01/01/2015

Sept ans avant l'Apocalypse

2015. Nous voilà donc à Sept Ans de la Catastrophe houllebecqienne annoncée. Et comme tout se vérifie toujours avec notre prophète écrivain, il y aura donc un leader musulman, inconnu aujourd'hui mais qui connaîtra une ascension fulgurante en politique, chef religieux d'un parti musulman, qui battra l'autre diablesse élue du second tour présidentiel, Marine le Pen.

La France ne chasse pas ses démons. Elle les convoque pour mieux les encenser. Qui sait si l'écrivain qui vient d'écrire le roman le plus con du monde ne sera pas ce professeur d'université qui se convertit à l'islam, la religion la plus conne du monde ? Tout est possible. Puisque l'Ordre ancien doit régner à nouveau. Peu importe d'ailleurs que cet Ordre renaisse sous les traits de Jeanne d'Arc la Catholique, alias Marine le Pen, ou Mohamed Ben Abbès, alias l'Hadès des Enfers, forcément, puisque Houellebecq manie très bien l'art de la suggestivité avec les noms fictifs de ses personnages de roman. Il faut un sérieux retour de bâton pour contrer cette société agonisante, consommante, et trébuchante sur toute la culture en général et sur l'orthographe et la syntaxe en particulier. Il faut un règne neuf quitte à ce que le musulman soit soutenu par tout ce que compte la politique molle et corrompue du centre droite et du centre gauche, histoire de contrer le seul parti convenable à Houellebecq, à la France d'avant, le FN de Marine Le Pen. Punir ces veaux de Français et de Françaises qui ne pensent qu'à courir remplir leurs caddies et a se servir de catalogues touristiques pour des voyages de rêve en période de fête. Punir ces veaux de Français et de Françaises (de Suisses aussi...j'en suis la preuve vivante) qui vont se ruer sur Houellebecq le 7 janvier, le lire, le décortiquer, l'encenser ou le vouer aux gémonies. Punir cette société veule, frivole, ultra-libérale dans ses mœurs, individualiste, qui prône toutes sortes de monstruosités comme le droit à l'avortement, le mariage gay, l'euthanasie, l'adultère, les relations sexuelles hors mariage, et toutes sortes de choses que la religion catholique ou musulmane ou même juive, réprouve et interdit au risque de prendre la porte de l'Enfer au lieu de celle du Paradis une fois convoqué devant Allah, Javé, ou Dieu le Père.

Houellebecq nous offre qu'un seul choix dans son roman. Et ce choix sera religieux ou ne sera pas. Et comme Houellebecq voudrait que Le Pen l'emporte pour éviter sa propre conversion et... sa circoncision au nouvel Ordre Supérieur des Médias dirigé désormais par des maîtres de la charia (on est opportuniste ou on ne l'est pas chez Houellebecq même s'il faut devenir le plus con des musulmans à la fin), il effraie la France entière, la place devant un choix capital, lui ordonne de faire gaffe à cette diablerie, ce repoussoir que sont ces musulmans qui pourraient bien nous gouverner avec tout leur charabia d'un autre âge qui n'est bien sûr pas le charabia de la France catholique profonde ni celles des juifs d'ailleurs, juifs qui au milieu de tout ça ne trouvent nulle part leur place dans le roman de l'écrivain. Mais de ça, Houellebecq ne semble pas s'y intéresser du tout dans son roman de fiction-réalité. Pourtant l'univers médiatique français comporte pas mal de grandes pointures juives étant capables d'influencer le vote français vers une autre alternative présidentielle que celle d'un leader politique musulman voulant changer les lois laïques pour la charia islamique ou celle d'une Marine le Pen soutenue par son génie paternel antisémite, Jean-Marie. Les fours ne sont jamais très loin et sait-on jamais...

