14/04/2016

Les biens de production au service d'une ultra-minorité

La concentration des richesses entre les mains de quelques-un ne peut pas être un système de redistribution acceptable de ces mêmes richesses pour les peuples.

Si nous regardons les pays riches en matières premières (pétrole, diamants, métaux précieux) les populations souffrent réellement d'une paupérisation et sont dirigées par des dictatures ou de prétendues démocratie qui fonctionnent avec un degré de corruption très élevé.

Nos démocraties ont vécu très longtemps de l'exploitation de ces pays du sud en exploitant à bas coût les richesses du sol des autres en échange de la protection de systèmes dictatoriaux qui maintenaient les peuples dans la soumission la plus scandaleuse.

Aujourd'hui, ce sont nos démocraties qui sont rongées par le ver de la financiarisation de l'économie, de la concentration des richesses technologiques entre les mains de quelques multinationales qui exercent une pression énorme de sous-enchères salariales et de chantage au licenciement tout en maximalisant les profits et en défiscalisant artificiellement leurs comptes et bénéfices réels, et en exportant au final la richesse dans des paradis offshore où plus aucune ponction fiscale sur cette énorme richesse ne sera possible de la part de nos pays dit encore démocratiques.

Ce sont donc bien les règles démocratiques les plus élémentaires qui sont détruites par ces comportements dignes des républiques bananières mais totalement indignes de nos idéaux démocratiques pour peu que les populations considèrent encore la démocratie comme quelque chose d'enviable et la royauté des élites, les féodaux, comme quelque chose à bannir de notre vision idéaliste.

Hors tout est fait dans le système actuel pour envier la puissance des féodaux. La pub nous matraque de rêves surréalistes de richesses, nous pousse à devenir très riches en sachant très bien que c'est une illusion vaine et dangereuse pour l'immense majorité d'entre nous, un mirage de loterie à numéro exploité par ce système en place. Car la question est: si nous sommes tous millionnaires un jour sur la planète comment allons-nous gérer le gaspillage d'autant plus énorme des matières premières, la pollution de notre planète qui étouffe déjà et est à la limite du point de non-retour quand à des bouleversements globaux environnementaux dramatiques?

Le système a intégré tout cela. Il exige donc à ce qu'existe une toute minorité de personnes qui profitent un maximum des richesses et qu'une immense majorité oeuvre et produise à leur service pour presque rien si ce n'est qu'ils (les serfs) puissent gagner assez pour se nourrir, se vêtir, et habiter plus ou moins correctement dans leurs maisons chauffées en hiver afin qu'ils reviennent au travail produire au service des plus riches personnes de l'élite (les monarques) et payer des impôts qui serviront à produire des infrastructures et un Etat minimal qui servira à leur profit.

Comment changer cela? En tuant le capital dans l'oeuf? Evidemment pas. Sinon, nous partirions tous à une plus grande misère encore et à plus de conflits entre nous tous. Le capital est indispensable à notre survie. Seulement il faut que ce capital soit réellement au service des gens qui le produisent et non pas qu'il se retrouve concentrer entre les mains de quelques hypers riches qui se permettront d'imposer au monde entier leur point de vue en faisant disparaître la démocratie sous des démocratures qui sont au final la dictature du fric imposée à tous. Ce que, hélas, nous vivons déjà aujourd'hui.

Le mouvement Nuit Debout n'est pas né dans la tête de quelques illuminés qui auraient soudain des rêveries solitaires de fous déconnectés de la réalité. Ce mouvement est né de la réalité actuelle du monde. Ce sont des jeunes et moins jeunes personnes qui se posent les bonnes questions, recherchent d'autres solutions moins oppressives pour la société, désirent une renaissance et un renouvellement de nos démocraties dans le but vital de redonner liberté et dignité aux populations qui se sentent écrasées par un rouleau compresseur politico-médiatico-financier qui prend des allures de dictature mondiale.

Un seul combat illustre parfaitement cette recherche d'une plus grande autonomie populaire sur le tout concentrationnaire actuel. C'est celui de la lutte qui oppose les partisans de l'énergie solaire aux partisans de l'énergie nucléaire. Les premiers voudraient que les capitaux se dirigent vers une recherche accélérée dans le domaine des énergies solaires qui sont renouvelables, décentralisées, et même, au final, complètement indépendantes d'une autorité qui nous impose ses prix énergétiques sans aucun recours à se priver de ses services. L'énergie solaire, dans son essence même, fait l'inverse. Elle donne le libre accès de l'énergie en fonction des besoins de son utilisateur qui pourra ainsi jouir pleinement de sa liberté de consommation et de redistribution sur un plan très local et citoyen. Cette lutte dont la France, au premier chef, connaît parfaitement les enjeux. Maintenir le peuple sous un pouvoir concentrationnaire des énergies permet à quelque-uns de s'enrichir très vites tout en laissant l'ardoise finale du démantèlement et de la décontamination des centrales nucléaires au bon soin du peuple...

Nuit Debout exprime une cause juste, démocratique, et porteuse d'avenir pour nos démocraties futures. Nier son intelligence, son évolution, sa manière de penser; mépriser les points de vue exprimés et renvoyer les jeunes étudiants et étudiantes à leurs chères études avec une condescendance effroyable c'est bien montrer que les chefs au pouvoir veulent maintenir une organisation né-féodale sur nos sociétés actuelles. Nous sommes bien évidemment dans un temps révolutionnaire mais le terme fait peur à tout le monde car la révolution, comme dirait Coluche, ça fout les chocottes à tout le monde parce qu'il reste généralement des morts médiatisés sur le bitume dans les deux camps et que les morts on les préfère surtout invisibles dans les taudis, dans les lieux de non-droits, dans les zones érogènes où les médias ne foutent pas leurs zops tellement ça pue la merde pour le système en place. Circulez, y'a rien à voir, les deboutistes sont juste des enfants pleurnichards en train de faire une crise existentielle d'adolescence et s'ils disparaissaient de la Place de la République ça arrangerait bien nos petites affaires macabres qui doivent se poursuivre sur la durée de nos jolies vies pleines de joie et de partages entre nous tous (le clan, les belles, et nos valeureuses vertus chassant la chienlit avec nos CRS payés de leurs impôts).

Que le pouvoir en place, les Copé, Sarkozy (qui restent au pouvoir sans occuper les sièges de la loge présidentielle du cirque), et autres voléoptères au top de leurs singeries hypocrites ne viennent pas à République de nuit. Leurs belles paroles médiatiques risqueraient fort de voler en éclats sous les coups de boutoir de cette jeunesse qui a compris que sans la révolution il n'y aura jamais de changement possible jusqu'à la chute finale de nos démocraties déviantes dans une ambiance apocalyptique de fin du monde.

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