23/04/2016

Nuit Debout: "Les maux désespérés ont des remèdes désespérés ou n'ont pas de remède

Cette citation comme titre de mon billet tirée du Hamlet de Shakespeare nous fait poser ces questions: sommes-nous désespérés face aux réalités de notre monde actuel? Si nous ne le sommes pas, que venons-nous chercher à Nuit Debout? Et si nous le sommes, qu'allons-nous choisir comme remède pour guérir de notre propre désastre civilisationnel?

Si nous allons à Nuit Debout sans la certitude que notre monde court un très grand danger, nous chercherons à créer diversion et division, à faire de la cosmétique autour de nos masques en nous maquillant pour une parade qui n'aura aucune influence sur notre monde.

Si nous allons à Nuit Debout pour imposer notre vision, que deviendra le paysage politique, économique, et social quand le rouge de la révolution aura fondu au printemps de nos actes manqués? Nous ne venons pas à Nuit Debout pour imposer notre vision. Nous y venons pour diffuser de l'amour à travers nos échanges et trouver les remèdes à nos maladies honteuses qui nous désespèrent du genre humain. Pour paraphraser le "Que restera-t-il du blanc quand la neige aura fondu?" une autre citation du même Shaekespeare, il faut que notre rouge ne disparaisse pas une fois passée la révolution des consciences sur la Place de la République et ailleurs partout où se déroulent des Nuits Debout. Il faut que notre rouge imprime toutes les couches sociales et que demain ne soit pas un Cuba qui a mal tourné mais un Cuba qui reste libre dans sa manière de vivre et que nous nous laissions vivre au bonheur de l'Humanité, à la fraternité, à la solidarité entre nous tous. N'attends rien des autres. Attends tout de toi. Une autre citation du dramaturge anglais. Les purges staliniennes ce n'est pas notre façon de combattre. Le maoïsme ce n'est pas notre dada. Le castrisme ce n'est pas la solution. Parce que la dictature prolétarienne ce n'est pas notre choix. Et si c'est le cas, alors Nuit Debout doit montrer où il veut en venir et je doute que le peuple de France et d'ailleurs suivent son chemin. Nous ne voulons pas d'un petit Kim Jong Il au pouvoir qui nous dicte notre façon de vivre et de penser et que nous adulons comme un dieu qui use et abuse horriblement de son opium du peuple. Nous voulons bien autre chose, et je crois que l'immense majorité populaire qui anime nos Nuits Debout veulent encore d'une démocratie ouverte sur le monde, une différence des couleurs même si le rouge nous va si bien, une authentique façon d'accepter l'autre dans ses différences, sa façon de faire, de vivre, et de penser.

La maladie que nous combattons, c'est le fascisme dans les coeurs, un mal qui nous désespère, un mal qui tue le vivre ensemble, nos communautés multiculturelles. Et à ce mal désespéré il n'y a qu'un remède désespéré: notre foi en des valeurs universelles pour tous, une égalité de traitement entre tous les peuples de la Terre, un fraternité sans frontière et sans limite de peuple, de confession, de couleur de peau.

La maladie que nous combattons, ce n'est pas le Capital nécessaire au bon fonctionnement de notre monde, à l'instruction et l'éducation de nos enfants, à notre droit à un logement, à des vêtements, à une nourriture saine et variée, à l'accès à l'eau potable. La maladie que nous combattons, ce n'est donc pas la chasse et la disparition des richesses. C'est un rééquilibrage de ces richesses au profit de tous afin que notre monde vive de moins d'injustice et de flagrant délit d'abandon d'une partie du monde envers une autre partie du monde, celle des démunis, des proscrits de la terre et de la ville, des sans-papiers qui échouent sur nos côtes et qui sont rejetés à la mer par le fascisme de nos coeurs, des SDF qui ne trouvent plus de solution à leur existence et qui finissent comme des ombres déambulant jour et nuit dans les rues qui deviennent leur maison, leur dernier recours avant leur disparition définitive de notre vue, des familles dont les enfants ne mangent pas à leur faim, sont déportés d'un lieu à un autre empêchant leur instruction, leur intégration, leur attachement à un groupe social. Et nous ne parlons pas ici des familles roms qui ont choisi un mode de vie bohème. Nous parlons ici des familles qui sont obligées de se déplacer pour tenter de survivre à la misère et à la mort promise pour eux, de ces familles migrantes de plus en plus nombreuses à travers le monde entier. Et pour combattre cette désespérance, nous devons trouver un remède désespéré qui leur permettra de revenir à la vie. Et ce remède désespéré a pour nom accueil et sérénité, Welcome mes amis, mes frères et mes soeurs. Ici, vous êtes aussi chez vous, parce qu'ici c'est chez nous, Place de la République où l'utopie règne, le rêve a droit de citer malgré le fascisme, malgré la peur des gens qui se ferment à l'Autre et l'expulse de son territoire, de sa vie par crainte d'être envahi et de perdre à son tour le droit de rester sur le territoire chassé qu'ils seraient par une autre culture, une autre religion, un autre que sais-je qui les effraie et inocule le poison du fascisme et de la peste brune à toi ma soeur, à toi mon frère qui habite la France depuis longtemps et qui pense que la France est foutue parce qu'elle n'appartient plus qu'aux seuls Blancs de peau, aux Gaulois mythiques. La France n'est pas foutue. Elle est désespérée et cherche des remèdes désespérés pour changer les mentalités et guérir enfin des plus grands maux dont souffre notre monde.

Nous fêtons les 400 ans de la mort de l'auteur d'Hamlet. A cette occasion, notre mouvement Nuit Debout doit s'inspirer des luttes épiques de l'existence pour mener à bien son combat qui est un combat juste et loyal et non pas un combat perfide et déloyal.

Nous ne sommes pas là pour amuser notre propre galerie. Nous sommes là animés d'une foi inébranlable, du sentiment indestructible que tout peut changer, que tout doit changer pour éviter au monde sa désespérance actuelle.

L'amour n'est pas l'amour s'il change lorsqu'il se trouve que son objet change. C'est un phare érigé pour toujours qui voit les ouragans sans jamais en trembler. L'amour ne change pas au fil des courtes heures et des courtes semaines mais il perdure jusqu'au seuil du jugement dernier.

 William Shakespeare

Elle chante notre RéVolkution!

 

Commentaires

@Pachakmac La vie d'est quoi ? un passage pour Piétons qu'il faut traverser en courant en ne gardant que son propre but en tête et surtout ne jamais en parler à d'autres avant d'avoir réussi excepté les initiés les seuls à savoir ce qu'il faut faire pour vraiment réussir
les anciennes générations étaient moins pleureuses pourtant dieu sait s'il y aurait eut de quoi et grâce à leur force de caractère nous avons pu et su les imiter
Et depuis le temps que vous vous posez les mêmes questions existentielles s'il fallait une preuve que pianoter sans cesse et écouter toutes les rumeurs ne sert à rien pour progresse ,on en a vraiment la preuve en vous lisant /rire
Très belle journée pour Vous

Écrit par : lovejoie | 23/04/2016

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