30/09/2015

No Borders Camp: les rochers et la mer, tout ce qui nous reste

Le camp de réfugiés qui existe depuis le début juin à Vintimille a été évacué tôt ce matin par deux cents grenadiers et chars de la police italienne avec l'aide de quelques bulldozers qui ont tout nettoyé, emportant effets personnels, nourritures, et autres installations dans le camp!

L'excuse de la mairie pour intervenir de manière aussi brutale est minable et  risible: vol d'eau et d'électricité!

Une seule question au maire de Vintimille: Combien d'argent économisé par l'Etat italien et les ONG officiels telle la Croix-Rouge grâce aux militants, aux dons de citoyens et citoyennes durant ces trois derniers mois pour nourrir et loger les réfugiés qui passaient par le camp?

Mais là n'est pas l'essentiel. Ce qui importe c'est de dire que les migrants n'ont plus de lieu refuge à la frontière si ce n'est celui des lieux officiels qui les reverront dans leur pays sans aucune analyse de leur dossier: IL FAUT LE DIRE: LES SOUDANAIS, ENTRE AUTRES, NE SONT LES BIENVENUS NULLE PART EN EUROPE MALGRÉ UNE SITUATION AU SUD-SOUDAN EN ETAT DE GUERRE.

Ce tri entre bons et mauvais migrants est intolérable, d'autant que certains vivent exactement les mêmes situations catastrophiques que les Syriens. Ne pas entrer en matière avec les Soudanais c'est une discrimination honteuse de la part de toute l'Europe et de la Suisse en particulier qui pourrait pour une fois se distinguer et se mobiliser particulièrement pour les Soudanais puisque... les Syriens ne sont pas attirés par notre pays.

Pour toutes celles et tous ceux qui sont sensibles à cette cause, rendez-vous sur les alarmes Facebook du PRESIDIO NO BORDERS DE VINTIMILLE.

Une cinquantaine de réfugiés et d'activistes se sont réfugiés sur les rochers et sont prêts à se jeter à la mer en cas d'agression des forces de l'ordre qui, de fait, les empêchent de s'hydrater et de manger en espérant qu'ils vont céder et se laisser prendre. D'autres ont déjà été arrêtés et emmenés au camp Croix-Rouge de Vintimille où, à plus ou moins court terme, ils se verront renvoyer dans leur pays d'origine.

Vol d'eau et d'électricité contre impossibilité de boire et vol de nourriture, destruction d'objets personnels et de tentes, certes sur occupation illégale d'un terrain. Mais c'est quoi la légalité aujourd'hui. Vivre en liberté et en démocratie ou mourir sous la répression d'une Europe qui refuse totalement à certains migrants de venir chez nous?

WE ARE NOT GOING BACK! Le combat continue. Nous ne lâcherons pas la cause de nos frères et soeurs Soudanais, entre autres nationalités, qui ont passé par le camp No Borders de Vintimille.

 

 

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29/09/2015

Feu rouge à la dictature

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FEU ROUGE A LA DICTATURE

(L'éclipse de lune rouge du lundi 28 septembre 2015 se trouve quelque part dans l'oeuvre)

28/09/2015

Syrie: Machiavel a gagné, la démocratie est dans les choux

S'il fallait compter toutes les personnes heureuses de voir Assad l'emporter sur nos gouvernements occidentaux et qui vivent pourtant chez nous, il faudrait sans doute un compteur qui accepte les chiffres à plusieurs millions.

Hélas, mille fois hélas, ces gens donnent leur vote à la personne la plus machiavélique de notre temps, le personnage sans doute le plus odieux dans le crime qui se couvre d'une parure démocrate en étant le pire des tyrans, allant jusqu'à libérer des extrémistes islamistes de ses propres prisons haute-sécurité en les laissant rejoindre Daech dans le combat contre ce qu'il reste des soldats "démocrates" pas encore découragés pour la défense de leur cause, liberté pour tous, qui est de toute façon perdue pour eux tous.

Remettre Assad dans le jeu c'est comme si on avait dit à Hitler qu'il pouvait s'asseoir à la même table que les Alliés en 1945 pour reconstruire l'Europe après sa totale destruction. Mais d'Alliés, il n'y a plus. Moscou, au pire temps du communisme et de ses goulags, avait pourtant fait alliance avec l'Occident pour abattre Hitler et son régime. Assad a déjà fait mille fois pire que son propre père et, s'il n'a pas construit de camps de concentration, il y a assez de morts et de réfugiés pour le comparer à Adolf Hitler, la vocifération en moins, l'élégance diabolique en plus. Mais il reste au pouvoir et va pouvoir réintégrer le jeu maléfique des alliances pire que contre-nature. Faire disparaître l'Etat islamique en gardant Assad, c'est le plus sûr moyen de renforcer le terrorisme sunnite par l'intermédiaire des monarchies du Golfe qui ne se laisseront pas intimider vu qu'elle reste les intimes amies de l'Amérique, de l'Europe, de la France en particulier.

