13/01/2016

La patrouille des filles

Tu n'en avais pas l'air.

Mais tu tenais le premier rôle

de cette jolie patrouilleuse

en vol pour jouer avec mes valseuses

dans le noir du cinéma Baudelaire.

 

Tu n'en avais pas l'air.

Mais tu en étais une.

Une de ses filles qui coulent

les aviateurs quand ils dévient

de leur trajectoire pour ta zone rouge

afin de se faire exploser

leur mal de vivre

leur mal d'aimer

leur mal du mâle.

 

J'aurais tant aimé que tu te mettes à piloter

hors zone avec ma vie,

comme Pretty Woman

avec son pauvre milliardaire.

 

Je t'aurais appris des trucs

qu'on fait entre nous artistes,

des trucs d'amour

qui détruquent vos combines de filles

coureuses de cash

en oubliant leur combinaison de coeur

une fois qu'elles ont les manches décoiffés

entre leurs mains de fées

qui nous conduisent au crash fatal

dans les bouches de leur espace vital.

 

Jolie patrouilleuse du ciel,

on aurait formé ensemble cette escadrille

qui devait donner de l'oxygène à nos vies.

Je t'attendais,

exactement dans notre sexe temps.

Il fallait que je te déroute

avec mes explosifs de mec,

mes artifices de dingue

et mes effets love junkies.

 

Mais il aurait fallu du cash,

beaucoup de cash

pour te dévier de ta route tracée

entre un passé trop pauvre

et un futur dans la félicité.

 

Je ne pouvais pas t'aider.

Sauf en amour.

Je ne pouvais pas t'aider.

Sauf nu sans argent.

Tu cherchais du secours autrement.

Nos vols se sont croisés un instant.

Nous avons fait notre crash ensemble.

Tu as continué ta route d'allumeuse

pour faux incendies dans la brousse.

Et moi la mienne, douchée

par ta frousse et ta logique fuite en avant.

 

Sinistre jour que ce 11 janvier,

ce jour où notre escadrille a avorté.

Nous nous sommes perdus en altitude

dans le Triangle de nos Bermudes.

 

 

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