28/03/2015

Pacte faustien vers la célébrité

Andreas Lubitz avait un problème. En proie à des cauchemars et des états dépressifs, il ne pouvait décemment aller au bout de ses ambitions et réaliser son rêve : devenir capitaine de bord chez Lufthansa, la compagnie mère de la compagnie low cost Germanwings.

Un jeune homme qui, dès sa plus tendre enfance, voulait devenir un grand pilote et qui se retrouve bloquer sur une voie sans issue, une impasse indigne de ses ambition. Certes, à 28 ans être seulement copilote n'est pas une tare. Mais à 40 ans... Il se projetait dans l'avenir. Il devinait qu'il ne grimperait plus dans la hiérarchie à cause de son état psychique. Il imaginait sans doute être recalé un de ces jours par sa compagnie aérienne et finir dans un bureau en train de trier de la paperasse. Impossible pour lui d'envisager une voie de garage. Impossible de céder à la médiocrité. Son cerveau lui jouait des tours néfastes, il fallait donc dompter ce cerveau et le déclarer apte à faire parler la poudre par la flamboyance d'un acte unique, par l'expression d'une autre grandeur en employant un raccourci et un subterfuge diabolique.

Andreas Lubitz a donc fait parler sa poudre. Il voulait la célébrité. Il l'obtiendrait en coinçant le système de sécurité aérien et en déjouant la vigilance de sa compagnie aérienne et du personnel de bord. Plus rien ne comptait désormais à ses yeux. Ni sa famille, ni sa petite amie, ni ses collègues de travail, ni tous les passagers du vol 4U9525. Ce qui devenait de la plus haute importance à ses yeux était de réussir sa sortie du bal de la vie. Il fallait hanter la planète entière à travers un geste fou, un geste kamikaze, un geste qui sortait de l'ordre logique et humainement acceptable. Il fallait changer le système puisque lui se sentait pris au piège par les exigences inatteignables du système qui devait faire de lui un commandant de bord, un vrai, un entier, pas un demi-capitaine, un pilote au rabais mal payé, mal considéré, mal aimé de ses petites amies successives qui s'effrayaient de ses angoisses et de ses cauchemars et qui finissaient même par le quitter trop inquiètes d'envisager un futur avec cet homme.

Comme Faust, il était déçu par l'aporie à laquelle le condamnait son art défectueux de voler avec ce cerveau qui lui jouait de mauvais tours. Il ferait donc son pacte avec le Diable pour une seconde vie dans la mort. Une vie médiatique planétaire où tout le monde parlerait de lui, de sa vie, de ses rêves échoués, de sa souffrance intime. Peu lui importait qu'il devienne un monstre puisque son ange gardien l'avait abandonné à une carrière de seconde zone, Autant être un monstre et célèbre que transparent et fantomatique aux yeux du monde. Autant briller d'une lumière du Mal que d'éclairer d'une pâle lueur un monde qui ne le reconnaîtrait donc jamais comme une personnalité aéronautique de premier plan.

Le drame d'Andreas Lubitz s'achève donc dans l'horreur et l'oubli de son humanité. Il devient le suppôt de Satan, l'homme qui se damne pour obtenir le prestige et la gloire médiatique.

Paix à son âme...parce qu'il y aura suffisamment de monde qui hurleront leur haine afin qu'il brûle en enfer. Oui, cet homme est devenu un monstre. Mais enfant, il rêvait de réussite et d'amour. Adulte, il voulait y arriver. Il a fini par échouer de la pire des façons. Mais qui donc n'a jamais perdu les pédales devant la vie qui se dérobe à vos pieds et qui vous précipite dans un trou sans fond, une dépression profonde dont personne ne sera là pour vous en ressortir, vous accueillir, vous réconforter, vous aimer vraiment, et vous dire dans le regard « Bienvenu chez moi. Tu as de la valeur à mes yeux même si tu n'atteins pas la hauteur de tes rêves et que tu souffres de crises d'angoisse » ?

Andreas Lubitz était seul au monde. Il affrontait la solitude du coureur de fond et il a dit "FUCK" au monde entier.