L'Occident n'est pas entrée en guerre en Syrie contre Assad parce que Moscou et la Chine y mettaient leur veto. Et c'est Moscou qui est avec ses soldats à Damas. Le nouveau règne des autocrates ne fait que commencer. Les guerres vont aller en s'amplifiant. La démocratie, qui a d'autres combats tellement plus importants que de partir en guerre contre des dictatures en train de se renforcer partout, des combats de type écologiques avec la création d'énergies propres et renouvelables, des combats humains avec l'accueil des réfugiés provenant des dictatures tous azimuts, des combats pour la liberté et les droits humains, va se voir imposer un armement encore plus lourd, une sécurité encore plus lourde, des libertés supprimées. C'est sans doute bien le but de ceux qui nous gouvernent et qui ne prennent plus le parti de la vraie démocratie depuis belle lurette.

Félicitations à celles et ceux qui soutiennent les dictateurs. Vous allez remporter la guerre mais sachez que la guerre que vous gagnerez vous condamnera aux fers de la dictature car la démocratie ce n'est pas juste une illusion d'optique pour petits pays protégés par une loi divine. La démocratie, cela se travaille sans cesse avec les armes de la liberté et du bien commun à tous et se gagne au nom de tous et pour tous. L'Amérique et l'Europe vont encore renforcer l'armement et la surveillance. Au lieu d'avancer, la démocratie reculera partout. Les fadas qui aiment tant les Kadhafi, et autres Assad en auront pour leur théorie bouffonnes. Nous sommes tous perdants...et sur toute la ligne avec en plus des millions de réfugiés sur le dos qui cherchent le dernier havre de paix qui ne le sera de toute façon plus pour très longtemps.

Navrant échec d'une ONU pervertie, de puissances mondiales à la solde de la Finance et de la Bourse. Navrant échec pour nous tous qui tentons de croire encore aux valeurs démocratiques alors qu'elles sont de plus en plus bafouées par celles et ceux qui tiennent les pouvoirs de l'Argent...et même de la religion...

Difficile dans ses conditions de continuer à se battre pour un autre monde. Les puissants n'écoutant que leurs propres intérêts, il ne reste guère de marge pour espérer autre chose que des purs salauds au pouvoir. Les moutons les suivront encore et s'en accommoderont aussi longtemps que leurs propres intérêts et leur propre sécurité ne seront pas touchés.

 

27/09/2015

Du navet à la citrouille, les Irlandais ont su en faire un conte de fée

Stingy Jack était maréchal-ferrant. Fort avare, méchant, et ivrogne, son occupation préférée était de descendre de la bière et des whiskies dans un Pub irlandais.

Stingy Jack, grâce à la légende, devint Jack O'Lantern, cet être qui n'a trouvé ni sa place au paradis pour cause de vie dissolue, ni sa place en enfer pour avoir été plus malin que le Malin lui-même.

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas encore la légende celte de Stingy Jack, plusieurs pages sont visitables sur un des moteurs de recherche. Toutes parlent bien du même personnage énigmatique qui. grâce à la croix, se joue du Diable et l'enferme...puis le libère à deux reprises sur la promesse que son âme ne sera pas offerte aux enfers.

Hélas Saint-Pierre ne se montrera pas très généreux avec la vie d'ivrognerie de Stingy Jack au moment de sa mort. Refusé au paradis, Stingy s'en retournera frapper à la porte de Lucifer. qui, selon la promesse qu'il lui avait faite, le refusera tout autant en enfer. Désespéré de se retrouver rejeter de partout, Stingy demande alors au diable de lui accorder un charbon ardent pour éclairer sa lanterne car il fait froid et noir. Le diable, semble-t-il plus généreux que le bon dieu, accède à sa demande. Depuis lors, Stingy Jack erre à jamais entre les vivants et les morts.

Il faut savoir que les Irlandais ont remplacé le navet d'origine par la fameuse citrouille moderne lors de leur grande migration vers les Etats-Unis entre 1845 et 1850. Cette citrouille américaine s'est transformée en carrosse fortuné pour nombre d'entre eux sur cette terre des Indiens qui, eux, ont connu le sort tragique que l'on connaît.

