23/06/2015

Terre d'exil et d'asile

L'Histoire humaine est chargée d'aventures migratoires, d'invasions, de voyages imaginaires ou/et réels. Qui ne connaît pas Homère et son « Ulysse » formidable conte de la Grèce antique?

Qui ne connaît pas le voyage en Inde de Christophe Colomb se terminant aux Amériques...et avec la guerre génocidaire qui commencera contre les peuples autochtones pour obtenir richesses et territoires?

Ces migrants étaient soit des aventuriers désireux de connaître de nouveaux mondes et de s'y installer soit des marins à la solde des rois qui tenaient à agrandir leur royaume et leur richesse partout où ils le pourraient pour leur propre gloire et celui de leur empire.

De ces migrants, on retiendra l'aspect redoutable, armé et organisé à coups de financement faramineux. Migrants qui ressemblent à nos migrants modernes des grandes puissances, Chinois, Européens, et Américains en tête, qui cherchent en Afrique un eldorado financier en exploitant les richesses de son sol ou tout simplement en ouvrant des commerces prospères grâce à la croissance exponentielle de certaines villes et régions africaines.

Et puis, il y a les autres migrants qui sont sans doute moins redoutables pour la culture locale mais sans doute beaucoup plus craints parce que pauvres, sans liens communs entre eux, ne venant pas sur des vols en première classe ou des paquebots de luxe, pour conquérir leurs nouveaux horizons.

Ces migrants se sont tous ceux qui risquent d'appauvrir les caisses de nos Etats financés par les impôts des citoyens de souche. Ces migrants ne sont pas forcément au bénéfice de diplôme et d'expérience professionnelle. Ils sont en état de détresse bien souvent. Fuyant guerres et situation personnelle catastrophique, ils tentent leur dernier coup de poker pour enfin connaître une vie plus acceptable en rapport avec leurs rêves d'enfance ou tout simplement en rapport avec la dignité que l'on se doit d'accorder à chaque être humain.

Les sans-terre, les intouchables, les ingérables, les misérables, les irrécupérables, les pestiférés, les damnés. Quelque soit le qualificatif qu'on leur attribue, il sera toujours péjoratif dans la bouche d'une majorité de personnes prenant peur devant « l'invasion » non contrôlée de ces morts-vivants qui ne sauraient retrouver vie sous peine de nous condamner nous, les prospères, à disparaître en leur laissant toute la place.

Hors, il faut le constater. Ceux qui occupent toute la place, le petit 1% de notre Humanité qui s'octroient les 99% des richesses planétaires, sont aussi les faiseurs de guerre quoiqu'on en dise, et donc les responsables en premier chef des dizaines de millions de réfugiés fuyant leur propre pays dévasté par des barbares aux ordres de ces super riches fournissant mieux en canons et en dollars les salauds prêts à participer aux boucheries humaines qu'ils n'offrent leur assistance et ouvrent leur bourse méga-géante aux personnes en danger de disparition. Réfugiés qui débarquent sur nos terres et demandent le droit d'asile et la possibilité de travailler.

Parmi eux, quelques-uns ont sans doute de mauvaises intentions quant à leurs motivations de venir chez nous. Actes de terrorisme en tête ou simplement désir de se faire assister par une société opulente qui offre ses largesses, voir, en plus, utiliser le temps libre total ainsi obtenu pour faire quelques trafics illégaux et s'enrichir sur le dos des gens et la mort des toxicomanes. Des salauds, il y en a partout. Et pas qu'en Afrique.

En attendant, les peuples démocratiques devraient mieux comprendre les mécanismes qui entraînent ce genre de catastrophe migratoire avant de céder à la pensée fasciste qui nous entraînera vers des guerres irréversibles et globales. Ces gens venus d'ailleurs ne sont en rien responsables des politiques de leur gouvernement, des liens qui unissent les puissants de ce monde dans un cynisme extraordinaire. Ces gens ne demandent qu'une seule chose : le droit à la vie, le droit d'exister en paix et en accord avec eux-mêmes et leurs voisins de palier, le droit d'exercer un métier et de participer à la vie active de nos sociétés, le droit d'aimer la vie et les gens à la place de se recroqueviller dans la haine de soi et des autres pour cause de non entrée en matière sur leur dossier et leur cause, leur échappatoire à la vie d'enfer qu'ils ont souvent connu sur leur propre terre d'origine.

Ne nous laissons jamais abuser par les démagogues et les partisans du racisme et du fascisme. Restons lucides et vigilants face à la diabolisation des migrants. Ils sont pauvres, à la merci de la mer, prêts de la mort, donc prêts à se battre positivement pour la vie. Ils sont nos alliés, nos possibles amis, nos sources d'énergie renouvelable. Ils ne sont ni rien ni personne. Sauf à imaginer que Ulysse lui-même revenu au pays seul au monde, vieux d'expériences humaines extraordinaires, ne soit reconnu que d'un vieil aveugle et de son chien et renier de tout le peuple qui l'avait prit pour son roi.

Ulysse le Flamboyant est parmi les Migrants.

 

 

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