01/11/2015

Une fille soul

 

Au petit matin,

j'ai croisé la déroute

d'une fille soul demandant son chemin.

 

Elle avait l'âme d'une enfant

et les cheveux libres dans le vent.

Un parfum de tabac et d'ambre romantique

s'évaporait de son aube alcoolique.

 

J'avais le blues dans la peau

et ses bleus au coeur découpés au couteau

je les lisais au fond de ses yeux rieurs

qui cherchaient le secours d'un sauveur.

 

Les hommes s'approchaient d'elle sur le trottoir.

Comme des charognards goguenards,

ils reniflaient la proie facile, blessée dans le noir.

Ils étaient prêts à enfoncer leurs dagues

au fond des orifices de la fille noyée sur la vague.

 

Pourquoi les hommes profitent-ils toujours

de faire plus de mal que de bien aux femmes?

Pourquoi les hommes pensent-ils d'abord à leur queue

avant de réfléchir à la détresse d'une fille?

 

Avec la fille soul,

j'entendais de la musique,

de la soul music.

Avec elle,

je me serais envoyé au paradis.

 

Mais d'abord je devais panser sa blessure.

Mais d'abord je devais l'emmener dans un lieu sûr,

un hôpital, un endroit où retrouver ses idées,

pour échapper à ses esprits embrumés.

 

Après, elle m'oublierait.

Parce qu'elle avait déjà un amour,

une famille, un cercle d'amis.

 

Après, elle m'oublierait.

Mais je serais resté un esprit digne

au lieu de n'être qu'une bite dégueu méritant des claques

et recherchant son triste profit au fond  d'un cloaque.

 

Au petit matin,

j'ai croisé la déroute

d'une fille soul demandant son chemin.

 

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