Pour mes amis Africains qui vivent au No Borders Camp de Vintimille ou dans la jungle de Calais ainsi que pour tous les migrants qui sont rejetés de partout et qui errent comme des âmes en peine entre le monde des vivants et des morts, j'ai envie que nous, tous ensemble, pour Halloween, creusions une citrouille teinte en Noir et en Blanc à l'extérieur afin que la bougie de l'espoir qui s'allumera ce soir de 31 octobre soit un espoir qui éclaire la Terre entière et tous les peuples qui l'habitent.

Black Stingy a sans doute des choses à nous apporter autre que sa misère existentielle actuelle. Et si Dieu nous refusera son paradis pour mauvais comportement envers les migrants et que le Diable ne nous ouvre plus la porte parce que nous portons la croix sur notre drapeau, cette croix qui l'a emprisonné pour toujours, nous risquons donc d'errer à jamais entre la vie et la mort comme ces migrants africains que personne ne veut plus. A nous de changer notre comportement, de nous montrer ouverts et généreux, pour nous réveiller, le jour de la Toussaint, avec ce grand espoir de continuer à vivre heureux dans ce petit coin de paradis sur Terre qu'est notre beau pays si prospère...Nous l'avons peut-être mérité...mais ces femmes et ces hommes méritent aussi quelque chose d'autres que la haine, le rejet, et le racisme de gens avares comme Jack O'Lantern. Ne deviens pas une landstern errante. Sois une étoile qui brille au firmament dans les ténèbres de notre monde actuel!

 

 

Citrouille d'Halloween illuminée

source wikipédia

 

26/09/2015

Plaidoyer pour une politique migratoire ouverte

Après des mois, et même des années, de tergiversations sur les conditions d'admission des migrants en Europe, il serait temps de faire le constat de nos échecs quant à une politique très restrictive du droit d'asile. Puis, il faudrait ouvrir quelques pistes qui permettraient de prendre en considération les besoins humains élémentaires de toute migration voulue et subie. Car l'aspect volontaire de décider de partir de son pays ne doit pas être séparé de son volet obligatoire ( faits de guerre, de violences interethniques, religieuses, dictature, économie catastrophique, catastrophes climatiques).

Premier constat: le fait de durcir nos politiques d'asile ne fait que croître l'hostilité des pays du Sud contre les pays du Nord. Les personnes refoulées vers leur pays après un long et dangereux voyage se retrouvent sans espoir, leurs familles restées sur place qui comptaient sur leur aide économique également, condamnés à vivre dans la misère et de mourir soit par malnutrition et maladies soit dans des actes de violence commis contre eux par des gouvernements tyranniques ou des mouvances terroristes. Pour pallier au manque d'argent, ne reste alors à ces personnes qu'à s'engager dans l'armée des dictateurs ou dans des réseaux terroristes. Belle perspective pour nos propres gouvernements et peuples européens.

Deuxième constat: les restrictions très rigides de nos Etats vis-à-vis des flux migratoires donnent aux mafias de passeurs un pouvoir financier énorme qui alimente leurs crimes et leurs réseaux de façon exponentielle. Nous devons alors affirmer ici que nos propres gouvernements se font les complices de ces mafias en leur accordant la possibilité de faire du trafic d'êtres humains dans la plus totale impunité. Il semble logique que les bateaux qui traversent la Méditerranée possède une identité marine sans quoi aucun port ne pourrait les accueillir. Effacer toute trace d'identité reste du possible. Cependant les bateaux ne disparaissent pas comme ça dans la nature. Chaque acquéreur ou acquéreuse de bateau devrait pouvoir prouver à tout instant l'emplacement de son embarcation sur le pourtour de la Méditerranée et, en cas de vol,  être obligé de signaler la disparition du navire et dans quelles conditions. Il y a bizarrement des Etats du continent nord africain qui ne font pas leur boulot de surveillance et des Etats européens qui ne font pas leur devoir d'accueil. Si nous traitons les personnes à secourir comme Kadhafi le faisait lui-même, pouvons-nous nous targuer d'être des démocrates et non des dictateurs?

Troisième constat: Une politique d'asile fermée condamne les réfugiés à se comporter de façon clandestine, en marge de nos lois, et même parfois en hors-la-loi pour survivre en volant leur nourriture et en se comportant parfois de façon agressive et usant même de violence pour palier à leurs frustrations qui ne seront jamais considérées de nos Etats. Nos gouvernements sont donc les complices involontaires d'actes de brigandages et de vols, de troubles publiques provoqués par des impasses administratives envers les migrants qui, dans leur désespoir, ne voient aucune issue, aucun débouché acceptable à leur migration avortée dans la souffrance d'un avenir impossible.

