22/10/2015

Lettre d'un décédé de la génération 68 à Mr Décaillet

Cher Monsieur Décaillet,

Votre billet de ce matin publié sur votre blog et dans le journal italien Giornale del Popolo met en bière tous les quinqua et sexagénaires, dont vous faites partie, qui ont vécu Mai 68 comme l'aventure d'un nouveau monde à venir.

Vous enterrez donc avec grand plaisir 50 ans de déliquescence des moeurs, de folies bergères sous le règne du reggae et du cannabis, d'utopie mondiale qui changerait radicalement l'Histoire de l'Humanité au son de la musique et de personnages tel Bob Marley ou Martin Luther King qui rêvaient d'une société universelle vivant en paix et en harmonie.

En échange, vous vous revoyez juste après la guerre de 1939-1945, avec De Gaulle au pouvoir qui voulait chasser la chienlit, un Sarkozy d'une autre trempe qui réglait ses factures d'électricité pour ne pas faire peser ses frais sur le dos de la société. Un tout autre genre que l'oiseau précité qui préfère les yachts privés en envoyant si possible la facture de son jet privé à la société...

Ahhh, ce bon Général de Gaulle. Ma mère en raffolait tout en vouant aux gémonies ces fils de Satan qui se laissaient pousser barbes et cheveux en jouant une musique de fou, violant même le sacro saint temple de la musique classique, et butinant tellement de filles à la fois que Dieu et son bordel éternel ne pouvait même pas en faire concurrence. Pardon, ma douce et chérie maman, je blasphème horriblement une fois de plus. Ce Général de Gaulle sans qui le nazisme aurait peut-être fait fureur de nos jours... Quoiqu'en y pensant bien, à Calais, le fascisme de nos sociétés actuelles n'est pas très loin de tomber de l'arbre nazi... Je ne vais pas rentrer dans cette polémique ici.

Donc vous imaginez que le 18 octobre dernier, la Suisse a fait sa révolution à travers le bulletin de vote, qu'elle a renversé non pas nos montagnes mais la peste libertaire, l'anarchisme et l'archaïsme de la pensée ex-moderne. Vous vous revoyez dans vos frontières avec un vrai peuple fier de ses racines, de sa culture judéo-chrétienne, son catholicisme et son protestantisme, à l'exclusion de toutes les autres métaphysiques du monde. Vous imaginez que Guillaume Tell (Christoph Blocher) a visé la pomme sur la tête de son fils spirituel (Roger Koeppel) en tuant Gessler (les apôtres du libre-échangisme et de l'ultra-libéralisme).

Le peuple se serait libéré du reste de la planète, de sa dictature financière et de ses filiations philosophiques avec l'Europe et le reste du monde. La Suisse est-elle devenue le 18 octobre 2015 une patrie hors-sol? Ou alors le monde a-t-il tellement changer que Facebook, Tweeter, Youtube, Internet vont disparaître totalement pour faire place nette à une réalité campagnarde, vaches et paysans se regardant amoureusement dans le bleu des yeux pour chanter encore et toujours la Suisse seule au monde?

Cher Monsieur, vous nous avez enterré joyeusement et sans grand regret. Mais qui ment le plus? Personnellement, j'étais cet été en Italie. Et j'ai vu de mes yeux vus une génération de jeunes universitaires de 20 ans qui ont des rêves anarchistes similaires à la génération 68, la gravité et la conscience politique en plus, le travail et la rage de changer le monde en plus, le sens de la fête au son du reggae et pour certains quelques joints de marijuana au passage afin de libérer la tension nerveuse et leur prise de risque. Oui, car cher Monsieur, ces jeunes risquent leur avenir à ne rien récolter de cette société si ce n'est des claques et un rejet; ces jeunes risquent leur intégrité physique et la prison en s'opposant à l'exclusion des migrants; ces jeunes risquent tout simplement de faire une vraie révolution des consciences en s'accrochant à leurs idéaux qui ne sont pas l'argent et l'idéal d'une nation refermée sur elle-même mais qui sont des idéaux de liberté universelle pour toutes et tous.

Les No Borders sont les fils et les filles spirituelles de la génération 68. Ils sont jeunes et prêts à vivre dans la marge pour ne pas donner aux frontières, aux flics, et aux armées du monde un pouvoir démesuré sur la liberté de mouvement et de consciences des citoyennes et citoyens de notre planète Terre.

Avec mes respectueuses salutations.

