22/08/2015

Réflexion autour de la politique européenne des migrations

Quel chemin emprunté quand une marée d'êtres humains se rue à nos frontières en demande d'accueil et d'avenir?

L'Europe suit-elle une bonne politique en la matière? Fait-elle tout ce qui est en son pouvoir pour donner des perspectives à ces personnes qui fuient leur pays d'origine pour diverses raisons? Donne-t-elle des garanties de démocratie à des gens qui fuient bien souvent des situations de guerre et de tyrannie? Rassure-t-elle en gestes et en actes les populations locales chargées d'intégrer et d'accepter en permanence et chez elles de nombreuses personnes qu'elles n'attendaient pas sur son territoire d'existence?

A priori, l'Europe répond actuellement assez mal à toutes ces questions. Primo, elle n'a aucune politique migratoire commune qui permet la répartition de ces populations migrantes de façon équitable sur tout le territoire européen. Secundo, elle met en place des camps de rétention pour les migrants, leur impose l'obligation de déposer leurs empreintes digitales dans le premier pays d'accueil, ce qui est à la fois totalement injustifié pour le pays d'accueil chargé seul de la gestion de ces foules d'êtres humains alors même que la situation économique du pays en question n'est pas forcément des meilleures (Grèce, Italie) et que les personnes n'ont pas forcément envie d'y vivre définitivement en attendant une très hypothétique réponse positive à leur demande d'asile. Un pays en détresse économique comme la Grèce ne peut à elle seule faire face à une surcharge de population. C'est un peu comme dire à une famille qui n'arrive que difficilement à vivre avec deux ou trois enfants, d'en prendre encore un ou deux à sa charge sans l'aide de personne...

Il est donc évident que de la liberté migratoire dépend aussi le salut de l'Europe dans son ensemble. Imaginons un seul instant que la Suisse bloque définitivement tous les migrants remontant d'Italie dans le canton du Tessin et que les autres cantons s'en lavent les mains, croyons-nous sérieusement que le Tessin pourra y faire face et que la population civile de ce canton ne va pas se révolter, poussée par les mouvements populistes et fascistes, et s'en prendre aux plus faibles, donc aux migrants eux-mêmes en semant la haine, le racisme, l'apartheid, et pire encore...une sorte de solution finale avec soit l'expulsion ou l'extermination de tous les migrants... Le blocage imposé des migrants dans le pays d'accueil est une politique criminelle de la part de l'Europe. Non seulement envers tous les migrants mais aussi envers les populations locales qui d'instinct sentent que leur situation propre d'existence est mise en danger par un afflux incontrôlable de personnes qui n'ont provisoirement aucune situation de subvenir à leurs besoins nécessaires (travail, logement, éducation, cours de langue et d'intégration).

L'Europe doit et peut changer sa politique migratoire. Le mouvement "No Border" se bat exactement pour cela. Vouloir marginaliser les anarchistes qui développent, de concert avec les migrants qu'ils protègent, des idées politiques nouvelles en matière de migration est totalement improductif. Il y aura encore des manifestations aux frontières de la part de ce mouvement aussi longtemps que l'Europe ne change pas sa politique dangereuse et criminelle envers des foules en détresse et envers ses propres populations locales chargées de s'occuper des flux migratoires gonflés artificiellement sur quelques lieux d'accueil à cause des blocus créés par une politique européenne complètement perverse qui met en danger la coexistence pacifique des migrants et des résidents.

Pour une politique différente, cohérente, et globale des migrations, le mouvement "No Border" se bat quotidiennement avec les moyens du bord qu'il a a sa disposition et un grand coeur d'humanité qu'il engage dans ses réflexion et ses actions.

Ce soir à Menton-Vintimille aura lieu une Xième manifestation du mouvement soudé par les liens profonds  unissant migrants et activistes européens. Les maires et autres autorités des villes concernées doivent comprendre que ces manifestations ne sont pas là pour perturber l'ordre publique dans un but de déstabilisation de la société, Elles sont là pour faire changer la politique européenne en matière de migration.

Jean-Marie Gumy, soutien du mouvement "No Border" de Vintimille-Menton.

 

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