30/08/2015

Pascale, chassé de la frontière

J'ai connu Pascale à No Border Camp. C'était l'homme de la technique, l'homme à tout faire dès qu'un problème pratique se présentait dans le Camp.

Il a construit la douche et les W.C., ouvert des robinets d'eau courante, construit une petite installation solaire pour l'électricité du camp, installé le coin cuisine qui nourrit tout le monde.

Pascale ne parlait pas beaucoup. Il agissait au bon moment, au bon endroit et quand on avait besoin de ses services.

Et puis voilà. Pour une raison inconnue, la police de Vintimille l'a arrêté et interdit de frontière pour trois ans. Il ne pourra donc plus apporter son aide précieuse au No Border Camp. Il ne pourra plus insuffler le goût du combat avec les autres. Il est exclu, et cela fait du mal à tout le monde là-bas, aux migrants en premier.

La politique veut casser ce qu'elle considère sans doute comme une injure à ciel ouvert devant son incapacité à gérer les flux migratoires avec des politiques plus humaines et démocratiques. La politique ne veut plus de ces activistes qui maintiennent vivant l'utopie d'un autre monde possible. La politique attaque au mauvais endroit, au mauvais moment, et s'en prend aux mauvaises personnes. Nous ne sommes ni des mafieux ni des terroristes, ni des réfractaires à la démocratie! Nous sommes des humanitaires anarchistes!

Tous solidaires avec Pascale et les migrants. We are not going back!

 

 

2015-08-30 06.31.59.png

Chaîne solidaire avec Pascale et les passagers du No Borders Camp

 

Les commentaires sont fermés.