23/06/2016

L'Ange de la Bastille comme plaque tournante de la manif...

Tout-à-l'heure, ils et elles seront là, présent au rendez-vous pour abattre cette Loi Travail qui veut faire les jours radieux du grand patronat et les jours miséreux du prolétariat...

Ils et elles seront confinés, par dizaines de milliers, pris dans une nasse, déambulant autour d'un bassin d'eau cernés par 2'000 CRS prêts à sévir. Que se passera-t-il alors? Peut-on comprimer une foule révoltée jusqu'à l'étouffer et lui faire subir gaz lacrymogènes et grenades de désencerclement sans aucun échappatoire possible sauf à se jeter à l'eau tout habillé et à y rester tant que durera les dangereux mouvements de foule qui pourront écraser et tuer des manifestants et manifestantes pris au piège?

La logique, dans un stade de football, c'est de toujours laisser les issues libres en cas de mouvement de foule important et brutaux pour éviter un drame terrifiant. Hors les CRS bloqueront toutes les issues, toutes les rues adjacentes, pour éviter que la manif devienne sauvage et incontrôlable.

Demain ils et elles seront pris dans une cage avec leurs cris révolutionnaires, leur volonté d'en finir avec une loi qui les rend déterminer à aller jusqu'au bout depuis près de 5 mois déjà. Le gouvernement Valls n'a toujours pas cédé et n'a fait aucune concession majeure pour éviter le pire. 

Messieurs Hollande, Valls, et Cazeneuve, vous serez tenus pour responsables en cas de catastrophe humaine. Vous avez pris le risque de protéger d'abord et comme toujours les commerces et les banques, plutôt que les personnes humaines en modifiant ainsi le parcours de la manif. Cela rend encore plus dangereux les contacts entre CRS et manifestants. Vous ne serez pas épargnés en cas de dérapage dramatique.

Ils seront là sous le regard de l'Ange de la Bastille, le Génie de la Liberté conçu par Auguste Dumont. Sous la Colonne de Juillet, une crypte avec quelques 500 ossements des combattants de la révolution romantique de 1830, et une momie égyptienne ramenée par Napoléon...

Juste avant la Bataille de Juillet, Victor Hugo écrivait et faisait jouer en février 1830 sa pièce Hernani qui donna lieu à une bataille culturelle...

Un extrait de cette pièce pour nous donner encore et encore du courage au moment d'affronter les actes décisifs face à ce gouvernement prêt à mettre en danger la vie de citoyens et de citoyennes commettant le crime infâme de voir clair dans le jeu infâme de leurs élus préférant les richesses du royaume réservées à une petite élite à la sauvegarde d'une démocratie juste et humaine pour le plus grand nombre. Le temps des rois est revenu. Il ne nous reste que la Révolution et peut-être la mort à la fin comme seule consolation et comme seule récompense de notre combat pour la liberté et la démocratie.

"J'aime mieux avec lui, mon Hernani, mon roi,
Vivre errante, en dehors du monde et de la loi,
Ayant faim, ayant soif, fuyant toute l'année,
Partageant jour à jour sa pauvre destinée,
Abandon, guerre, exil, deuil, misère et terreur,
Que d'être impératrice avec un empereur!"

Hernani, 1830, Victor Hugo

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Anges de la Bastille dansant sur la tête des CRS

(Paris, 1er Mai 2016)

 

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