blog ou tout autre site web.

Alors pourquoi tant se zemmouracher et se donner tant de plaisir à lire et écouter les analyses catastrophes de notre provocateur du jour ? Parce qu'on ne veut pas entrer en contact avec « l'autre monde » représenté par ces gens venus d'ailleurs ? Ces musulmans qui font si peur et qui veulent nous obliger à nous convertir au Coran et faire de la charia notre loi universelle ? Ces juifs qui cachent leur fortune dans leurs appartements et font la pluie et le beau temps dans les médias et dans les milieux économiques comme culturels ? Ces dealers noirs d'Afrique qui vendent de la merde à nos gosses ? Ces gens de l'Est qui créent des mafias et des réseaux criminels de prostitution ? Ces Russes qui se comportent comme des voyous et qui sont copains comme cochon avec Poutine ? Etc. La soupe est pleine et elle est infecte tellement elle est populiste.

Alors pourquoi aimer tant Eric Zemmour et ses provocations qui tournent toujours autour de l'exclusion de ceux qui dérangent : les dégénérer qui réclament l'égalité de traitement, le mariage gay et les relations homosexuelles ou transsexuelles ; les adorateurs d'Allah qui veulent tous assassiner les petits Blancs infidèles, les Noirs qui ne travaillent jamais et qui foutent le bordel dans les banlieues. Des généralités aussi énormes que des éléphants roses que l'on voudrait nous faire bouffer pour toute et unique réalité de la France actuelle et qui apparemment plaisent à plein de gens prêts à faire resurgir de leurs cerveaux reptiliens leurs bas instincts racistes, leur envie d'endiguer leur nation face aux envahisseurs apportant les virus mortels de la déchéance française ; leur peur irraisonnée de devoir céder le gâteau de l'économie occidentale à d'autres qui ne leur ressemblent pas assez, voir pas du tout. Ces généralités-là sont assassines de démocratie. Si Zemmour se plaît à dénoncer les risques d'un monde à la Mad Max, pourquoi diable se complaît-il dans la diabolisation des gens qui ne s'adapteraient pas suffisamment au modèle français ? Qui sont les personnes les plus totalitaires ? Celles qui défendent la respiration et la diversité des cultures ? Ou celles qui cherchent par tous les moyens politiques à dicter la vie parmi les Blancs, les Français historiques, les Français qui vivent depuis une éternité sur le territoire de la République.

20 ans ! Franchement. La France éternelle pour un jeune de cet âge, c'est vraiment un millénaire d'Histoire de France !? Quelle prétention ! A 20 ans, j'avais alors quelques ouvertures sur le monde des gens qui vivent ailleurs et j'ai appris à leur contact plus que je n'aurais jamais appris en restant à Paris et en passant mes vacances dans des maisons et hôtels de luxe où viennent s'empiffrer le parisianisme touristique ordinaire.

Je ne vais jamais me zemmouracher d'Eric et j'en suis fier. Ce personnage a sans doute une très grande culture. Mais il ne faut jamais oublier que parmi les gens de grande culture, il y a eu quelques personnages historiques qui adoraient l'opéra et qui ont provoqué des millions de morts par leur idéologie d'une élite au-dessus des autres, en particulier des handicapés, des inadaptés à l'idéologie totalitaire, des tziganes, des juifs, des poètes dégénérés, des intellectuels, qui protégeaient le mélange des cultures et les populations d'où qu'elles viennent contre la folie d'une race pure souche.

Quand Eric saura un minimum s'excuser pour ses mots parfois à la limite de faire beaucoup de dégâts, il y aura peut-être de l'espace pour avoir envie de l'inviter sur un plateau TV. Mais actuellement, le monsieur qui sait tout sur tout et qui renvoie tout le monde à leurs chères études (les féministes entre autres sur un certain plateau Infrarouge) est bien trop imbu de lui-même pour qu'on lui prête tant et tant d'attention. Il faut savoir descendre de son nuage et vivre avec les gens du peuple ordinaire. C'est là que l'on comprend que la haute culture des livres et des arts ne peut pas tout et que le cœur humain devient alors bien plus important pour briser les murs et franchir des frontières que l'on pense fermées à jamais.

Au lieu de lire encore et toujours Eric Zemmour, tous ces gens qui se réclament pour sauver la vie médiatique du chroniqueur mortel, ces grands intellectuels et politiciens de France devraient revoir « Gran Torino » de Clint Eatwood et avec Clint Eastwood dans le rôle principal. Un vieux de la vieille qui a fait l'Indochine, qui a tué du viet dans les années 60, qui refuse de voir et fréquenter ses voisins asiatiques, en finissant par se sacrifier, à travers l'acte suprême de non-violence, pour sauver un jeune bridé du meurtre qu'il devrait commettre pour l'honneur de sa sœur violées et brisée en quatre par un gang de salopards bridés.

Un film éblouissant, d'une intelligence et d'une immense humanité, et qui permet de mieux appréhender les enjeux et les difficultés du métissage et des sociétés multiculturelles au moment de la mondialisation.

 

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/c...

 

 

Les commentaires sont fermés.