Il nous reste donc sept ans de malheurs après le miroir brisé de Michel Houellebecq et avant ces temps de félicité musulmane. Sept ans de disputes, d'insultes réciproques, de haines pousse-au-crime, d'horreurs communautaristes et d'invectives dans les journaux et sur les plateaux télévisés. Merci pour ce moment, Michel Houllebecq. Ta frousse de devenir musulman et de devoir te circoncire pour garder ta place de numéro 1 de la littérature en France me fait tellement penser à la mienne lorsque je ne savais pas encore que devenir musulman serait d'abord de commencer par perdre douloureusement son étoile filante d'épouse musulmane illuminant le ciel de mes nuits se réfugiant dans les bras de son athée de Portugais bien-aimé. La foudre était tombée comme un coup de massue sur ma vie de bossu. Mais plus hérétique que ça, pour une musulmane, tu meurs littéralement et littérairement. Le Coran c'est le Coran, et une musulmane c'est une musulmane, n'est-ce pas Michel ?

Ta tumeur à toi, Michel, c'est que tu as perdu la foi en l'Amour et que tu es devenu le plus nihiliste et cynique des écrivains francophones qui gravitent dans le cercle très sélecte des élus littéraires de la nation française. On ne gagne pas le Goncourt avec la corruption mais sans petites combines des éditeurs tout-puissants, on n'y accède jamais. C'est certain. Ton dieu doit se trouver quelque part à cet endroit précis là où l'on fabrique de toute pièce les écrivains faits pour devenir les dignes descendants du panthéon médiatico-littéraire officiel. Ton extension du domaine de la lutte a tenu parole et toutes ses promesses. Tu n'as rien lâché, rien abandonné, rien sacrifié si ce n'est cet abandon au Veau d'or. Te voilà adulé de toute part; te voilà l'homme qui fait la France; te voilà donc l'écrivain en chef, le prophète capital du suicide français...

Dans sept ans, si la fiction rattrape la réalité, ce sera de guerres civiles que ton génie littéraire devra se résoudre à parler. Parce que les Français, bien qu'ils soient des veaux, ne se soumettront pas à un ordre fasciste du monde. Il y aura quelque part un nouveau de Gaules, des résistants, des démocrates, des partisans de la liberté pour tous qui feront la guerre au fascisme, qu'il soit celui d'une droite ou d'une gauche extrême ou celui, religieux, d'un Ordre Nouveau... et calqué exactement sur un Ordre vieux de...1400 ans. Quelle nostalgie, cher Michel ! J'espère alors que les femmes voilées que tu épouseras pour les installer dans ton harem de Vichy seront correctement lobotomisées pour te rester entièrement fidèles et se parer toutes les nuits, pour toi exclusivement, des joyaux que tu leur offriras. J'imagine tes tigresses habillées de la plus raffinée des soies, de guêpières serties de diamants roses, de visages bariolés de cosmétiques et de parfums luxueux, et de corps somptueux se baladant partout sur ton corps. C'est mon rêve aussi et mes vœux de Nouvel-An pour rompre ma vieille solitude.

T'en penses quoi, Michel ? On pourrait peut-être partager en bon soixante-huitards contemporains ? Juste une nuit de détestation réciproque où l'on s'escrime entre deux parties de jambes en l'air, juste le temps d'en faire un roman de réalité-fiction, afin de faire semblant que l'on vit encore au temps des princes arabes, des sultans...et des eunuques...et que nous sommes deux pauvres écrivains, deux crétins de zonards à vrai dire, en train d'écrire pour rien sur leur triste dépravation  et leur luxure hautement contagieuse parmi la gent masculine...à la différence que toi, tu es déjà riche comme Crésus et que tu pourras te le permettre, alors que moi, je reste pauvre comme Job, et que j'en rêverai encore.

C'est le petit matin du 1er Janvier 2015. Comme tous les jours, j'ai fini mon job tard hier soir, j'ai dormi un peu, et je reprends la plume pour t'adresser mes bons vœux de Nouvel-An, à toi l'écrivain attendu comme un roi sur tous les plateaux de télévision dès cette semaine alors que le petit Jésus reste relégué dans sa crèche de SDF, Solitaire devant Dieu et devant les Femmes. Mais c'est bien aussi de ta haine de la violence de l'ultra-libéralisme que nous entretiennent tes romans, n'est-ce pas cher Michel?

 

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