Jean-Marie Gumy, Génération No Borders, ex-génération 68

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2015/10/22/ews-l-heure-de-l-addition-271165.html

 

 

Commentaires

@Pachakamac vous posez les bonnes questions concernant Fesses de boucs et son acolyte Twitter .
En effet ces deux trompe l'œil ou l'oreille révélent une sorte de lâcheté qui de plus en plus détruit l'entente entre les humains
Pourquoi ? comment pouvez vous prétendre à la sincérité de votre interlocuteur si vous n'entendez pas le son de la voix qui elle ne ment jamais pour qui possède le don de l'écoute ,la vraie celle qui ne se marchande pas à coups de peurs inventées ou de chantages commerciaux
Sans compter la mémoire puisque la plupart des abonnés enregistrent tous les numéros ce qui est aussi un risque pour souffrir de démence précoce voire d'Alzheimer
heureusement de plus en plus de gens commencent à se détacher de ces réseaux car beaucoup ont compris qu'ils perdaient leur temps par là même de l'argent sans oublier leurs vrais amis décédés tandis qu'ils pianotaient tous reliés à des touches n'étant que le reflet de leur égo
Se parler à soi quel progrès dans la décadence et l'on sait que toutes nouveautés finissent toujours par lasser les utilisateurs
Ceux qui n'ont pas mordu à l'hameçons sont ceux qui se portent mieux physiquement et surtout moralement
Très belle soirée

Écrit par : lovejoie | 22/10/2015

Je vous ai répondu dans mon billet précédant, lovejoie. Avec cette modération des commentaires, on perd plus de temps et on fait des erreurs...

Écrit par : pachakmac | 22/10/2015

"Jean-Marie Gumy, Génération No Borders, ex-génération 68"

Je me demande si vous allez demander la naturalisation en Arabie Saoudite ...

Écrit par : Victor-Liviu Dumitrescu © | 23/10/2015

@Pachakmac Excusez moi de sauter d'un billet à l'autre mais je suis bien entendu contre toute forme de Djhadisme et le France toujours soucieuse de vouloir dire aux autres ce qu'ils ont à faire ferait bien de remettre au gout du jour le Parrainage des personnes âgées ce que nous faisions avec joie étant enfants
C'est à dire responsabiliser les jeunes par de menues occupations comme aider les plus âgés quand ils peuvent encore se déplacer pour aller chez le médecin pratiquant dans la localité ou faire de petites courses comme poster un paquet ou simplement aller chercher le courrier dans la boite aux lettres voire même nettoyer des fenêtres
Dans le temps tous ces menus services étaient rentabilisés par une pièce de 20 ou 50 centimes mais les gens s'accommodaient de peu et c'est toute la différence avec aujourd'hui.
Aujourd'hui il va de soi qu'une personne plus toute jeune rétribuerait davantage il faut rester logique
Alors voyez socialement parlant ,les réseaux dits sociaux ont raté la marche c'est par là qu'il aurait fallu commencer

Écrit par : lovejoie | 23/10/2015

Eh bien dites-moi, vous faites fort Viktor et Lovejoie. Le premier me propose la naturalisation en Arabie Saoudite; la seconde imagine que mes billets peuvent pousser de jeunes lecteurs ou lectrices dans les bras de Daech ou Al Nosra. C'est vraiment n'importe quoi. L'anarchie ce n'est pas la dictature comme la liberté ce n'est pas la prison et le crime. il y a un film qui sort ces jours sur les écrans concernant la Bande à Baader qui a sévit dans les année 70 en Allemagne. C'était des jeunes universitaires bourrés d'idéaux, rêvant d'une société plus juste, plus solidaire. Ils ont utilisé le cinéma. la télévision, l'écriture, pour faire passer leurs idéaux auprès de la population. Cela ne passait pas dans les coeurs et les consciences des foules. Ils étaient isolés. Ils ont perdu patience. Ils ont pris les armes et ont commencé à pratiquer leur terreur. Ils ont tous fini suicidé dans leur cellule...

La violence ne sert à rien si ce n'est à attirer l'attention. La violence détruit des familles, des innocents, des gens même pas concernés par la politique. La violence sème plus de haine et d'incompréhension, plus de division et d'horreur. Si il existe un chemin que je me refuse de prendre, c'est bien celui de retourner ma propre violence sur celles et ceux qui commettent des violences, l'Etat fasciste entre autre que nous sommes, que mes concitoyens et concitoyennes pour une partie d'entre eux, en train de créer en Europe. Plus de police, plus d'arrestations, plus de renvois, plus de haine contre les migrants et migrantes. Je me bats avec mes armes, l'écriture, la photographie, et mon coeur contre cette vision fasciste d'une Europe blanche, monoculturelle, et sûre de connaître toutes les vérités sur les êtres humains. Je me bats avec mon style d'écriture. Et si cela ne plaît pas à beaucoup, tant pis. Je sais encore reconnaître qui à un coeur juste, près des êtres humains, et qui a démissionné de son devoir d'être humain en préférant les valeurs matérielles et marchandes à la valeur de chaque être humain sur cette Terre.

Écrit par : pachakmac | 23/10/2015

@Pachakmac je suis désolée si je vous ai choqué mais c'est mon ressenti personnel
A l'école primaire et ce dès la troisième année on nous enseignait la lecture de la presse et chacun pouvait critiquer le ou les articles ce qui est normal car le lecteur n'est pas obligé d'être pleinement d'accord avec ce qui est écrit par le journaliste
Très bonne soirée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 23/10/2015

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