21/10/2015

Calais, 21 octobre 2015

Le 26 octobre 1985, j'habite en ville de la Chaux-de-Fonds en compagnie de ma première épouse, Sophie, Manon, ma première fille qui vient d'avoir 2 ans, notre chien Fanchon, et le chat dont j'ai oublié le nom.

Je vis dans un petit appartement au Nord de la Ville, à la Combe-Grierin. Je travaille à 50% dans un Service d'aide familiale. Sophie également. Le reste de notre temps, nous le consacrons à notre fille, à notre vie de bohème, à nos joies célestes et sensuelles. Tout baigne dans le meilleur des mondes possibles. Sophie joue de la guitare à ses heures, nous écrivons quelques poèmes anarchistes que nous enverrons à cette époque à Narcisse Praz, ce Valaisan qui n'a jamais eu sa langue et sa plume dans sa poche.

Retour vers le futur. Je viens de lire encore un billet consacré à la jungle de Calais, à la catastrophe humanitaire permanente qui s'y déroule en présence de forces policières qui ne sont là que pour réprimer, battre les migrants, et endiguer les tentatives de passages dans le tunnel de la Manche. http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/211015/calais-cest-lheure-du-devoir-d-humanite

C'est l'heure du devoir d'humanité. 30 ans ont passé. Des amours et 4 enfants plus tard, il me revient ce temps où nous rêvions clairement la tête dans les étoiles, imaginant des pays et des peuples sans frontière, des voyages au bout de la Terre.

Je ne suis aujourd'hui qu'un homme qui cherche son chemin dans cette ténébreuse époque européenne ne se souciant plus guère de situations inhumaines existant sur son propre territoire.

Ils avaient pourtant bien dit et écrit dans leurs constitutions: l'extrême pauvreté; les gens abandonnés à eux-mêmes, les familles vivant à même le sol dans des conditions hygiéniques déplorables; les jeunes femmes violées sans possibilité de porter plainte devant une justice existant aussi pour elles; la criminalité gambadante et libre d'agir, tout cela, c'est bon pour les pays retardataires où règnent la pire des dictatures.

Calais, 21 octobre 2015. J'ai perdu confiance dans nos institutions républicaines et fédérales. Je regarde le désastre. je contemple ma nudité philosophique. Je ne resterai pas spectateur de cet abandon. Quitte à finir en prison, je donnerai un peu de ma vie, de ma sécurité, de mon temps, de ma protection, à un ou plusieurs migrants qui vivent dans une clandestinité scandaleuse et des conditions d'existence épouvantables dont la plupart des chiens gâtés de nos villes et campagnes ne connaissent pas...

Je ne suis pas un politicien pour salon feutré. Je suis un pataphysicien qui chasse tous les rois Ubu de cette planète.

 

I AM

Jean-Marie Gumy,

Suisse,

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solidaire de tous les migrants

revenant du passé pour un futur meilleur.

 

 

 

 

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