03/02/2016

Sans toi

J'ai dessiné un voilier

dans le ciel mon allié.

Je t'ai pris par la main,

papa.

J'ai dessiné un éclair en chocolat

et demander au chef pâtissier

de me tisser un fil de figuier

pour faire voler mon voilier,

venir te rendre visite tout là-haut

là où les anges font ce qu'il faut

en prenant soin de toi en attendant

de te ramener su Terre avec ton enfant,

papa.

Dans la cuisine,

il y a un cheval à bascule

avec ton nom écrit en fil d'or.

Un cheval tout en caramel

nappé d'un coulis mangue-passion.

Quelques framboises sauvages,

cueillies lors de nos voyages

vers nos monts et merveilles

de mon enfance près de toi,

papa.

Il y a aussi des poissons volants,

des truites fario au bleu d'argent

dressées sur une mer de beurre blanc estragon

comme cette rivière enchantée de dragons

où tu m'apprenais tous les noms des fées,

des animaux cavalant en liberté

sans jamais rencontrer le chasseur,

sans jamais être saignés au coeur

par un prédateur, par un protecteur,

par toi,

papa.

 

Il y a aussi ce chef-d'oeuvre, cette cible

que tu voulais rendre invincible,

cette cible incroyablement solide

comme un bouclier protégeant l'Atlantide

de sa disparition,

de sa céleste perdition.

Meilleur cuisinier du monde!

Meilleur restaurant du monde!

Il a fallu d'un seul instant

où tu as visé seul ton septième Ciel

pour faire de toi ce chevalier combattant

vivant mort dans nos huiles essentielles.

 

Toi,

mon Papa.

 

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