04/04/2016

Paris Express

Mon amour,

je t'écris depuis la gare

en attendant mon TGV.

Un petit noir pour tenir la route

et passer une Nuit debout

avec toutes ses lumineuses adolescences

en pleine effervescence révolutionnaire.

 

Mon amour,

j'ai jamais le tempo

pour les trucs styles jeux et lotto,

ambiance d'I-phone branchée

sur vidéo-gag ou tweets un peu con.

Mais quand je vois ça,

alors je mets tout le turbo

pour 24 heures chrono

avant de reprendre ma routine,

mes petits plats, et ma cuisine.

 

Mon amour,

je vais faire l'amour à Paris

juste une longue nuit

mais pas avec une fille.

 

Mon amour,

je vais respirer l'air de Paris

jusqu'au petit matin

et rester là avec garçons et filles

qui ne veulent plus subir

la loi de la jungle

celle qui te dit que tu dois

subir d'abord,

subir ensuite,

subir enfin,

des stages sous-sous payé,

puis des emplois mal rétribués

et de courte durée

puis encore des emplois précaires

et des conditions de salaire

cheloues comme des clous

que les grands patrons enfoncent

dans la skin de leur jeunesse.

 

A cette jeunesse qui se rebelle

et se rebelle aussi pour tous les autres,

celles et ceux qui n'oseront jamais

s'afficher avec l'anarchie

de peur d'être déconsidérés,

de peur de passer pour des tarés

et des extrémistes terroristes,

de peur d'être déclassés

du peu de classe qu'on leur accorde

encore du haut de l'échelle

qui les espionne sur l'Internet

pour voir s'ils étaient à une manif,

ou ici à ces Nuits debout,

ces nuits chaudes sans sommeil

mais pleines de merveilles,

je veux honorer leur présence

et leur donner encore force et courage

de tenir le siège avec leur solfège.

 

Tenir debout.

Lutter quoi qu'il t'en coûte.

Ne jamais céder au misérabilisme

ou se noyer dans le nombrilisme.

Rester fier de soi,

de ses rêves,

de ses projets,

de ses liens d'amitié et d'amour.

 

Mon amour,

de ta Roumanie

je pars vers Paris

et je reviendrai vers toi

au pays d'Ein Amour.

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