24/12/2014

Je te regarde

 

Je te regarde

nue devant ce miroir où tu te fardes

de couleurs criardes

 

Sur ton bleu visage d'avant-garde

mon train rouge pourtant retarde

d'une mauvaise heure blafarde

 

Soudain tes traits me poignardent

d'un coup en plein myocarde

dérobant ma business card

 

Sans dollars je cafarde

parmi cette foule clocharde

où tu t'es j'tée comme une taularde

 

Ta bouche lemon saudade

me happe alors dans ses enfilades

Et je fonce léger au fond de ta rade

 

Nos âmes se rencardent

pour mieux jouer avec la camarde

se prenant cul sec à la hussarde

 

Tu me jettes des regards en saccades

et sous ta lune je te canarde

de mon corps buttant à tes cuissardes

 

Sur tes velours en cavalcade

c'est alors la sublime ballade

dans la Vallée de Sade

 

Nous sommes bien malades

d'amours crus de nos paroles en façade

mais rien n'empêche notre glissade

 

Vers ta glace de Stalingrad

vers mon soleil de Volgograd

idéaux éperdus de nuits qui se dégradent

 

Sur les rives de ta Volga zéro centigrade

mes vodkas givrées de grenade

se travestissent en d'absolues noyades

 

De voluptés en tornades

tournoyant dans nos gonades

brûlent nos splendides rêves nomades

 

Je t'envoie enfin l'ultime cavalcade

Et au sommet de notre escalade

triomphante tu deviens Tsaritsyne, camarade

 

 à la mémoire de Joe Cocker

 

 

 

 

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