10/02/2016

Alep, que le sang et les larmes comme réponse "Saint-Valentin 2016"

Pourquoi?

Bientôt cinq ans de guerre

et le monde n'a rien fait.

 

Les lanceurs d'alerte

n'ont jamais été entendus.

Il n'y a que le pouvoir

qui intéresse les foules,

qui alimente ses discours,

au bistrot du coin,

qui fait parler de lui

dans la presse coin-coin.

 

Qui sont les poètes

qui ont jeté leurs cris

sur ce qui allait forcément arriver?

Personne.

Personne ne les a entendu.

Qui sont les musiciens

qui ont fait de leur révolte des notes?

Personne.

Personne ne les a écouté.

Cinq ans de malheur.

Le miroir est brisé.

En faudra-t-il sept

pour une Syrie totalement fantôme,

digne (!) de The Walking Dead

que tu regardes à la télévision

sans te brancher sur la réalité de notre monde,

une Syrie exsangue de son peuple,

une Syrie sacrifiée

pour les intérêts des plus puissants,

ces dinosaures que tu admires

dans ton imaginaire à la Spielberg?

 

Peuple de merde!

Désolé.

J'écris dans le vide

parce que personne ne relaie

mes mots, ma rage, mon désespoir.

Huit ans que j'écris sur ce blog

mais aucun relais nul part,

sauf pépites d'exception.

 

Peuple de merde!

J'étais un jour à la frontière syrienne.

Mais mes enfants versaient des larmes

pour leur père se mettant en danger.

Tout ça pour rien!

Parce que, peuple de merde,

tu gardes tes lâchetés pour toi,

tu protèges tes frontières et tes intérêts

pendant que des enfants,

des femmes, des hommes

se font massacrer,

tombent et disparaissent

sans laisser de trace

dans ton coeur endurci

par le cynisme quotidien

qui ne pense que chasse

à l'argent et à la consommation.

 

Peuple de merde!

J'aimerais te dire que je t'aime

malgré ton silence et ton réduit national.

Peuple de merde!

Tu n'es pas Suisse, Italien ou Français.

Tu es un seul peuple universel

et si ta soeur tombe là

tu dois être un frère qui te soulève ici,

tu te dois d'être concerné

par la marche du monde.

Parce que si j'en crois

ta façon de vivre en liberté,

tu te réclames de la citoyenneté,

de la démocratie,

de la liberté, de la fraternité, de l'égalité,

et même de la justice.

Hors peuple de merde,

ne vois-tu donc pas l'injustice

faite à nos soeurs et nos frères de Syrie,

d'Irak, d'Erythrée, du Soudan,

d'Egypte, de Palestine,

et d'ailleurs,

de chez toi aussi,

parmi tes soeurs et tes frères

très proches qui n'ont plus rien,

plus de taf, plus d'argent,

plus même de dignité

tellement considérés

comme des moins que rien

des profiteurs, de la racaille,

de la petite délinquance,

et même de la grande,

qui finit,

bouquet final du sang à payer,

en terrorisme international.

 

Peuple de merde!

Si tu te respectes

et respectes ton humanité,

il te faudra combien de temps

pour manifester cette offense

faite à nos soeurs et frères

par nos gouvernements pourris

servant l'argent, toujours l'argent,

rien que l'argent

sous couvert de démocratie.

 

La géopolitique?

Putain! Je te ris au nez!

Tu crois que la géopolitique

a le droit de tuer des millions de personnes,

de jeter dans l'exil des gens

qui ont perdu famille et maison,

et qui reçoivent, chez nous, un accueil glacial

comme solde de tout compte?

Putain! C'est ça ta géopolitique!

Excuse-moi,

Poutine, Obama, et toute la smala,

ils ont l'air de quoi

face à Assad le Sanguinaire?

Face au terrorisme ordinaire

qui tue maintenant jusque

devant nos portes

nos filles, nos garçons

qui mangent en terrasse,

qui chantent au Bataclan,

qui font partie de notre peuple de merde

qui n'a pas assez de couilles pour dire

merde à tous ces salauds

qui nous fabriquent les guerres,

trafic avec les marchands de la mort,

ces vendeurs d'armes, ces passeurs,

ces assassins, ces petits monstres cyniques

qui se frottent les mains

devant les millions de dollars

qui leur tombent dans les mains

comme des fruits mûrs

de pervers narcissiques

nourris par le sang des victimes.

 

Peuple de merde!

Voudrais-tu bien me lire et m'écouter

pour une fois, une seule fois,

et prendre ton énergie, ton envol

pour dire merde à cette politique

du plus fort, du plus assassin.

 

Je suis là.

je t'écoute.

Prêt à prendre ta critique dans la gueule,

à me faire vomir de tous les bords politiques,

à me faire défoncer la rate

par ta violence aveugle

qui est celle des faibles.

 

Je suis là.

J'existe pour de vrai.

Pas seulement sur un blog.

 

Alors, j'attends

pour cette prise de parole

essentielle à un autre monde

qui nous correspond en tant que

peuple démocratique,

liberté,

égalité,

fraternité,

justice pour tous.

 

Dimanche, c'est la Saint-Valentin.

Si tu crois encore à l'Amour,

il est temps de te manifester.

 

 

 

 

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