24/01/2016

L'Amazone

Elle était entrée dans la zone.

On entendait le succès de la lambada

et elle, elle dansait sur la véranda.

Nous respirions à pleins poumons l'ozone

de cette plage lisutanienne

en cet été triste et monotone

dont j'ai oublié les vieilles antiennes.

 

Elle faisait glisser son majeur

sur ses lèvres en chaleur

en me dévisageant de ses yeux

aux couleurs de vin liquoreux.

Ces cheveux étaient mouillés

son maillot de bain détrempé.

 

Viens!


Viens avec moi bel homme

plonger ton corps dans l'émeraude

faire un petit tour du monde

sur mon corps de serpentine noiraude.

 

Tu découvriras une fille chaude

qui remontera ses jambes d'Angola

pour toi l'homme libre de Kamasutra

et je te ferai voir le sommet du nirvana.

 

C'était Lisbonne ou Porto

tous les soirs à minuit sur le sable

elle et moi sur sa divine table

qu'on mangeait ses fruits défendus

ses cerises,

sa saison des moules,

et toutes les couleurs qui saoulent

les hommes fous de femmes fatales

l'homme fou qui s'enivrait de ses pétales

jusqu'à la perdition

jusqu'à la damnation

au plus profond de ses odeurs

de ses sucs de femme océan

où toutes ses saisons des labours

emmenaient la grande virilité

de l'homme au néant et à sa dernière vérité.

 

Que le temps de l'amour

nous offrit  son abondance

durant nos meilleures années!

 

Un temps qui s'écoula immuable

chargé de nos attentes fiévreuses

remplies de sa cargaison de soupirs et de râles

endormis à jamais dans les cales

d'un cargo parti au naufrage

durant un voyage dramatique sans retour.

 

Nous n'avions pas su être sages

trop fous d'érotisme sauvage.

Nous allions en payer le prix fort

le prix de la passion et notre mort.

 

 

C'était Lisbonne ou Porto

tous les soirs à minuit sur le sable

elle et moi sur sa table

comme un dernier tango

avant la séparation des polissons

au milieu des pluies diluviennes des moussons.

 

Cette guitare flamenco se souvient encore

de nos nuits d'avant le fiasco.

 

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