04/02/2016

Je suis un Sans Frontière, Monsieur Hollande arrêtez-moi!

"Six heures pour nos libertés". Ou "Six jours en garde-à-vue?".

Monsieur le Président,

Le dimanche 7 février, le site médiatique "Médiapart" organise à Grenoble une rencontre des plus fondamentales pour une autre vision de la politique en France comme à l'International. D'affreux gauchos et anarchistes y participeront. Des gens qui mettent selon vos propres termes "en danger la France" par leur façon de s'opposer à l'Etat d'Urgence et d'ainsi "diviser les Français et les Françaises" qui, selon les sondages, seraient favorables à votre triste politique.

Qui divise le plus la France entre nationaux et binationaux, immigrés et petits blancs d'origine française pure souche? Je ne me prononce pas. La division du monde ne vient pas de la proposition anarchiste. Au contraire, l'anarchisme tente de rassembler les peuples et les êtres humains dans une même égalité et une même fraternité. Ce que ne fait pas, par exemple, l'idéologie ultra-libérale que vous servez, malgré vos prétendues idéaux de gauche et votre ennemi la finance dont vous frappiez de votre marteau rouge sur l'enclume de votre future élection; idéologie ultra-libérale qui préfère diviser le monde entre très très très riches et très très très pauvres. La preuve n'est plus à faire puisque les statistiques, année après année, confirme cette tendance tragique de la désertification des droits humains au profit d'un cynisme individuel monstrueux et carrément assassin.

Donc ce dimanche 7 février, un No Border, classé terroriste par certains fichiers secrets gouvernementaux, qui a "semé la zizanie à Vintimille" en juillet dernier et participé à la première manif interdite du dimanche 22 novembre 2015 à Paris en faveur des migrants et migrantes, rassemblement transformé en manif pour la liberté et le droit de manifester même, et peut-être surtout, en faveur d'un état d'urgence démocratique absolu malgré les risques terroristes encourus, ce No Border romantique franchira la frontière pour se rendre à Grenoble.

Au nom de vos lois d'urgence, je suis donc possiblement un citoyen suisse et européen (je m'assimile à l'Europe malgré Monsieur Blocher et son parti) qui se fera refouler à la frontière, voir emprisonner en cas de résistance aux douaniers m'empêchant de participer à un forum démocratique des plus urgents.

Depuis vos décisions autoritaires, une foule de personnes ont subi l'assignation à résidence, l'humiliation de fouilles approfondies dans leur lieu de vie privé et sur leurs ordinateurs et smartphone. Des gens parfois mariés avec des enfants qui tout soudain passent pour terroristes alors qu'ils sont pour la plupart du temps des activistes de la gauche extrême et de l'écologie ou encore des personnes se revendiquant de l'anarchisme radical non-violent.

Comment, Monsieur le Président, cela est-il devenu possible sous votre responsabilité? Comment est-ce possible qu'une Ministre comme Mme Taubira doivent se résoudre à quitter le gouvernement pour éviter sa propre déchéance républicaine, République française sensée unir tous les Français et toutes les Françaises de souche ou de provenance mixte dans les mêmes droits civiques et la même égalité pour tous?

Monsieur le Président, ne pensez-vous pas qu'ajouter des zones d'ombre arbitraires au terrorisme et au gangstérisme international, est franchement et durablement une politique de perdant, politique d'un Président qui perd les pédales au lieu de soutenir un puissant courant de révolte citoyenne, une laïcité défendue par des idéaux solides et inébranlables avec parfois la grâce de quelques anarchistes à la limite de leur propre folie libertaire qui tentent de sauver la face de la démocratie se délitant peu à peu, gouvernement qui, sans vraiment s'en rendre compte (ce qui est absolument grave et navrant pour des personnes à charge de gouverner un grand pays comme la France, plaque tournante incontournable de la démocratie mondiale) se range du côté de l'extrême-droite fascisante, de la loi du plus fort militairement, de la violence pure?

Monsieur le Président, si vos douaniers m'empêchent de passer en territoire tricolore sachez que je ferai acte de résistance non-violente au nom de ma liberté citoyenne de Suisse qui a le droit de circuler en Europe sans visa et, en principe, sans même de contrôle d'identité aux frontières. J'agirai au nom de mes convictions personnelles de citoyen sans frontière qui défend la cause citoyenne de chaque personne née sur la planète Terre. J'agirai de façon non-violente face à vos hommes en leur demandant de quel droit et sur quels critères ils m'interdisent l'accès au territoire français.

Monsieur le Président, je ne suis pas homme à proposer le chaos et la catastrophe. La catastrophe est déjà là et elle a été le fait de politiques internationales protégeant les intérêts de très très très riches clans au pouvoir sur la planète, clans qui s'opposent les uns aux autres en se servant des religions pour leur géostratégie et pour asseoir leur dictature au détriment des peuples et de la démocratie. Vous en savez quelque chose vous qui traitez avec l'Arabie Saoudite jusqu'aux rachats parisiens par elle de club de foot prestigieux et de grands hôtels où règne(nt) cette (ces) famille(s) qui impose(nt) la charia la plus implacable, et soutien directement ou indirectement la création du terrorisme international par une lecture coranique à la lettre, depuis que l'Amérique protège le Royaume du Pétrole et sa secte totalitaire pour ses propres intérêts économiques. Ce qui remonte à bientôt un siècle...

Monsieur le Président, au lieu de rechercher le terroriste dans la paille d'un simple citoyen ordinaire et anarchiste qui n'a aucune secte sous ses ordres, regardez plutôt la poutre qui enfonce la France dans la dépression, la peur, la violence, et une possible guerre civile si les forces fascistes prennent le pouvoir, fascisme que vous favorisez par votre faible politique démocratique d'apparence forte parce que fliquée et militarisée.

Monsieur le Président, je passerai donc la frontière en ce dimanche 7 février 2016. Soit vous me mettrez en prison pour quelques jours de dégrisement anarchiste soit vous me laisserez passer sans demander à vos hommes d'intervenir. J'espère que la seconde solution sera votre décision.

Avec mes salutations les plus désabusées.

https://www.amnesty.ch/fr/pays/europe-asie-centrale/france/docs/2016/des-centaines-de-vies-bouleversees-suite-aux-mesures-durgence-disproportionnees

 

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