23/10/2015

C'était quoi No Borders Camp?

Tu regardes par la fenêtre. C'est bientôt novembre. Tout est gris sauf les feuilles des arbres qui agonisent dans une dernière jouissance de couleurs.

Tu regardes et tu lis dans "Le Matin" que la commune suisse qui a voté le plus UDC, le parti le plus anti-immigration au pouvoir, a un buste de femme noire gravé dans ses armoiries communales. Un buste de femme noire! Une ironie, un pieds de nez à l'UDC. Ils ont voté contre les migrants et migrantes, les Noirs en particulier, et voilà que la femme africaine se dresse fièrement sur leur drapeau communal. WE ARE NOT GOING BACK semble dire cette femme au lendemain des élections fédérales. Il faut vivre en Suisse pour voir ça, cette magie, cette façon de jouer des tours à l'Histoire d'un peuple qui se prétend libre et indépendant!

Là-bas, en Italie, notre camp a été détruit par les bulldozers et les policiers le 30 septembre dernier. Il n'y a plus rien...sauf nos souvenirs communs, nos rires et nos peines, nos joies et notre combat qui hantent encore les lieux et nos esprits.

C'était quoi No Borders Camp, Ventimille? Un repère de terroristes islamistes? Une bande à Baader nouvelle formule? De dangereux brigands soutenant d'autres brigands venant du Sud?

Posez-vous la question de qui sont les voyous quand une mairie officielle, un Etat de Droit démocratique assassine un lieu de vie et de solidarité pas comme les autres. Oui, il n'y avait pas assez de confort. Oui, les conditions d'hygiène étaient précaires. Oui, un bon lit dans un endroit sécurité est mieux qu'un matelas à même le sol et en plein air. Mais ce n'est pas cela que les autorités italiennes, avec la complicité des autorités françaises qui bloquaient le passage de la frontière durant l'évacuation du campement, ont d'abord voulu combattre. Ce qu'elles ont combattu c'est la chaîne de solidarité entre jeunesse italienne comme européenne et les migrants abandonnés à eux-même.

Posez-vous la question avant d'écrire n'importe quoi sur mon blog. Oui, à Vintimiglia, il y a un embryon d'un autre monde qui a été créé. Un monde sans frontière et sans guerre. Un monde universel vivant en paix et échangeant les savoirs et les cultures. Un monde que vous ne voulez pas connaître par votre ignorance de vouloir aller à la rencontre des Autres, par votre envie de repli sur vous-mêmes, par vos indignités et vos bassesses, vos mesquineries et vos rancoeurs. Oui, il existe des Suisses âgés ou plus jeunes qui ne sont pas bien aidés par l'Etat (j'en ai fait partie avec mon épouse et je sais mieux que vous le prix que nous en avons payé en tant que mari et femme, la prostitution pour une vie meilleure n'est pas une solution digne d'un état démocratique). Oui. Je sais très bien tout cela, de ces femmes et de ces hommes abandonnés à leur misère dans notre propre pays. Et alors? Faut-il créer des frontières avec nos soeurs et frères du Sud ou de l'Est par aigreur et à cause du manque de reconnaissance d'un Etat social qui a forcément ses failles quand c'est la bureaucratie et exclusivement elle qui dicte qui à droit à des aides sous forme de subventions sociales et qui n'en a pas l'accès. Et alors? Vous avez abandonné toute notion de nos interactions quotidiennes avec le monde entier? Croyiez-vous que la Nature crée ses propres frontières quand, par dérèglement climatique provoqué par la main des Hommes, elle frappe les populations? Et alors? C'est quoi ces manières présomptueuses de penser que nous sommes les bons et eux les méchants qui font les guerres et les meurtres? Nos politiques gouvernementales ne sont-elles pas responsables de tous les dérèglements humains à travers le monde? Immense pauvreté ici; immense richesse là. Et jamais une autre solution à ce déséquilibre immense! A quoi sert les philosophes, les poètes, les artistes, les cinéastes si le monde ne veut jamais changé ses coutumes barbares? A quoi sert que je me saigne chaque jour à vous écrire sans jamais rien obtenir, même pas votre argent puisque vous me consommez gratis et m'insulter complaisamment en me traitant de dictateur et de terroriste? A quoi sert ma vie puisqu'elle se meure gentiment entre les murs de mon appartement qui n'a plus vu l'ombre d'une femme depuis 4 ans à deux nuits près?

Je suis un poète anarchiste. Pas un assassin. Je suis un cuisinier aussi, qui a nourri durant 10 jours un peuple international, une jeunesse magnifique et saine qui croit à un autre monde possible. Je suis un homme qui a trouvé une communauté d'abondance au milieu des arbres poussant au pieds des Roches Rouges et face à la Méditerranée.

Votre société a cassé la romance. Votre société n'a rien voulu savoir des espoirs et des rêves de ces Blancs et de ces Noirs confondus embarqués sur le même navire. Votre société n'est-elle pas un peu terroriste à ses heures amnésiques?

Que faut-il faire de mes jours pour avoir droit à votre reconnaissance? Que faut-il faire faire de mes nuits pour avoir encore droits aux jouissances de ce monde?

 

Commentaires

@Pachakamac
Pour en revenir aux migrants si vous pouvez ré écoutez l'émission 28 Minutes d'hier soir sur Arte vous y entendrez exactement les mêmes propos que les miens mais dits par un géopoliticien un historien et une responsable d'ONG
Tous ont ajouté les chiffres ont été magouillés et de toutes manières les dirigeants de l'UE sont dépassés par des évènements qu'ils connaissaient pourtant depuis longtemps et l'on ne peut accueillir sans préparer le terrain et avertir les populations à l'avance
Il ne faut pas mélanger la politique et les soins intensifs ou seule la vitesse est de mise car en politique tout ce qui est organisé dans la précipitation ne durera pas et ne portera jamais de bons fruits
mais je crois aussi qu'à force de Selfie tout le monde ou presque en perd les pédales du bon sens et du raisonnement manquant de plus en plus de logique terrestre qui ne peut et ne doit surtout pas être comparée à celle d'un robot

Écrit par : lovejoie | 23/10/2015

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