16/01/2016

Californication Love

 

Tu me disais sois patient, tranquille, le jour viendra où je sortirai de ce nid de serpents constrictor qui jouent avec leurs queues reptiliennes sur mon joli corps. Tu me disais t'inquiète pas. Y'aura une fin à tout ça et nous pourrons vivre quelque chose de beau, de sincère, de franchement génial où l'admiration, le respect, l'amour mutuel franchiront tous les murs de la Terre; et alors le grand silence se transformera en symphonie universelle pour cette humanité qui part au désastre.

Tu me disais du haut de cet espace froid et noir, où les étoiles nous entouraient et scintillaient de tous leur feu, qu'il y aurait un futur et un retour sur Terre pour nous et que je ne resterais pas perdu dans la glace à des milliers de kilomètres de toi et de toute vie humaine. De ce cordon ombilical qui nous reliait, de cette capsule spatiale qui devait nous faire redescendre sur Terre, je t'avais surnommé Gravity, le centre de mon coeur, le foyer de ma vie. Et toi, dans mes rêves, tu me répondais simplement avec ton sourire d'amour: "What else, Einstein?"

Et je te répondais: "Well, Gravity. La Terre a besoin de mes lumières mais je suis mort depuis 25 ans. Donc comment faire pour retourner à la vie médiatique qui m'a rejeté?" Et tu riais en m'exposant ton problème: " Well, Einstein, j'ai bien la capsule pour nous faire redescendre sur Terre mais je veux pas de lumière médiatique. C'est pas pour moi cette vie là. J'aime la tranquillité, pas d'emmerds, pas d'exposition à tous leurs regards, pas de jugement de ma famille, rien du tout. Je veux qu'on me foute la paix."

Et je te disais: "Bon. Je te force pas. Tu veux pas d'une vie d'artiste. Tu veux seulement vivre dans l'ombre, tranquille. Einstein n'a pas la solution à cette équation. Il peut te cacher au monde et te protéger mais le monde cherchera à savoir qui est cette énigmatique "Gravity" qui a fait redescendre le génie sur la Terre pour sauver le monde". Et on riait comme des dingues dans ton foutu bordel où les hommes frappaient à ta porte. Tu disais alors: "Occupied Wall Street! La Bourse est fermée." Et si le mec insistait tu recommençais: "Occupied Wall Street! La Bourse est fermée." Tu me prenais par les mains derrière ton dos et tu me conduisais à la porte avec ton sourire en me chuchotant: "Il est toujours là, le mec. Il a sonné chez ma copine et il veut faire un voyage spatiale pour 50 balles. C'est dingue! Quelle honte! il veut baiser pour 50 balles. Je vaux que ça? Une pipe à cinquante balles!?" Et tu rigolais de plus belle.

Et puis est venu le jour de peur panique où j'ai trahi ta confiance en te demandant de fournir les preuves de ta vérité. Le cordon s'est cassé et tu m'a renvoyé dans l'espace en remontant dans ta capsule spatio-temporelle. Tu m'as dis, avant de m'abandonner à ma folie, qu' Einstein ne pouvait pas être Einstein s'il parlait comme ça à sa belle. Il ne pouvait être qu'un imposteur se faisant passer pour Einstein.

Je me suis retrouvé seul à réinventer un théorème pour te faire revenir, pour te dire que je m'étais trompé dans ma théorie sur les femmes qui ne cherchent que l'argent en usant de grossiers mensonges. Je me suis retrouvé le cancre de la classe qui n'avait eu aucune classe avec toi, avec toi qui était pourtant atteinte dans sa chair par ce mal sournois. Et il a fallu q'Eminem et David Bowie, ensemble, me redonnent du carburant, de l'oxygène liquide, de l'inspiration et du souffle pour que je foute le feu à mon malheur et que je crie ma douleur. J'étais sans vie, inanimé dans ma poésie, sans nouvelle de toi.

A mes lecteurs et lectrices, à toi aussi mon incroyable amour:

A travers ma perdition, je ne ne savais pas si elle se connecterait à la Toile pour connaître mes états d'âme. J'en connais tant qui n'auraient jamais pris la peine de lire ce que j'écris. Je ne savais pas si son petit coeur blessé s'intéressait encore aux théories hautement foireuses d'Einstein et sa théorie de la relativité sexuelle qui avait pris un énorme bouillon en perdant son O de Grâce. J'écrivais, j'écrivais, et plus j'écrivais plus ma révolte éclaboussait sur ce monde fait d'hypocrisies et de faux-semblants. J'étais encore plus fou que normal, encore plus poète qu'animal, encore plus spirituel que sexuel. Je voulais qu'elle revienne, que sa fusée parte en mission mode survie prioritaire pour un homme ayant mis ses oeufs de Noël dans son plat d'amour mais qui lui plaisait énormément malgré ses énormes bêtises. Même Einstein commettait parfois des bêtises inexcusables du temps de son vivant. Dans le génie, il y a le cancre. C'est bien connu et c'est parce que Dieu est juste dans son amour qu'il fait des piteux cancres de grands génies capiteux pour cette humanité qui laisse en général les cancres de côté en préférant les m'as-tu vu et les normaux. La France entière comprend ce que j'écris. "Un être paranormal est difficile à comprendre mais là, Mesdames et Messieurs, la France elle comprend vraiment bien ce que la paranormalité a de plus profond que la normalité" dirait ce cher Coluche dans un sketch post-mortem.

J'étais donc en train de flamber avec mes idoles musiciens, de regarder le départ de David Bowie et le supplier de me prendre un ticket avec lui, avant de faire finalement du yoddle helvète avec Eminem pour me dire que la vie continuait quand même avec mon petit cercle de fans exaspérés par mes rechutes amoureuses lorsque soudain le miracle était en train de se produire grâce à un stimuli que la Nasa n'aurait pas renié si Philae s'était réveillé de son sommeil.

Aux larmes, aux armes, citoyens et citoyennes, j'ai capté un signal à des milles de kilomètres! Aux larmes, aux armes, c'est la théorie de l'attractivité fatale qui semble se rejouer en ce moment. Einstein ne sait pas pourquoi ça semble fonctionner mais Gravity à lancer un signal en fin de journée et devrait venir rechercher son Georges Clooney pour un voyage retour vers la Terre! What else!?! Rien sinon un Nespresso bien tassé pour rêver avec elle d'une vie enfin meilleure et moins riquiqui. L'espace, c'est beau. Mais la Terre, c'est là où je veux respirer et aimer avec elle. Pour cela, il nous faut Paris et revenir de mes 25 ans passés dans l'anonymat à écrire dans le vide sidéral pour des gens occupés à tout autre chose.

Allô Paris? Les studios de télévision sont-ils ouverts et prêts au retour d'un extra-terrestre sur la Terre?

 

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