03/01/2016

Paroles d'un menteur imaginaire

John Lennon était le plus grand des menteurs avec sa chanson "Imagine" qui rêvait d'un monde sans frontières.

Je suis aussi un grand menteur parce que je rêve que nos peuples ont beaucoup plus à partager qu'à défendre pour eux-mêmes. Un peuple, c'est comme une femme, ça ne se prête pas à l'Autre. Sauf que...

Il existe des femmes non mariée qui ne veulent rien savoir du mariage et qui batifolent selon leurs coups de coeur et leurs envies de rester libres et indépendantes. Sauf qu'il existe aussi des femmes mariées qui signent un pacte, certains puritains l'appelleront un pacte avec le diable, avec leur mari pour se garder le droit à la liberté tout en promettant la fidélité de coeur. Cela vous paraît étrange? Non. C'est juste un des héritages de Mai 68 qui contrairement aux héritages des religions fait que la femme n'est pas la soumise de son mari mais la femme libre de son mari, qui s'émancipe, qui grandit, qui se crée au jour le jour grâce à sa liberté, aux inspirations mutuelles que se donnent mari et femme.

Dangereux? Oui. Certes. On ne va pas à la rencontre de nouveaux partenaires sexuels sans risque de perdre le contrôle de sa relation amoureuse et de sa complicité avec son mari ou son épouse. Mais plutôt que d'un amour ronflant et souffrant d'hypocrisie, je préfère au mensonge amoureux la sincérité des sentiments. Il est difficile de rester stoïque face aux échanges, de ne pas se remettre en question, de ne pas ouvrir justement ses propres frontières, qui deviennent parfois des ornières si on n'y prend pas garde, puis un enfermement sur le couple qui sent alors le moisi, la rancoeur, les reproches, et parfois pire encore. On peut aussi choisir d'aller de partenaire unique en partenaire unique, évidemment. Devenir l'époux puis le divorcer de quelqu'un et se remarier puis se redivorcer, etc. Offrir l'exclusivité de son amour pour un temps à un ou une partenaire puis s'en aller sans rien demander en retour... Très romantique comme toutes les histoires d'amour qui se finissent trop mal.

Ce détour par la philosophie du couple pour comprendre la philosophie du No Border que je suis devenu. Je ne me vois pas trahir mon pays pour un autre pays en abandonnant ma nationalité pour une autre nationalité si celle-ci me dépite et que je me trouve mieux ailleurs. Non. J'aime mon pays. C'est un fait indéniable.. Mais j'aime aussi bien d'autres pays et peuples dans le monde. Je ne saurais dire non à mon pays et le répudier et dire oui à un autre en oubliant le Suisse que j'ai été. Ce qui a participé de ma vie reste en moi à jamais. Je n'oublierai jamais mes ex comme je n'oublierai pas mon présent amour sentimental dans les années à venir. Mon tout est une grande partouze intime sans le harem et l'obligation de mes compagnes de rester soumises à l'homme que je suis devenu. Libre et solitaire comme je suis, je ne me vois pas Prince d'Orient musulman avec des femmes-esclaves à mes petits soins. Je vois des interdépendances sans frontière, des collaborations, des soutiens, des rêveries, Mais je rêve. Justement. Les rêves sans frontière n'existent pas. Ils sont juste des utopies, des fantasmes amoureux, des désirs qui ne se prennent pas pour des réalités imposées.

Parce qu'il y a forcément de la frontière et des limites dans une relation amoureuse, il y a aussi forcément des frontières entre peuples et nations. Ne serait-ce que dans la culture, les interdits, les tabous, les façons de comprendre le monde.

Comme je suis plutôt de type rêveur, j'aime bien chanter "Imagine" de John Lennon et penser que Mai 68 a quelque chose à nous dire en ces temps d'Etat d'urgence ou l'Etat policier et militaire combat les terroristes djihadistes. Parce que là, question de frontière, cela va bien au-delà du réel imaginé par les poètes. Les issues sont condamnées, les portes de secours sont négligées, les hommes sont enchaînés aux idéologies nationales, les tueries et sauvageries commencent. L'Homme a bien défini la frontière entre son monde à lui et celui de l'Autre...

A méditer, Monsieur Pascal Décaillet.

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive/2016/01/02/mes-trois-voeux-pour-la-suisse-en-2016-273002.html

 

 

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