26/04/2016

Joann Sfarr "On se déteste trop de tous les côtés"

L'illustrateur de bandes dessinées Joann Sfarr a donné son avis sur "Nuit Debout" et il a un regard lucide sur cette agora Place la République.

C'est ici:

http://www.bfmtv.com/mediaplayer/video/nuit-debout-je-vois-une-jeunesse-qui-dcouvre-la-dmocratie-directe-ils-vont-vite-se-rendre-compte-que-a-ne-va-pas-trs-loin-joann-sfar-798054.html

J'ai retenu dans sa vision le "On se déteste trop de tous les côté". Et pourquoi on se déteste trop? C'est une réflexion que je vous propose, chères lectrices et chers lecteurs, ce pourquoi "tant de haine entre nous?".

Sommes-nous tous si indifférents les uns aux autres pour que la haine s'installe sournoisement entre nous? Le fameux "nous, on n'est pas cons, on n'est pas naïfs, on n'est pas des bisounours qui se faisons entuber par le premier enturbanné religieux, banquier, politicien, vendeur de tapis sur roulette qui nous débite sa logorrhée pour nous piquer notre pognon et notre intelligence en nous plaçant dans sa secte pour mieux nous placer sous sa domination" nous condamne-t-il à cet haine de l'Autre, cet étranger qui ne nous voudrait pas du bien mai le plus grand mal possible et imaginable? "Nuit Debout" est-elle la manifestation de ce phénomène, de cet entre-soi on s'aime. Au-delà de notre agora qu'ils aillent tous se faire foutre. Nous ne sommes pas de leur monde mais du monde que nous allons réinventer sans eux et sans elles puisque de toute façon ils et elles ne nous voient pas, ne nous entendent pas, ne nous donnent jamais la parole, ne s'intéressent pas à qui nous sommes, à ce que nous faisons, à nos rêves qu'ils considèrent comme de tristes utopies à oublier au plus vite afin de réintégrer leur système à eux qui serait le seul système au monde à bien fonctionner malgré tant d'horreurs et de tragédies commises de la main de l'être humain sur la planète Terre?

Pour réussir nos Nuits Debout, nous n'avons pas besoin de la haine. Elle est déjà tellement présente en ce monde. Nous avons besoin d'humour, de rires, d'intelligence, de compassion, d'empathie, et d'humanité avec tout le monde même et surtout avec nos pires ennemis philosophiques qui rejoignent les rangs d'un fascisme d'extrême-droite. Ce sont des êtres humains. Ils se trompent seulement de chemin pour que demain soit un peu moins pire qu'aujourd'hui. Les banlieues disent qu'elles sont debout depuis beaucoup plus longtemps et qu'elles n'ont pas attendu Nuit Debout pour se battre. Elles ont reçu de l'indifférence en retour et de l'exclusion. Mais les banlieues sont-elles bien sûr que beaucoup de celles et ceux qui votent aujourd'hui FN ne sont pas des gens Debout qui ont pris peur et qui sont autant qu'eux des gens déconsidérés, relégués, au chômage ou en emploi avec un salaire de misère mis en concurrence avec d'autres gens qui ont absolument besoin d'un job et qui travailleraient peut-être pour un salaire encore inférieur que le leur? Les banlieues sont-elles bien sûr que leur ennemi, ce parti fasciste qui veut jeter hors de France les "bronzé" les "nègres" les étrangers qui ne sont pas nés en France ou qui y sont nés avec d'autres caractéristiques ethniques et religieuses ne ressemble pas à eux-mêmes, leur propre image, dans la désespérance, le no futur, l'abandon des pouvoirs publics et de la société en général et qu'ils et elles ont trouvé au FN l'illusion d'un parti qui les soutienne et qui va leur redonner espoir? Les banlieues ne se rendent-elles pas compte qu'en refusant les "Nuits Debout" elles donnent encore plus de chance à la haine de progresser dans leurs rangs et dans les rangs de celles et ceux qui votent aujourd'hui FN mais qui pourraient voter autre chose si l'utopie de Nuit Debout se transformait en actes politiques universels permettant le mieux vivre ensemble?

Comme Joann Sfarr, je regarde avec beaucoup d'admiration cette jeunesse qui se cherche et qui veut trouver des solutions. Et j'en appelle aux banlieues de France de rejoindre le mouvement. Il s'agit là de se redonner confiance réciproque, de réintégrer un peu de ce monde des bisounours que beaucoup rejette sous prétexte que l'être humain cacherait ses réelles intentions sous un masque de bisounours afin de mieux le manipuler et le soumettre à ses codes, à ses propres valeurs, à sa communauté d'intérêt. Le monde des bisounours a un avantage certain sur le monde de la haine: il fait le bien autour de lui au lieu de penser complot, secte, manipulation des esprits. Il donne à voir un monde de paix, de liberté, d'amour entre nous tous plutôt que de la défiance et au final la guerre. Des harmonies sonores en lieu et place de guerres fratricides qui sont des folies meurtrières inventées pour nous diviser en peuples différents qui ne peuvent pas se sentir. La guerre arrive quand la somme de toutes les haines cumulées débouchent sur l'exaspération totalitaire qui désigne un ennemi commun, un peuple qu'il faut exterminer et exclure du champ de nos pensées.

Il faudra encore de très nombreuses Nuits Debout pour que l'aurore d'un nouveau monde puisse apparaître. On se déteste toujours trop de tous les côtés et pendant ce temps-là, l'horloge avance et le Titanic n'a toujours pas changé de cap...

Ohé Capitaine Nemo, veux-tu entrer dans la danse? 

 

Commentaires

@Pachakmac la haine c'est comme la peur un excellent moteur pour tout ce qui est commercial et à votre avis qui l'entretient le plus ?
Ou fera tout pour la réchauffer ce qui on le sait tous est beaucoup plus toxique que le tabac ?

Écrit par : lovejoie | 26/04/2016

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