23/11/2015

Pigalle, un sacré coeur dans ma vie

Des émotions à la pelle. Un Paris sans dessus dessous, bouleversé par les appels à la guerre sainte des uns et la guerre contre le terrorisme des autres.

Que retenir de ces instants surréels vécus dans la cité Lumière à la vitesse de la lumière?

D'abord que partir à la rencontre de l'inconnu, c'est déjà un premier pas contre son propre terrorisme intellectuel qui voudrait que mes idées, mes croyances, ma façon d'être est la règle absolue dans l'existence et que celles et ceux qui n'y adhèrent pas son exclu de mon existence et qu'eux-mêmes m'excluent de leurs fréquentations. Prendre de la distance par rapport à sa propre culture, son propre parcours, son propre chemin qui trop souvent ne sort jamais des sentiers battus, qui trop souvent s'achoppe à une mentalité provinciale partout, d'où que l'on vienne. Oui, car même à Paris, dans la Ville Lumière, s'étale au grand jour une pensée provinciale, peureuse, paresseuse, dogmatique, renfermée sur ses propres codes médiatiques, politiques, et culturels.

Question d'état d'urgence toute bête: pourquoi les grands médias français n'étaient pas présent lors de la première manifestation qui a bravée l'interdit décrété par François Hollande? Est-ce faire preuve d'indépendance pour un média que de suivre à la lettre son propre gouvernement et ne pas chercher à comprendre les éclaireurs et éclaireuses de la liberté? Anticapitalistes toutes ces personnes qui étaient présentes? Certes. Mais ne sont-elles que ça? N'y a-t-il pas à creuser les nouvelles sources d'inspiration parmi tous ces gens qui sont anti-système alors même que le système s'enfonce dans l'impasse et le Mal absolu voulu par Daech et leurs affiliés mais aussi par cet ultra-libéralisme carnivore qui saccage la planète?

Car il ne faut pas se leurrer. Daech, malgré les morts dans leurs rangs, exultent aux bombardements de l'Occident. Ils savent combien la parole occidentale est déjà discréditée par nos actes passés et présents et combien ils peuvent encore engranger de sympathie, malgré l'horreur liberticide que ces djihadistes barbares représentent, auprès des foules musulmanes attachées au texte coranique dans son intégralité.

Ne pas essayer de mettre en perspective les mobiles de la liberté pour tous, de l'ouverture des frontières pour tous, c'est se dire que ces utopistes n'ont rien à proposer de mieux et qu'ils sont juste fous à lier, marginaux, infréquentables. Hors les fréquentations, ça se travaille à la dure. Croyez-vous que j'étais spontanément, dans ma jeunesse, attiré par les milieux de la pornographie et de la prostitution? Croyez-vous que je me suis fait musulman pour quitter mon passé et m'attacher à un poteau religieux ou pire encore devenir un de ces nombreux terroristes convertis de fraîche date? Croyez-vous que mon parcours atypique soit juste un désert de perdition, de perte de temps, de gaspillage de mes énergies, d'absence volontaire au monde pour cause de folie ou de schizophrénie?

Je vous réponds ceci: ma vie me regarde...mais elle regarde aussi les autres dans la mesure où les autres ont un intérêt à mon parcours. Hors ce grand silence médiatique a quelque chose de très effrayant. C'est comme si on me répondait que je n'existe pas, que je suis rayé éternellement des listes du succès octroyées par la société bien-pensante qui délivre ses bons d'entrée au succès commercial et médiatique. Et un migrant qui a fait des milliers de kilomètres en bravant tellement de situation dramatique ressent ce même silence, cette même impuissance, ce même déni de justice, ce même rejet de sa propre existence. C'est pourquoi je suis si près de mes soeurs et de mes frères en migration.

Un migrant, une migrante n'est pas un terroriste. C'est un être humain qui voyage pour trouver sa terre d'accueil, celle qui l'élira au rang de citoyen et citoyenne en échange de ses bons et loyaux services envers sa communauté d'accueil. Hors lui barrer la route, lui fermer notre coeur, lui interdire de porter sa créativité chez nous, c'est nous mettre en situation d'état d'urgence d'une guerre fasciste faite à des personnes que nous refusons de connaître, d'intégrer, de rire et de danser avec nous, de travailler et de créer avec nous malgré certaines différences qui feront notre diversité à tous.

J'espère que mon séjour à Paris vous aura touché et ému. J'espère qu'un jour le  très long silence soit rompu et que mon travail sera reconnu pour son intelligence, son humour, sa paix intérieur, son amour sans limite pour le genre humain.

Voici les derniers clichés avant mon départ de Paris. La blancheur du Sacré-coeur parisien en contraste avec cette République qui a toujours peur de la migration, de ces Blacks qui sont arrivés chez nous. Que la paix soit avec vous tous et que demain nous puissions chanter les louanges d'une Terre apaisée, respectueuse du genre humain et de la nature qui nous entoure.

 

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Léonard Cohen...ou son double écoutait attentivement...

 

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Camara, le faiseur de bons voeux guinéen...et moi

 

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Mon armée, mes soldats Moulin Rouge et Bataclan...

 

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Mado, Madolescente, à toi ma reconnaissance

 

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