Une fois ce réquisitoire établi contre cette politique d'asile malsaine, il convient de trouver des pistes qui puissent satisfaire autant nos populations que les migrants et migrantes. Il faut donc prévenir les migrants qu'une bonne politique en la matière est une politique du donnant-donnant et non une politique d'assistanat à long terme ou des travailleurs et travailleuses européennes se serrent trop la ceinture à cause d'impôts en hausse dus au flux migratoire très important. Il n'est pas envisageable de faire peser le poids de la migration sur les travailleurs et travailleuses de notre Continent.

Donc, dans ce domaine aussi, nos politiques d'asile font fausse route en offrant aux demandeurs d'asile admis une quasi assistance à long terme sans aucune contrepartie future. Chez nous, une personne qui a besoin durant quelques mois de l'aide sociale doit ensuite rembourser cette aide une fois qu'elle a retrouvé une situation de travail avec un salaire suffisant pour commencer à rembourser l'Etat. Il devrait en être de même des migrants. Une taxe obligatoire perçue sur le salaire durant x années (par exemple deux ans) devrait être envisagée. Cette taxe de solidarité serait dirigée dans une caisse réservée à l'accueil des nouveaux migrants afin d'alléger la charge des citoyennes et citoyens établis de longue date chez nous à travers la part  d'impôts qu'ils versent en faveur de la politique d'asile.

Une autre piste serait d'autoriser très rapidement un migrant ou une migrante de changer de pays européen au cas où il a trouvé un travail dans un autre Etat de l'Union. Cela permettrait une fluidité migratoire au sein de l'Union européenne et une plus grande liberté d'entreprendre pour les nouveaux migrants.

Une troisième piste serait de créer une sorte de pilier financier à l'éventuel retour du réfugié dans son pays après quelques années. Ce pour-cent prélevé sur son salaire, non-soumis à une part patronale, permettrait d'offrir sa propre aide matérielle au retour du réfugié dans son pays complété en plus par une aide étatique. La somme ainsi épargnée et cumulée pourrait être incitative pour un retour dans le pays. En cas d'établissement définitif dans une Etat de l'Union, ce pilier tomberait alors d'office et définitivement et l'argent cotisé par l'épargnant reviendrait alors dans les caisses de la politique d'asile.

En espérant que ce billet puisse donné quelques bonnes idées à nos politiciens et que les migrants et migrantes puissent enfin pouvoir être accueillis de façon plus humaines et égales, j'aimerais terminer par une paretnhèse concernant la Suisse.

Il y a un peu plus de trente ans en arrière, la Suisse condamnait encore à la prison ses objecteurs de conscience refusant de servir à l'armée. La politique en la matière n'était pas bonne du tout. D'un côté, il y avait les "bons" objecteurs, ceux qui refusaient de servir pour des raisons hautement morales du refus de tuer son prochain; et les "mauvais" objecteurs qui étaient plus sévèrement condamnés pour cause d'appartenance à des groupes politiques d'extrêmes-gauches ou anarchistes. Il fallait donc passer devant un Tribunal militaire composé de plusieurs gradés qui sondaient la conscience des objecteurs pour savoir dans quelle catégorie ils se situaient. Les bons objecteurs avaient droit à des condamnations pénitencières favorables (durée plus courte de la peine et régime de semi-détention où l'objecteur pouvait accomplir un travail à l'hôpital, par exemple). Les mauvais objecteurs se voyaient condamner à une peine lourde de huit à douze mois de détentions fermes dans des pénitenciers à haute sécurité. D'avoir voulu sonder les consciences de chaque citoyen objecteur, la Suisse s'est largement et lourdement trompée. Aujourd'hui, suite à un vote populaire mettant fin à la détention des objecteurs, chaque Suisse refusant l'armée doit accomplir un service civile obligatoire, ceci sans distinction de conscience. L'égalité est la même pour tous.

J'aimerais tellement qu'il en soit ainsi pour tous les migrants qui arrivent chez nous. Cette distinction entre migrants économiques et migrants politiques ou fuyant des conditions de guerre ne tient plus la route. Car il est très difficile de séparer les raisons économiques des autres raisons de migration. Le plus souvent, tout est lié et pratiquement personne ne déserte un pays sans raison aussi économique car un opposant à un dictateur à souvent, voir toujours, aucune chance de s'intégrer au tissu socialo-économique mis en place par la dictature de son pays. Cela est pareil en situation de guerre. Les emplois sont perdus, les gens vivent dans la misère et ont envie de partir loin de cette misère sociale et économique en plus des risques de mourir sous les balles ou sous les bombes.