 

Commentaires

Tout ceci n'était peut-être qu'un simulacre à large échelle grande spécificité des pays de l'Otan
Le Soleil étant dans le signe du Bélier relié aux deux autres comme le Lion et le Sagittaire tous trois grands adeptes de la simulation pour mieux dissimuler leurs vraies intentions alors se pourfendre en lamentation à ce qui ressemble de plus en à un mauvais film c'est perdre son temps diront beaucoup de non internautes
Mais bon c'est comme pour tout ce qui est religieux on est libre d'y croire ou pas n'est-il point vrai Pachakmac
Pourquoi on est beaucoup à douter ? tout simplement parce nous nous souvenons d'une phrase lancée par devant caméra de la part d'une otage qui descendue de l'avion la ramenant à bon port lâcha aux journalistes ,nous étions payés par une chaine de TV
Excellente journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 29/03/2015

Les passagers ont payé par la mort le défaut sécuritaire imprévisible des compagnies aériennes. Un pilote qui veut se crasher et entraîner dans la mort les passagers avec lui cela ne court pas les rues. Nous sommes dans l'exceptionnel, le rarissime mais cependant et malheureusement dans l'ordre du possible. L'être humain n'est pas une science exacte. A tout moment, il peut jouer sa vie au poker menteur et vouloir mourir volontairement. C'est l'exercice de son libre-arbitre. Il est donc nécessaire de prévoir l'impossible et l'inimaginable en donnant une sécurité maximale au poste de pilotage des avions. Doublé en permanence l'occupation du cockpit est un plus. Ce n'est pas de l'ordre de la sécurité absolue. Un steward pourrait très bien assommé le pilote restant et conduire un avion au crash. Mais tout de même, un pilote cela sait se défendre et surtout cela sait ouvrir immédiatement la porte en cas d'agression interne à l'équipage pour avoir du secours de son collègue et des autres membres de l'équipage voir de passagers. Bref, il était temps que cette faille trouve sa réponse. C'était cela que Lubitz avait bien remarqué et qu'il pensait pouvoir changer les règles (modifier le système) par son acte fou et la toute-puissance qu'il s'était octroyé. D'ailleurs il y a deux mois, un pilote néerlandais avait écrit une chronique dans un journal qui décrivait assez exactement le scénario vécu... Est-ce que Lubitz en avait pris connaissance et avait pensé qu'il serait ce pilote qui allait faire vivre ce scénario cauchemardesque...

Nous ne sommes hélas pas dans le scénario-catastrophe d'un film de fiction mais bien dans la réalité, lovejoie. Et je ne peux m'empêcher de penser que Lubitz a agi comme un terroriste islamiste en imaginant que la fin du monde (son monde à lui et de ses rêves de commandant de bord) était préférable à la vie... condamnant ainsi des gens à qui il n'accordait plus aucune importance, plus aucune humanité. Juste des choses et des objets qu'il entraînait avec lui dans la tombe...

P.S. A voir la rage médiatique, les tentatives d'acheter des témoignages auprès de jeunes et d'adultes proches des victimes de ce drame, on comprend aussi le peu de respect pour la vie humaine et que la course au sensationnel est plus vital pour certains médias que les sentiments humains... Lubitz vivait peut-être dans un monde ou l'inhumanité d'un geste fou semblait être préférable à des rapports humains devenus si robotiques, si matérialistes, si proche de l'exploitation et de l'esclavage. Se libérer par la folie plutôt que se soumettre à un monde terne et sans grande passion autre que celles des jeux d'argent et de sexe... On n'en sait rien mais à constater sa souffrance et ses prises de médicaments répétés, ses cauchemars de crash, l'homme semblait partir dans un monde d'euphorie irréelle pour palier à l'absence de grands sentiments humains, profonds, sincères. On attend la suite des épisodes de sa vie, les témoignages de ses amours et de sa famille, de ses éventuels amis pour mieux tenter de comprendre et s'approcher de sa vérité intime. Mais on ne saura jamais ce qui a provoqué cette pulsion de mort définitive qui lui a fait perdre toute logique et toute humanité pour lui-même, ainsi que pour les passagers et membres d'équipage, sa famille qui se retrouve à jamais et pour toujours confrontée à ce scénario catastrophe voulu contre son gré.

Écrit par : pachakmac | 29/03/2015

Je sais seulement une chose ,si tous les esprits avaient moins d'ailes et davantage de plomb dans le cerveau sans doute que le monde se porterait beaucoup mieux

Écrit par : lovejoie | 29/03/2015

Je ne sais pas si c'est le plomb ou les ailes qui ont provoqué le crash...sauf que d'après l'expérience que nous en avons c'est encore le plomb qui tue les oiseaux... A méditer chère lovejoie. Il n'est pas interdit de rêver. Il est interdit de tuer autrui pour assouvir un rêve même le plus funeste, celui de mourir en disant merde au monde et à la société. Ce jeune homme n'avait pas le droit de prendre son désir de toute-puissance pour une réalité respectable. On ne meurt jamais du bon côté de la conscience quand on entraîne sciemment des innocents dans sa mort. Encore une fois, préméditer un meurtre de masse revient à être un assassin...même si ce sont peut-être les médicaments qui ont poussé à l'acte...Il pouvait toujours renoncer aux médicaments et trouver d'autres alternatives pour sortir de son cauchemar. Il ne l'a pas voulu ainsi. Il a préféré accomplir son geste infernal et fatal.

Écrit par : pachakmac | 29/03/2015

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