16/01/2015

Les frères Kouachi on the devil's road

Le maire de Reims ne veut pas de leurs dépouilles par crainte d'un pèlerinage sur leurs tombes de tous les apprentis djihadistes du monde.

Une réflexion toute bête et pas forcément méchante réservée aux imams de France et d'ailleurs :

« Si les frangins Kouachi avait lu « On The Road » de Jack Kerouak entre deux flûtes de Champagne et une jolie fille au lieu de devenir des fous d'Allah en se noyant dans une lecture alcoolique du Coran, seraient-ils devenus des martyrs de l'islam le plus obscurantiste »

 Signé : le Grand K

« Ceci n'est pas un livre, c'est un état d'esprit » Citation trouvée sur Internet ici :

http://www.babelio.com/livres/Kerouac-Sur-la-route/1497

Jack Kerouac, Sur la route

le rouleau original

(Traduction Josée Kamoun,Gallimard, 2007)

J’ai commencé à y faire du stop. Il m’a fallu cinq voitures bien espacées pour arriver à ce pont tant désiré, sur Bear Mountain, où la Route Six, en provenance de Nouvelle Angleterre, faisait le gros dos. J’en avais pourtant eu des visions, mais je n’aurais jamais cru que ça ressemblait à ça. Pour commencer, il pleuvait des cordes quand on m’a déposé. C’était la montagne. La Six surgissait d’étendues sauvages, elle faisait le tour d’un rond point au

débouché du pont, et retournait se perdre dans la nature. Non seulement il ne passait pas une bagnole, mais il pleuvait à seaux, et rien pour s’abriter. J’ai dû courir me cacher sous un

bouquet de pins ; ça n’a servi à rien. Je me suis mis à pleurer, à jurer et à me frapper le front devant ma propre niaiserie. J’étais à un peu plus de cinquante kilomètres de   New York. Sur le chemin, je m’étais inquiété de voir qu’en ce grand jour inaugural j’allais vers le nord au lieu de me diriger vers cet Ouest tant désiré, tant attendu. Et voilà que je me retrouvais coincé au point le plus septentrional. J’ai couru trois quatre cents mètres pour parvenir à une station service désaffectée, style anglais, coquette, et je me suis mis sous l’auvent qui dégoulinait.

Au dessus de ma tête, tout là

haut, la grande Bear Mountain velue m’envoyait des coups de

tonnerre qui me rappelaient à la crainte de Dieu. Je ne voyais qu’un brouillard d’arbres, et cette nature sinistre, jusqu’au ciel. « Mais qu’est ce que je fous ici ! » je me maudissais, je pleurais d’envie d’être à Chicago. « Dire qu’en ce moment même, ils s’amusent tous, ils font des trucs, et moi j’y suis pas, quand est ce que j’y serai», etc. Enfin, une voiture s’est arrêtée à la station service déserte, un homme et deux femmes, ils voulaient consulter leurcarte. Je me suis approché, en gesticulant sous la pluie ; ils se sont concertés : j’avais l’air d’un dingue, faut dire, avec mes

cheveux mouillés, mes chaussures détrempées pauvre imbécile, j’avais pris mes huaraches mexicaines (plus tard, dans le Wyoming, un gars m’a dit mec, ces pompes, si tu les plantes, sûr qu’il te pousse quèque chose), des passoires

végétales pas faites pour les soirs de pluie, en Amérique, pas faites pour la route en général, avec ses nuits brutales. Mais ils m’ont pris quand même, ils m’ont raccompagné jusqu’à

Newburgh, c’était toujours mieux que d’être coincé dans la nature toute la nuit, à Bear Mountain

. « En plus, m’a dit le type, il passe personne, sur la Six si vous voulez aller à

 Chicago, il vaudrait mieux prendre le tunnel Holland, à New York, et passer par Pittsburgh. » J’ai bien compris qu’il avait raison. C’était mon rêve qui déconnait au départ, cette connerie du gars au coin du feu, qui se raconte comme ce serait chouette de suivre une des grandes routes marquées en rouge pour traverser l’Amérique au lieu d’emprunter divers chemins et itinéraires. Voilà donc ma tragique Route Six on en reparlera, d’ailleurs. À Newburgh, la pluie avait cessé ; je suis descendu jusqu’au fleuve, et pardessus le marché il m’a fallu rentrer à New York en car avec une délégation de maîtresses d’école qui revenaient d’un week-end dans les montagnes, et patati, et patata, de vraies pipelettes, et moi qui râle tout ce que je sais pour avoir perdu mon temps et mon argent ; je me dis : « Je voulais aller dans l’Ouest, et voilà que je passe un jour et une nuit à monter et descendre du nord au sud, comme un moteur qui patine. » Je me suis juré d’être à Chicago le lendemain, et de prendre un bus s’il le fallait, quitte à y dépenser les trois quarts de mon fric, rien à foutre, du moment que j’y serais le lendemain. Le car partait à deux heures du matin de la gare routière sur la 34e seize heures avant j’étais passé devant en partant vers la Six. C’est ainsi que j’ai tout bêtement posé mon cul sur un siège, pas fier de moi, et que je me suis fait véhiculer vers l’Ouest. Au moins, cette fois, j’étais enfin dans la bonne direction. Je ne te décris pas le voyage jusqu’à Chicago : classique, bébés qui pleurent, gens du cru qui montent à tous les patelins de Pennsylvanie, et tout et tout, jusqu’à ce qu’on arrive dans la plaine de l’Ohio, et là, on a roulé pour de bon, Passé Ashtabula, et traversé l’Indiana dans la nuit direction Chicago. Je suis arrivé en ville de très bonne heure, j’ai trouvé une chambre au YMCA, et je suis allé me coucher avec très peu de dollars en poche, conséquence de ma niaiserie.

http://www.babelio.com/livres/Kerouac-Sur-la-route/1497/e...

 

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