22/01/2016

Ouvre le coeur de ton pénitencier

Quand les pyromanes

ont mis le feu à ta maison

tu as dit que c'était l'étranger.

 

Quand les pyromanes

ont violé et torturé ta fille

tu as dit que c'était l'étranger.

 

Quant les pyromanes

ont détruit ton pays

tu as dit que c'était l'étranger.

 

Je n'ai jamais été aussi étranger

à mon pays qu'aujourd'hui.

Alors est-ce moi le pyromane?

 

Je te le demande à toi

qui m'espionne sur mes routes d'Orient.

Je le demande à elle

qui visite mes encens et mon Occident.

 

Je suis un étranger

qui a ouvert le coeur de son pénitencier.

Et ma liberté

ce sont eux et elles qui me l'ont donné

par leur présence, leur amitié,

leur conscience, leur culture.

leur façon de voir les choses

que j'ai critiquées d'ailleurs

avec ma vision des choses.

 

Ne me dis pas

que tu sais tout,

que tu as tout appris,

que tu as rien à apprendre

de ces gens qui migrent

en ne bougeant jamais de chez toi

sauf pour le Club Med,

sauf pour la plage de sable fin,

sauf pour ton égoïsme rédhibitoire.

 

Ne me dis pas

que tout est parfait chez toi.

Je ne te croirais pas.

Parce que chez moi,

rien n'est parfait.

Tout se construit dans le doute,

dans l'étude et le silence,

dans l'interrogation et la vision.

 

Tu aimerais qu'on te foute la paix.

Mais il n'y a plus de paix nulle part.

Il y a la guerre partout.

Et tu es confronté en direct avec elle.

Et tu as même des amis

qui sont morts dans la guerre.

Paris est en deuil

et tu veux régler le problème

avec la chasse à l'étranger?!

 

Alors chasse-moi d'abord de mon pays.

Parce que je suis l'Autre

que tu ne vois pas

dans sa différence,

dans sa façon d'être.

dans sa folie d'exister.

 

Et si tu me chasses.

regarde combien j'aurai d'amis

qui se retourneront contre toi.

Et si tu me chasses

regarde qui seront tes amis

qui chasseront avec toi.

 

Il nous est impossible

de créer plus de guerres

alors que notre planète

souffre de tant de maux.

 

Il nous est impossible

de nous diviser davantage.

Je ne veux pas finir

comme acteur d'un Mad Max réel

avec ma famille, ma femme,

mes enfants, mes amis,

notre clan armé jusqu'aux dents

pour avoir le droit de rester en vie.

Je refuse ce scénario du pire

parce nous ne serions plus civilisés

mais condamnés à la barbarie.

Je refuse ce scénario du délire

parce que j'ai été à l'école,

ouvert des livres,

appris avec mes professeurs

ce que l'instruction a donné de grand

à la femme et à l'homme,

cette Civilisation mondiale

qui va vers une mixité de nos savoirs,

de nos arts, de nos cultures,

cette mixité que tu refuses

par peur de l'Autre, de l'étrange,

de l'étranger, cet homme venu d'ailleurs.

cette femme plus libre que toi

qui joue de son corps

pour survivre à la misère irrémédiable

que notre société lui tend de façon misérable.

 

Nous sommes les Misérables

mais des Misérables de lumières,

des bons diables d'amour

qui ne se laisseront pas avoir

par ta prétendue pureté idéologique,

par tes certitudes indécentes

qui foutent le feu à la haine.

 

Des deux, c'est toi le pyromane

et moi le pompier qui soufflera

sur les braises de tes incendies

avant de tout éteindre de mon O.

 

Car mon érotisme est un héroïsme

qui ouvre les portes du pénitencier

à tous les pauvres de la Terre.

Car mon érotisme est un héroïsme

qui ouvre les portes de l'amour

à toutes celles et tous ceux

qui comprennent mon combat.

 

Va maintenant.

Et reviens me dire

si tu me veux la guerre

si tu veux me jeter en enfer

ou si tu as appris quelque chose avec moi.

 

Je te laisse avec un de nos fils de lumière.

La France est bonne, généreuse, et grande,

quand elle le veut vraiment.

Ecoute cette sortie du pénitencier

version electro-house.

C'est chez moi.

c'est ma maison du soleil.

Je te la confie.

Fous-y pas le feu.

C'est le diable qui t'attendrait alors en enfer.

 

Les commentaires sont fermés.