22/01/2015

Musulmans éclairés, sœurs et frères des Lumières, à vous de jouer

Nous ne sommes pas sortis de l'auberge musulmane. Je dis cela parce que l'islam me fait de plus en plus penser à une auberge espagnole où l'on trouve de tout, du plus succulent au pire absolu.

Cette auberge, j'aimerais qu'elle survive aux explosions de haine, aux bombes jetées dans le public, aux guerres artificielles que les terroristes, et surtout manipulateurs financiers en chef, nous infligent à tous. Cette auberge, j'aimerais y trouver des sœurs et des frères des Lumières qui s'opposent aux illuminés perdus gravement dans leurs fantasmes de vierges au paradis et de premières places à côté d'Allah.

L'islam n'est pas un combat pour obtenir la première place au paradis. L'islam est un combat pour la vérité, la justice, l'honnêteté, l'amour sur notre bonne vieille Terre. Ce qui vient après le combat, seul Allah en connaît le secret. Ce qui vient durant le combat, seuls toute femme et tout homme en est le détenteur secret vis-à-vis de ses sœurs et de ses frères qui sont ignorants de la foi intime de leur mère, de leur père, de leur épouse, de leur mari, de leurs frères et de leurs sœurs.

Se montrer à la mosquée tous les jours, faire ses cinq prières obligées plus quelques autres, accomplir le pèlerinage à la Mecque, réciter la profession de foi ou faire l'aumône pour satisfaire à Allah sont certes les piliers d'une religion suivie dans les principes les plus apparents par le croyant encadré dans sa croyance.

Mais est-ce le plus important aux yeux d'Allah ? Si je m'isole pour vivre ma foi et que je sors du cadre que ma religion me prescrit, suis-je forcément un mauvais musulman ? Le Prophète n'a jamais fait de mal à un ascète qui priait dans son coin sans suivre les codes religieux. Il avait un profond respect pour ce genre de vie solitaire à l'écart de la communauté. Donc, à priori, aucun des piliers de la foi musulmane ne garantit encore que nous sommes bien là dans un islam de la progression et de la recherche de la perfection humaine. Pour cela, c'est le chemin personnel de vie qui fait foi et non la religion au sens strict du terme. Si nous étions tous retirés du monde comme un moine qui a fait vœu de pauvreté, voir de chasteté, nous serions sans doute en train de voyager sur un chemin qui assurément permet d'aller vers l'illumination prophétique et non vers une forme de folie illuminée qui touche certains dévots religieux commettant des crimes sordides, sanguinaires et spectaculaires.

Nulle contrainte en religion dit le Coran. Si notre liberté humaine est soumise à la volonté de Dieu qui nous demande que nous accomplissions le Bien plutôt que nous pratiquions le Mal, je pense que nous pouvons, plus encore, que nous devons aussi, peut-être surtout, faire confiance aux philosophes, poètes, artistes, intellectuels qui tentent d'éclairer l'islam sous un nouveau jour.

http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/21/l...

 

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